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Municipales à Tours : A gauche, l’espoir (même mince) d’un plus large rassemblement…

Le point sur la situation à gauche, à Tours.

Les lignes de force s’affinent pour la campagne des élections municipales à Tours. A droite il apparaît désormais clair que deux listes seront en lice, celle du maire sortant Christophe Bouchet, qui a officialisé sa candidature en début de semaine, et celle conduite par Xavier Dateu. Au centre et à gauche, en revanche, les propositions de liste sont encore nombreuses.

Au centre de l’échiquier politique on retrouve ainsi les listes de Benoist Pierre, investi officiellement par La République en Marche, mais aussi celles dites citoyennes, portées d’un côté par Philippe Lacaile (Tours en Mouvement) et de l’autre par Nicolas Gautreau (Les Indépendants).

A gauche, après avoir tenté des discussions en vue d’un rassemblement global, les différentes forces en question vont partir dispersées avec pour le moment quatre listes qui se dégagent :

  • Celle emmenée par Mickaël Cortot, l’ancien secrétaire départemental du PS, nommée « Projet citoyen pour Tours »
  • Celle du collectif « C’est au Tour(s) du Peuple » de Claude Bourdin
  • La liste « En Avant Tours » avec comme cheffe de file Cathy Munsch-Masset
  • « Pour Demain, Tours 2020 » issue des Cogitations Citoyennes d’Emmanuel Denis.

Concernant cette dernière, beaucoup de membres des autres collectifs lui reprochent d’avoir voulu « asseoir une position hégémonique ». La rupture des discussions qui avaient été entamées depuis l’automne et le lancement dans la foulée de la campagne avec l’inauguration du local des écologistes n’ayant été guère appréciés.

« La dynamique de convergence est en train de se faire »

Pourtant, les membres de « Pour Demain, Tours 2020 » se gardent de telles intentions et voient plutôt une différence de méthodes. « Nous ne voulions pas nous enliser dans des discussions d’appareils politiques » se justifiaient-ils ainsi début décembre pour expliquer leur mise en retrait des discussions communes à gauche. Ils affirmaient par la même occasion leur volonté de rassemblement, mais sur une base « citoyenne », issue du travail mené par les Cogitations Citoyennes depuis 2017, la seule à leurs yeux, capable de fédérer.

Pour Emmanuel Denis, la tête de liste désignée : « La dynamique de convergence est en train de se faire » en citant le soutien d’Ensemble 37, de Génération.s, des jeunes insoumis de Tours (dans l’attente d’une décision nationale de la France Insoumise), mais aussi cette semaine de Génération Ecologie, le mouvement conduit en national par la députée Delphine Batho.

Cette dynamique, ils continuent de l’affirmer « nécessaire ». Reste la question d’un éventuel rapprochement avec les autres listes à gauche et surtout sur quelle base. Si du côté de « C’est au Tour(s) du Peuple » les choses sont désormais claires, avec une liste indépendante, celle « de la vraie gauche de transformation écologique et sociale » selon le chef de file Claude Bourdin, chez « Pour Demain, Tours 2020 » on espère encore rallier « En Avant Tours » et les communistes.

Oui, mais ces derniers jours, le ton est monté progressivement sur les réseaux sociaux et par voie de presse, notamment de la part de militants socialistes reprochant aux écologistes de ne pas répondre à la proposition franche de rassemblement faite en début de mois.

 « Nous sommes un mouvement citoyen, il nous fallait le temps d’en parler entre nos adhérents » explique Emmanuel Denis, en précisant : « Nous sommes dans l’horizontalité la plus totale, cela demande parfois plus de temps pour acter les choses, mais quand la décision est prise, elle l’est collectivement. »  Finalement cette réponse est arrivée en milieu de semaine et concerne notamment la représentation de chaque entité.

« Pour Demain, Tours 2020 » propose ainsi un découpage en trois pôles :

  • Un pôle « écologiste et citoyen » ayant une représentation de 50% + 1 sur la liste avec à l’intérieur une majorité « citoyenne » issue des Cogitations et de ses membres non-encartés et une minorité aux partis EELV et Génération Ecologie (soit moins de 25% de la liste totale).

 

  • Un pôle rouge-vert comprenant 25% de la liste et regroupant les entités Génération.s, Ensemble et les Insoumis.

 

  • Un pôle socialiste et communiste de 25% composé de membres du PCF et d’En Avant Tours.

La proposition fait part à côté d’une animation collective avec un « porte-parolat » reparti à quatre : Emmanuel Denis, Cathy Savourey, un membre du pôle rouge-vert et enfin un du pôle socialiste et communiste.

« Une tentative de paraître ouverts »

La réponse du PCF et d’En Avant Tours se fera certainement dans les prochains jours. Selon les premiers échos que nous avons eu, cette proposition est néanmoins jugée largement insuffisante. « Le ralliement n’est pas le rassemblement » s’agace-t-on ainsi du côté de certains membres d’En Avant Tours. « Le pôle citoyen n’est ouvert qu’aux Cogitations, c’est une manœuvre, une tentative de paraître ouverts mais avec cette représentativité, les écologistes gardent la majorité en plaçant des proches d’EELV comme citoyens » nous dit-on, du côté d’un cadre socialiste. « Quand ils ont quitté les discussions on était sur un accord plus important que cela, là on régresse. »

Volonté d’imposer son leadership ou véritable tentative de rassemblement ? Les avis divergent. Une chose est sûre, dans une campagne où il s’agit également de soigner son image, cette proposition vise aussi à poser « Pour Demain, Tours 2020 » non seulement comme la liste capable de porter l’alternative, mais aussi comme celle ouverte au rassemblement, alors même que leur annonce de quitter la table des négociations fin novembre avait entaché cette image auprès d’une partie des électeurs de gauche.

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