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Municipales à Joué-lès-Tours : Frédéric Augis officiellement candidat à sa succession

Le maire de Joué-lès-Tours, Frédéric Augis a officialisé en avant-première pour Info Tours et 37 degrés, sa candidature à sa propre réélection au poste de maire de la deuxième ville du département.

C’est une annonce qui était attendue, mais que Frédéric Augis gardait pour le moment pour lui et ses proches, le temps de passer la période de cérémonies de vœux de nouvelle année. Cette étape faite en ce début de semaine, le maire sortant de Joué-lès-Tours a décidé de clarifier la situation et d’officialiser sa candidature aux élections municipales des 15 et 22 mars prochains.

« Je ne suis pas candidat pour rester maire, mais pour pouvoir continuer à travailler pour Joué-lès-Tours et les Jocondiens » affirme-t-il en préambule de notre entretien dans les locaux de campagne, pas encore aménagés et qui se trouvent à proximité immédiate de l’Hôtel de Ville, place François Mitterrand.

Une politique d’investissement maintenue

Le projet politique 2020-2026 que proposera Frédéric Augis (il sera entièrement dévoilé mi-février) sera dans la continuité du mandat actuel pour lequel le maire sortant assume ses choix : « En 2014 nous avons été élus pour donner une nouvelle ambition à Joué-lès-Tours, c’est ce que nous avons fait » affirme-t-il ainsi, en prenant exemple sur les investissements réalisés pendant le mandat : Route de Monts, Centre de loisirs de La Borde, nouveaux gymnases, rénovation de la piscine de l’Alouette, inauguration de Bulle d’O (déjà engagé mais qu’il a revu en arrivant à la mairie)…

Des investissements de l’ordre de 13 millions d’euros par an en moyenne contre 9 pour le précédent mandat qui lui ont valu parfois des critiques fortes de son opposition qui l’a accusé de détériorer les finances de la commune.

« J’assume d’avoir une ambition pour la ville et nous avons géré la ville avec sérieux et sans couac. Quand nous sommes arrivés, oui la ville était faiblement endettée mais elle était sous-entretenue. L’endettement est passé de 3 ans à 6 ans mais nous restons en dessous de la moyenne de la strate qui est de 8 années. Nous avons emprunté pour investir avec des taux d’intérêts très bas. »

Évoquant une politique pour l’avenir, Frédéric Augis défend également sa politique d’acquisition foncière car « une ville ne peut pas se construire sans foncier et cela servira plus tard aux futurs projets ou au désendettement de la ville. »

Reste à savoir si cette politique d’investissements importants pour une ville comme Joué-lès-Tours pourra être maintenue par la suite. En tout cas Frédéric Augis l’affirme. « Nous pouvons le faire, nous avons déjà un plan pluriannuel en tête qui peut être financé » explique-t-il en évoquant entre autres la nécessité de rénovation du patrimoine existant de la ville.  

Proximité et sécurité au cœur du programme

Investissements d’un côté, proximité de l’autre, voilà deux des axes de la politique proposée par le candidat divers-droite : « Le maire est l’élu de proximité par excellence, c’est le dernier maillon de la chaîne républicaine, celui vers qui les habitants se tournent. » Une proximité qu’il souhaite à tous les niveaux, des élus aux services en passant par les associations et les quartiers : « l’essentiel c’est le dialogue » indique-t-il ainsi, tout en précisant « mais on ne peut pas dire oui à tout le monde » quand on prend en exemple les relations parfois compliquées avec certaines associations durant le mandat écoulé.

Une proximité qui doit s’affirmer également sur le volet de la tranquillité et de la sécurité. Un domaine qui aura fait beaucoup parler à Joué-lès-Tours ces dernières années, ce que ne cache pas le maire sortant qui reconnait « des moments difficiles », alors même qu’il avait fait de la sécurité un thème fort de sa campagne de 2014. « Qu’est-ce que cela aurait donné si on n’avait pas doublé les effectifs de la police municipale ou augmenté le nombre de caméras ? » nous rétorque-t-il sur le sujet, tandis que dans le même temps ses opposants évoquent justement une « politique répressive inadaptée. »

« On me colle cette image, mais j’assume d’avoir pris mes responsabilités en instaurant un couvre-feu fin 2018, parce que la situation l’exigeait. C’était une sorte d’appel à l’aide à l’Etat et grâce à cela la Rabière est passée quartier de reconquête républicaine. Nous avons pu installer une synergie entre les services de l’Etat de la ville. Mais nous avons aussi agi sur le volet de la prévention en réactivant les collaborateurs de la politique de la jeunesse sur le terrain, au plus près des habitants, alors qu’ils avaient été enlevés en 2011. Cela demande du temps pour remettre tout cela en place parce qu’il faut de la confiance, on ne peut pas le faire n’importe comment, ni en prenant n’importe qui comme médiateurs. Nous allons continuer dans ce sens, en faisant de la vraie médiation de rue et en recrutant de nouveaux médiateurs. »

Prévention d’un côté donc et répression de l’autre avec dans le programme à venir, l’installation notamment d’un centre de supervision urbain municipal pour contrôler les caméras installées dans toute la ville (aujourd’hui de l’ordre de 200).

L’attractivité économique

Dernier grand thème de la campagne, celui de l’attractivité économique avec de ce côté, un regard qui sera forcément particulier sur le symbole du site Michelin, toujours vierge plus de 6 ans après le départ des ateliers poids-lourds de l’usine de pneumatiques. « J’assume qu’il n’y ait rien aujourd’hui et je l’expliquerai aux électeurs. Je refuse de brader le site car c’est un site majeur pour Joué-lès-Tours et la Métropole. » Et concernant le projet d’aménagement de l’entreprise Axtom, Frédéric Augis de réaffirmer que s’il était bien en cours et que des discussions avaient lieu, rien n’est acté « Dans ce type de projet il faut tout penser. Nous souhaitons un aménagement global incluant la question des accès également. »

Un avenir pour ce site qui devrait s’écrire selon Frédéric Augis sous la forme d’implantation de TPE-PME à dominante industrielle ou tertiaire, afin de faire des lieux une nouvelle zone d’activités venant renforcer un tissu économique de la ville « jugé riche » et avec lequel il n’a cessé de tisser des liens pendant le mandat, créant notamment un « cercle de l’économie jocondienne. » « Le rôle d’un maire est d’être à l’écoute en permanence avec les acteurs de son territoire, d’être en partenariat et en confiance avec eux, de pouvoir les accompagner dans leur évolution. »

Qui sur la liste avec lui ?  

Tout comme son programme, Frédéric Augis dévoilera ses colistiers mi-février. Il ne fait aucun doute que la liste sera composée d’une partie de la majorité actuelle. En revanche Frédéric Augis qui a quitté le parti Les Républicains début 2018 après avoir exercé la présidence en Indre-et-Loire, n’a sollicité aucune investiture de partis. La campagne il la fera avec son association « Mon parti c’est Joué » lancé l’été dernier. Une liste divers-droite donc que le candidat appelle comme « sociale et de proximité » tout en insistant sur le fait d’être « un candidat contre personne mais pour tous les Jocondiens. »

A voir également :

Le trombinoscope commenté des élections à Joué-lès-Tours

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