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Municipales à Joué-lès-Tours] 2014-2020 : retour sur six années de vie politique

[Avant propos] Alors que la campagne des élections municipales a commencé, Info Tours et 37 degrés vous aident à y voir plus clair sur le bilan des élus en place. Aujourd’hui retrouvez le grand bilan du mandat qui s’achève à Joué-lès-Tours.

Dans cet article sur Info Tours, nous avons ainsi recensé 4 points faibles qui ont marqué les six dernières années. Nous avons également listé 4 points forts emblématiques dans un deuxième article accessible ici.

Sur 37 degrés, nous revenons en analyse sur le mandat écoulé, d’un point de vue politique ici et dans cet autre article vous pourrez retrouver point par point, l’action municipale réalisée depuis 2014 en comparaison avec le programme qui avait été présenté aux Jocondiens.


Elu à la surprise générale en 2014, Frédéric Augis, sort d’un premier mandat de maire de Joué-lès-Tours qui n’aura pas été de tout repos. Retour sur six années de politique en Jocondie.

Si certains se rasent le matin en pensant au Palais de l’Elysée, Frédéric Augis a lui certainement beaucoup pensé à l’Hôtel de Ville avant 2014 devant son miroir de la salle de bain. Chef de file de la droite jocondienne il a vécu le rôle souvent ingrat d’élu d’opposition entre 2011 et 2014, au temps où le maire socialiste Philippe Le Breton tenait de main de maître la deuxième commune du département. Peu le donnaient gagnant au début de l’année 2014. Pourtant, en mars de cette année, il réussit l’improbable : faire tomber la gauche de son piédestal, pour 206 voix d’écarts. Un rien dans cette ville aux plus de 24 000 électeurs, mais qui fait toute la différence.

Cette courte victoire, Frédéric Augis y avait toujours cru. Pendant la campagne municipale de 2014 il répétait ainsi que Joué-lès-Tours n’était « pas un fief éternel de la gauche ». Le 30 mars 2014, c’est ainsi non seulement une victoire personnelle, mais aussi un coup d’éclat pour toute la droite tourangelle, qui avec Tours reprenait à la gauche les deux principales villes du département, dans un contexte national et local favorable.

Un début de mandat marqué par les polémiques

La joie légitime du nouveau maire est rapidement ternie cependant : au début de son mandat, une polémique explose en lien avec le débat sur l’enseignement de « la théorie des genres » à l’école. Des allégations parties d’un groupuscule créé par Farida Belgoul mettant en cause une institutrice de l’école Blotterie. La polémique rebondit à la veille du second tour des municipales avec la distribution d’un tract aux couleurs du candidat UMP. Un document qui dénonce alors non seulement cette théorie et accuse le maire socialiste de l’époque de la soutenir. Frédéric Augis se défend d’en être l’auteur, mais aussi d’avoir un lien de près ou de loin avec ce tract. En revanche un courrier adressé à une jocondienne, reprenant peu ou prou les mêmes arguments est assumé par le nouveau maire. De quoi entretenir le doute dans la tête de ses opposants. Quatre Jocondiens, proches du Parti Socialiste, tentent même en vain de faire invalider l’élection, tandis que l’enquête policière ne permet pas de déterminer l’origine du tract.

Pas de quoi débuter ce nouveau mandat dans la plus grande des sérénités, d’autant plus qu’une autre polémique surgit dans la foulée suite au retrait du mot laïcité sur le fronton de l’Hôtel de Ville. Au cours de cette première année, rien n’est épargné à Frédéric Augis par son opposition, à l’instar de sa sortie au Temps Machine en compagnie d’autres maires de l’agglomération, qui créé une nouvelle polémique.

Pourtant dans ce même temps, Frédéric Augis endosse petit à petit le costume de maire et s’entoure également de proches au cabinet ou à la communication. La droite confirme même son installation comme première force politique de la ville aux élections départementales de 2015 puisque le duo d’adjoints Judicaël Osmond et Valérie Turot se font élire au Département en devançant les candidats socialistes Vincent Tison et Marie-Line Moroy de 500 voix au premier tour et de 1100 au second. De quoi confirmer l’ancrage de la droite dans cette commune déjà soucieuse des aspects liés à la sécurité et qui a connu en décembre 2014 l’attaque du commissariat de Joué-lès-Tours, aujourd’hui décrite par certains comme le premier attentat lié à Daesh sur le sol français, quelques jours avant les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes.

