Il y a un an, en 2025, la Touraine se désolait de la déconfiture du Tours Football Club et du Joué Football Club Touraine, plombés par les scandales financiers et humains. Puis est arrivé le projet Union Foot de Touraine. Parti des bases du FCOT de Ballan-Miré et Savonnières, il a ajouté les forces tourangelles et jocondiennes pour construire un club métropolitain à 4 bandes, capable de jouer les premiers rôles dans le championnat de National 3 et de redorer le blason de la formation pour les jeunes. A la fin de la saison, l’équipe première peut même espérer une montée à l’échelon supérieur. 37 degrés a échangé avec son coach, Hervé Loubat.
« Personnellement, je me sens très bien » lâche d’emblée l’entraîneur de l’UFT. Son groupe affronte Vertou deux jours plus tard à la Vallée du Cher et il n’affiche pas de pression spécifique. Il y a tout de même un gros enjeu : 2e avec un point d’écart sur le 1er, le club doit gagner pour inverser la hiérarchie… tout en espérant une défaite ou un nul des Vendéens du Poire-sur-Vie contre Châteauroux. « La priorité c’est de gagner, bien finir chez nous, bien finir la saison. J’ai dit aux gars de ne pas penser à ce qui se passerait en parallèle » nous dit Hervé Loubat quand on lui demande ses consignes aux joueurs.
C’est vrai qu’il ne faut pas se mettre plus de pression que nécessaire. Même une victoire avec écart astronomique n’assurerait pas le titre aux Tourangeaux. L’Union Foot de Touraine n’a pas totalement son destin entre les mains. Il faut l’accepter. Et le coach veut calmer le jeu avant qu’on s’en plaigne :
« La montée ce n’est pas ce qu’on m’a demandé en début de saison. On a créé un club pour bien figurer, et que si on avait les moyens de monter on le ferait. La saison est déjà très belle, elle sera peut-être exceptionnelle. Finir premiers, ce serait la cerise. »
Hervé Loubat sait. Il sait qu’en Touraine on a pris un malin plaisir à se gausser des frasques du foot ces dernières années. Et il aimerait bien que l’habitude cesse. Ou au moins que l’objectivité devienne la règle. « On a déjà oublié le derby gagné contre Montlouis en Coupe de France à 10 contre 11 avec une équipe jouant un niveau au-dessus. On a aussi fait trembler le leader de Ligue 2. On l’oublie et on le néglige » s’agace-t-il voulant « juste remettre l’église au milieu du village ».
C’est qui ce « on » ? « Des supporters, des gens dans le club, des joueurs, ceux qui suivent le foot » répond-il. Au regard du passé récent, « je comprends les gens » reconnait Hervé Loubat… « mais qu’ils aillent voir ailleurs s’ils ne sont pas contents ». Lui défend son travail, son groupe et le mind set général :
« On a une équipe qui court, qui se bat. Lors des matchs à domicile je ne crois pas que les gens se soient souvent ennuyés. On a une identité de jeu, ce que les trois quarts des équipes n’ont pas. Ils sont bien dans les têtes, on rigole beaucoup. Même dans les moments de moins bien. Et c’est ce que je veux : que les joueurs viennent pour le plaisir, le foot passion, avec une philosophie de jeu agréable. »
Ces propos peuvent-ils laisser transparaître un excès d’orgueil ? Non. Hervé Loubat ne demande pas d’éloges mais un traitement équilibré. Ainsi, il reconnait ce qui pêche :
« On ne marque probablement pas assez par rapport au nombre d’occasions. Parfois on finit à 2-0 alors qu’on a eu 11 occasions. On aurait pu doubler la mise. On a de bons attaquants, pas forcément des finisseurs, mais depuis qu’on a recruté Jordan Popineau en février il nous fait du bien. »
Pour le reste, « je n’ai pas de critique à recevoir. La saison est quasiment pleine. » Une réussite que le coach attribue notamment à l’esprit de son équipe :
« Mes joueurs ont toujours adhéré à ce que je voulais faire et ça s’est vu en Coupe de France, compétition où l’on avance grâce à l’état d’esprit du groupe. On a une équipe généreuse et – à part un ou deux matchs loupés – ce qu’ils ont fait est exceptionnel. »
De fait, au fil de la saison, l’Union Foot de Touraine a – chaque fois – été vue comme le club à battre. Avec des adversaires « qui jouaient repliés sur leurs 30m » déplore Hervé Loubat. « Je ne vois pas quel plaisir les staffs ont à jouer comme ça. Si je suis Le Havre et que j’affronte le PSG je vais aller dans ses 16m car c’est ma philosophie. On tape dans le rocher jusqu’à temps qu’il se fracasse » assène l’entraîneur, comme l’ont prouvé de récents buts marqués à la 95e ou à la 97e minute. « Ça prouve la valeur morale d’une équipe qui s’accroche tout le temps. »
Même s’il se dit éreinté par cette saison, Hervé Loubat retient surtout « des moments de joie intenses » et affiche son ambition de vouloir rester à son poste la saison prochaine : « Je me sens bien, on a de bonnes installations, des moyens très corrects, un staff compétent. On sera encore plus prêts que la saison dernière » ambitionne-t-i.
Et on sait que, plus haut, l’UFT se structure pour jouer les gros bras comme l’a prouvé le recrutement de l’ex-angevin Olivier Pickeu ou le récent partenariat avec Danone pour la formation (l’entreprise étant liée à la famille du principal investisseur, Basile Rinoud). Les bases sont là. Aux bleu et jaune de les faire fructifier… pour – enfin – couper le sifflet aux rageux ?
Un degré en plus :
Le match de l’UF Touraine contre Vertou c’est ce samedi 16 mai dès 18h au stade de la Vallée du Cher, à Tours.









