HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Aujourd’hui plongeons nous dans l’histoire du jardin botanique de Tours.
Face à l’hôpital Bretonneau, le jardin botanique de Tours est un des poumons verts de la commune. Cet espace de 5,8ha situé face à l’hôpital Bretonneau est apprécié pour ses animaux, ses belles allées fleuries, son jardin japonais, ses serres tropicales, ses grands arbres remarquables… Un espace de loisirs tout autant qu’un espace pédagogique et scientifique dont l’histoire remonte à près de 200 ans désormais…

Une naissance sur un terrain marécageux
À l’origine, le site n’a rien d’un jardin d’agrément. Il s’agit d’une zone humide traversée par le ruau Sainte-Anne, un cours d’eau qui reliait autrefois la Loire au Cher. Au XIXe siècle, cet espace marécageux pose des questions d’insalubrité, notamment en raison de sa proximité avec l’hôpital. Son assèchement progressif, engagé à partir de la fin du XVIIIe siècle, a profondément transformé le secteur. C’est dans ce contexte que le pharmacien Jean-Anthyme Margueron défend avec ténacité l’idée d’un jardin botanique destiné à l’enseignement de la médecine et de la pharmacie. Le projet aboutit en 1843, et le chantier d’aménagement s’étend d’octobre 1843 à septembre 1844 sur une partie de l’ancien lit du ruau peu à peu remblayé.
Un jardin scientifique devenu lieu de promenade
Dès sa création, le jardin combine deux fonctions. Au nord, l’école de botanique répond à une vocation pédagogique et scientifique. Au sud, l’arboretum adopte un dessin plus paysager, inspiré des jardins d’agrément du XIXe siècle qui a très vite été adopté par les Tourangeaux comme un décor familier de promenade.

Parmi les symboles du jardin, le Ginkgo biloba planté en 1845 occupe une place particulière. Offert, selon la tradition, par le docteur Bretonneau, il est devenu l’un des arbres les plus remarquables du site. Mais la mémoire du lieu ne passe pas seulement par les plantes. Pendant longtemps, le jardin a aussi abrité tout un petit bestiaire composé d’animaux parfois surprenants : Il y eut notamment les ours bruns Willy et Sophie, leur fosse restée célèbre, mais aussi des daims, des kangourous et d’autres animaux qui ont fait du Botanique un lieu à part dans le paysage tourangeau, à l’instar de Bobby, le phoque arrivé en 1953, devenu au fil des décennies une véritable mascotte locale.
Quant à la flore, deux fois par an, ce ne sont pas moins de 18 000 plantations qui sont réalisées sur toute la surface du parc, soit plus de 35 000 plants ou bulbes mis en terre au printemps et à l’automne. On compte 20 500 végétaux permanents et 2 500 variétés différentes…

On vous avait d’ailleurs raconté les coulisses du fonctionnement du jardin Botanique en suivant les agents de la ville.











