À Tours, la majorité municipale se structure en plusieurs groupes politiques

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Après la réélection du maire écologiste Emmanuel Denis, la majorité municipale de gauche et des écologistes tourne la page du « groupe unique ». Plusieurs composantes choisissent de se constituer en groupes distincts au conseil municipal, au nom de la lisibilité démocratique et de la transparence.

La nouvelle mandature s’ouvre sur une recomposition interne : au sein de la majorité rassemblée derrière le maire, les élus actent la création de plusieurs groupes politiques, là où le précédent mandat avait privilégié une expression unifiée. Cette fois, ses partenaires font le choix d’une organisation par groupes, une formule présentée comme une « clarification » du débat municipal et un moyen d’assumer des sensibilités différentes tout en restant dans une même majorité.

« Union Sociale Écologique pour Tours » : un pôle socialiste et citoyen

Dans un texte annonçant la constitution de leur groupe, des élus issus du Parti socialiste et de l’association En Avant Citoyennes, Citoyens! déclarent créer « Union Sociale Écologique pour Tours ». Ils y revendiquent une inscription dans « une majorité municipale plurielle » et mettent en avant la transparence et la discussion argumentée comme méthode de travail.

Le groupe rassemble notamment Oulématou Ba-Tall, Raphaël Besse, Emré Celikan, Franck Gagnaire, Jean-Patrick Gille, Florian Hemme, Damien Hentry, Sarada Loock, Iman Manzari, Rachel Moussouni, Élise Pereira Nunes, Éric Thomas, Léo Gore..

Pour Franck Gagnaire, présenté comme co-président du groupe socio-démocrate, aux côtés de Sarada Loock, l’apparition de plusieurs groupes n’a rien d’une rupture avec l’esprit de coalition : « C’est une forme de clarification », explique-t-il, en jugeant que le groupe unique du précédent mandat avait parfois « effacé l’intérêt de la coalition » et brouillé la lecture pour une partie des électeurs.

Selon lui, l’objectif est d’« exprimer des nuances » entre partenaires tout en conservant « une majorité unique ». Il y voit aussi un gain de transparence et de fluidité interne, notamment lorsque surgissent des sujets non prévus au programme initial. Les élus interrogés écartent par ailleurs l’idée d’une manœuvre tournée vers les échéances nationales.

« Tours à Gauche » : PCF, CATDP et une partie de L’APRÈS créent un groupe collégial

Cette annonce fait suite à celle une semaine plus tôt du groupe « Tours à Gauche », émanation d’élus issus de l’APRÈS ( à l’exception de Fanny Puel), le Parti communiste français (PCF) et CATDP (« C’est Au Tour(s) Du Peuple »). On y retrouve Armeline Videcoq-Bard, Claude Bourdin, Thierry Lecomte et Pierre Jouan.

Le communiqué de « Tours à Gauche » indique par ailleurs que la majorité municipale sera composée de 4 groupes distincts. Outre eux-mêmes, le groupe socio-démocrate, La France insoumise et Les Écologistes (associés aux Cogitations citoyennes) auraient décidé de constituer chacun leur groupe au conseil municipal également. Le pôle écologiste regroupe 17 membres, celui de « L’union sociale écologiste de Tours » 13 élus, celui LFI 7 membres et « Tours à Gauche » 4.

Thierry Lecomte (L’APRÈS) défend cette structuration comme un choix assumé dès la campagne. Il y voit un moyen de « remettre de la politique dans les débats », d’organiser des échanges réguliers entre partenaires et de rechercher des compromis en respectant les positionnements politiques des uns et des autres membres de la majorité.

Reste désormais à mesurer comment cette nouvelle cartographie pèsera sur la fabrique des décisions : la majorité assure vouloir préserver une ligne commune derrière le maire, tout en rendant plus visibles ses équilibres internes. L’épreuve du terrain dira si la multiplication des groupes renforce la délibération… ou complexifie la discipline de coalition.

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