Une droite qui s’installe solidement

L’élection de 2014 a bien bouleversé l’équilibre politique dans la ville jocondienne et tout au long du mandat la gauche va se montrer à la peine face à cette droite majoritaire. Le départ de Philippe Le Breton du Conseil Municipal en septembre 2015 pour raisons professionnelles ne fait que confirmer cette impression. Dans les rangs de l’opposition, le Front National qui avait réussi à faire entrer deux élus à l’assemblée municipale, ne pèse guère également, avec en prime une scission interne.

A l’inverse la droite tisse donc sa toile et projette sa politique (lire notre grand bilan détaillé du mandat dans cet article). Un ancrage local qui permet à Frédéric Augis de prendre même du galon au sein de son parti Les Républicains, en prenant la tête de la fédération départementale en 2016. Dans le même temps il s’impose aussi à Tour(s) Plus puis Tours Métropole comme vice-président aux mobilités, sous la houlette de son mentor et patron de l’intercommunalité, Philippe Briand. Un poste qui le met sur le devant de la scène avec le projet d’extension du réseau du tramway qu’il mène.

Recentrage communal en 2018

En 2018, Frédéric Augis quitte néanmoins la tête de son parti alors en difficultés suite à la débâcle des élections présidentielle et législatives de 2017, au cours desquelles il est resté discret et en retrait.

A partir de fin 2018, bien qu’il conserve son poste d’assistant parlementaire auprès de la sénatrice Isabelle Raimond-Pavero, Frédéric Augis se recentre donc politiquement sur sa commune, ne reprenant même pas son adhésion au parti Les Républicains. Au niveau communal, il peut compter sur une majorité unie et fidèle, même si le maire doit enregistrer en 2018 le départ de son ancien premier adjoint Jean-Christophe Turot, avec qui il avait également partagé les bancs de l’opposition municipale avant 2014.  Jean-Christophe Turot qui créé alors avec Laurence Hervé (ancienne socialiste passée à La République En Marche) un nouveau groupe municipal « Libres Citoyens » avec en ligne de mire les élections municipales de mars 2020.

Au sein de sa commune, Frédéric Augis exprime tout son caractère bien trempé et parfois difficile selon ses opposants. Le maire n’hésite pas en effet à renvoyer l’opposition dans ses cordes lors des échanges publics, tout comme il entretient parfois des relations difficiles avec certains acteurs de la ville, à l’instar de Michelin avec qui il n’arrive pas à trouver un accord pour réaménager le site laissé vide suite à la fermeture d’une partie de l’usine en 2014.

Lire également sur Info Tours :

Les 4 points forts du mandat de Frédéric Augis à Joué-lès-Tours

Les 4 points faibles du mandat de Frédéric Augis à Joué-lès-Tours

Frédéric Augis doit faire face également à plusieurs actualités chaudes et difficiles. En premier lieu les problèmes de sécurité qui atteignent leur paroxysme fin 2018 avec une série d’incendies de voitures dans le quartier de la Rabière. Ce qui conduira à la mise en place d’un couvre-feu que le maire sortant assume pleinement comme il nous le disait il y a peu : « j’assume d’avoir pris mes responsabilités en instaurant un couvre-feu fin 2018, parce que la situation l’exigeait. C’était une sorte d’appel à l’aide à l’Etat et grâce à cela la Rabière est passée quartier de reconquête républicaine. »

Relire : Municipales à Joué-lès-Tours : Frédéric Augis officiellement candidat à sa succession

En 2014, Frédéric Augis avait promis « une nouvelle ambition » pour Joué-lès-Tours. Six ans plus tard, une chose est sûre, les choix de sa majorité ont tranché avec ceux du passé. Un mandat de rupture, au cours duquel il a donc fallu appréhender l’exercice comme tout nouvel arrivant. Mais là encore, Frédéric Augis assume les options prises, comme celle d’avoir une politique d’investissements importante, quitte à se faire attaquer régulièrement par les oppositions pour avoir augmenter la dette de la ville. « Les électeurs jugeront » répond régulièrement le maire sortant, bien décidé à confronter son bilan aux électeurs et à retourner dans l’arène du combat politique.

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