Le Centre Aquatique du Lac de Tours est la piscine la plus fréquentée de l’agglomération tourangelle et fête fièrement ses 20 ans tout l’été avec une grande fête le 1er week-end de juillet puis différentes animations avec cadeaux à gagner pendant sa haute saison. Le site souffre néanmoins des affres du temps et aurait grand besoin d’investissements. Rencontre avec son directeur, Jérôme Pellat.
Quand on veut nager dans un grand bassin de 50m à Tours il n’y a pas 36 solutions : la piscine Bozon du Sanitas (très sollicitée par les cours et fermée une partie du temps dont l’été) ou le Centre Aquatique du Lac. Si l’on veut une grande pataugeoire avec toboggan pour les enfants, pareil : la piscine située près du quartier des Fontaines est une référence. Et même si d’autres sites comme Bulle d’O ont un espace bien-être, celui administré par la société Récréa est le plus étendu de l’agglomération.
Tout cela ça fait la réputation de l’établissement qui a totalisé 333 000 entrées en 2024, soit une moyenne d’environ 1 000 personnes par jour d’ouverture (mais des pics à plus de 2 500 lors des grosses chaleurs estivales). Cette fréquentation est à la hausse après plusieurs années difficiles depuis le Covid… mais elle reste en dessous de l’objectif contractuel fixé par Tours Métropole à son délégataire, à savoir 375 000 visiteurs/visiteuses sur 12 mois, « sauf qu’il ne faut pas oublier que l’équipement a 20 ans et subit des avaries qui peuvent perturber l’accès » veut nuancer le directeur Jérôme Pellat.
Il est vrai que ces dernières années les difficultés ont plusieurs fois marqué l’actualité : un incendie dans les zones techniques, la fermeture prolongée du toboggan ou – plus récemment – celle du hammam. « Quand le fournisseur a un délai important pour la fourniture des pièces, cela retarde d’autant la réparation » explique Jérôme Pellat pour justifier les interruptions conséquentes, compensées par des réductions. « Contractuellement nous ne sommes pas obligés mais on ne se voyait pas faire autrement » insiste le responsable du centre aquatique.
L’espoir, c’est que ce genre de désagréments reste limités d’autant que l’établissement subit aussi la concurrence des nouvelles piscines de l’agglomération (Bulle d’O puis Fondettes et Luynes ces dernières années), doit se préparer à une potentielle création de zone de baignade sur le Cher juste à côté, et perpétuellement s’adapter aux conditions météo hasardeuses (été humide = baisse de fréquentation). Et on ne parle pas des travaux de la seconde ligne de tram qui ont imposé 4 jours de fermeture à cause d’une coupure de chauffage, puis vont entraîner des difficultés d’accès.
« Nos objectifs de fréquentation n’avaient pas été annoncés n’importe comment en 2020, ils étaient basés sur les chiffres d’avant. Mais c’était avant Luynes, avant Fondettes, avant le Covid et avant la crise de l’énergie » liste Jérôme Pellat, lui-même parti diriger Les Thermes luynois 3 ans après avoir fait plus de dix ans au Lac, et donc d’y revenir au poste de directeur.

« On reste néanmoins l’équipement qui reçoit le plus d’usagers de la Métropole » rappelle le représentant de la société Récréa. Mais entre son emplacement, sa taille et ses équipements, rien d’illogique à cela. Le point positif c’est la reprise : 14 000 entrées supplémentaires entre 2024 et 2025 et une hausse continue depuis 3 ans. Pour conserver cette dynamique, on pense déjà au futur contrat de délégation de service public qui doit être renouvelé en 2028. Si Récréa est reconduite – elle semble l’espérer – la question de la vétusté sera au cœur du futur contrat.
« On a besoin d’investissements. Par exemple les toilettes n’ont jamais été refaites depuis 2006. On a rénové les carrelages et les casiers en 2016-2017 mais pas les WC » pointe Jérôme Pellat qui détaille :
« On a aussi des besoins sur la toiture, le traitement de l’air et de l’eau… Une vraie réhabilitation bâtimentaire et technique. On pourrait être beaucoup plus moderne dans le fonctionnement. Ainsi, rien n’est automatisé ici. »
Le directeur du Centre Aquatique du Lac, qui emploie 48 personnes, reconnait tout de même qu’il y a eu des efforts de faits comme la couverture technique pour le bassin de 50m afin de réduire les déperditions de chaleur et donc les dépenses d’énergie. « Mais si on veut atteindre nos objectifs d’économies, il va falloir mettre un bon coup de jeunesse. Le problème économique ne vient pas de nos recettes mais des charges » insiste le maître-nageur de métier reconnaissant que l’activité n’est pas toujours rentable (300 000€ de pertes en 2024 mais à priori une année 2025 positive, le tout sans hausse des tarifs pour la 3e année consécutive).
« Peu importe les éléments extérieurs, on continuera de travailler » optimise Jérôme Pellat qui se veut « force de proposition » en vue d’un futur contrat. « On y répondra au mieux, mais il faut d’abord savoir ce que Tours Métropole souhaite faire du Centre Aquatique du Lac » dit-il en signe de perche aux élus, mettant sa pierre à l’édifice : « On pourra s’engager sur une enveloppe d’investissements. »

Concernant l’emploi, le Centre Aquatique du Lac c’est 40 équivalents temps plein, et jusqu’à 55 personnes embauchées en simultané l’été. Avec des tensions pour le recrutement d’agents d’accueil ou d’entretien, « mais on ne s’est jamais retrouvé dans la panade » assure la direction. « Si on n’a pas assez on peut augmenter le volume horaire de nos équipes permanentes et lisser sur l’année ou payer en fin d’année s’ils ont fait plus » détaille Jérôme Pellat.
Le recrutement des saisonniers est donc toujours en cours tandis que la piscine de Tours-Sud prépare son Water Cal Fest édition 2026, 3e du nom, soit 3 jours les 4-5-6 juillet avec une structure aquatique géante dans le bassin de 50m + des animations pour toute la famille. L’été suivra avec de nombreux jeux autour des 20 ans avec des réductions ou des cadeaux à gagner. Et puis toujours des opérations comme des cours de natation pour les bénéficiaires du Secours Populaire ou la nouveauté : des sessions pour les 4-6 ans entre les bébés nageurs et les premiers cours d’apprentissage de la nage.









