Travaux de l’été 2026 à Tours : pourquoi tant de perturbations sur la longueur ?

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A partir de ce lundi 15 juin, et pour de longs mois, la circulation s’annonce particulièrement complexe dans plusieurs quartiers de Tours et de l’agglomération. C’est la conséquence du chantier de construction de la 2e ligne de tramway, mais pas que. Au-delà des difficultés de trafic, on vous explique pourquoi ça va durer aussi longtemps.

On va entendre des automobilistes tourangeaux râler dans les prochaines semaines. Mais pas que. Les usagers des transports en commun aussi vont voir leurs habitudes chamboulées cet été dans la Métropole de Tours. C’est la conséquence d’un enchaînement de chantiers conséquents dans le cadre de la construction de la seconde ligne de tramway mais aussi de la maintenance de la ligne A et du déploiement du réseau cyclable Vélival.

Si la multiplication des chantiers impressionne, elle est légitime car l’été est traditionnellement la période où le trafic est le moins important dans l’agglomération. Ces dernières années, on a par exemple observé des coupures sur les ponts Mirabeau et Napoléon, mais aussi dans la Tranchée ou aux Halles. Cependant, il faut reconnaître que les impacts étaient moindres que ce qui se profile à partir de ce 15 juin.

Ainsi, le Boulevard Jean Royer va progressivement fermer entre la Place de la Liberté et la Place de Strasbourg, déviant le trafic par les Prébendes, Febvotte ou les Rives du Cher. Dans le secteur de l’hôpital Bretonneau, le carrefour situé au sud du Jardin Botanique va lui aussi être coupé. Puis, à partir du 6 juillet, c’est la Place Jean Jaurès qui sera au cœur du schmilblick : on ne pourra plus la traverser, sauf dans le sens Boulevard Béranger > Avenue de Grammont. Quant à la Place Choiseul, elle sera fermée sur sa partie haute mais en partie franchissable par la trémie sous le Pont Wilson.

Au sud du Cher, l’extension des pistes cyclables entraînera une réduction de la circulation sur l’Avenue Pompidou et la Rue de Rochepinard à Saint-Avertin. Et aux Fontaines, on va démolir le Pont de l’Alouette lors du dernier week-end de juillet avant de le reconstruire, entraînant une paralysie totale du trafic sur cette zone pendant 48h samedi 25 et dimanche 26.

Conséquence de tout ça : des déviations pour les voitures, les lignes de bus repensées, et même le tram coupé pendant 6 semaines entre Place Choiseul et Gare de Tours (avec 5 rames maintenues sur sa partie sud jusqu’à Jean Monnet et stockées la nuit aux Deux-Lions afin d’éviter une fermeture plus large). Depuis l’incendie du Pont de Verdun en 2015, c’est sans doute la plus grosse perturbation pour la ligne A, liée à la dégradation de son système d’alimentation par le sol sur les rails croisés par les voitures.

En gros, les poutres sont fragilisées entraînant actuellement un ralentissement du trafic Place Choiseul, Place Anatole France et dans le secteur Jean Jaurès. « On a peur de perdre cette source d’énergie, on doit réparer ça au plus vite, c’est une obligation » souffle-t-on au Syndicat des Mobilités de Touraine. Ce qui signifie retirer le dispositif actuel, le solidifier et remplacer la plateforme. Problème : 3 semaines de séchage sont nécessaires au béton avant de supporter à nouveau la circulation automobile. Donc si le chantier dure 6 semaines pour le tram, il devrait en nécessiter environ 2 de plus pour les voitures. Soit deux mois au total. Tout juillet-août.

« Il y aura d’énormes impacts » concède-t-on dans les services concernés, insistant sur les dispositifs mis en place : navette bus Plan B toutes les 17 minutes de Choiseul à la gare, informations avec des agents aux arrêts non desservis… Mais on a évité le pire car normalement il faudrait aussi changer les barreaux de la Place Anatole France. Heureusement ceux-ci sont en moins mauvais état que les autres et peuvent attendre un an de plus, laissant un itinéraire de déviation facile. En 2027, c’est donc logiquement ce secteur qui sera paralysé à son tour.

Concernant les travaux de la ligne B qui reliera Chambray à La Riche, ce sont pas moins de 7 fronts qui vont être ouverts entre le centre-ville larichois et Chambray. Là-aussi il a fallu imaginer un réseau de déviations, tant pour les voitures que pour les bus… et même pour les ambulances de Bretonneau, avec la création d’un passage sur l’arrière de l’hôpital afin de faciliter la sortie des urgences.

A cet endroit, en sous-sol, il s’agit de refaire le comblement du petit ruisseau qui traverse la zone. Une opération qui aurait été nécessaire quoi qu’il arrive, mais qui se trouve anticipée par le chantier du tram (et donc comprise dans son budget de presque 500 millions d’€, alors qu’elle aurait été mise à part dans un autre contexte). « Ce sera un chantier d’envergure, toute la voirie sera ouverte » commentent les services de la Métropole. Seuls les piétons pourront encore passer sur une bande d’un mètre 50. Les vélos devront mettre pied à terre. Et ce jusqu’en fin d’année.

L’opération la plus impressionnante devrait néanmoins rester la démolition du Pont de l’Alouette, trop fragile pour supporter le passage de la future ligne de tram et qui doit être reconstruit. Comme il surplombe un rond-point, sa déconstruction ne peut pas se faire par petits bouts pour éviter l’embolie du secteur. C’est donc une « opération coup de poing » qui a été montée, à l’image de ce que fait parfois la SNCF : coupure totale du trafic deux jours mais seulement deux jours, avec un dispositif conséquent pour tout faire tomber en 48h les 25 et 26 juillet.

Et globalement, malgré l’impact conséquent, les services assurent avoir anticipé un maximum de difficultés. A Chambray, ce sont les phasages de feux tricolores qui ont été revus pour améliorer la circulation des secours. Boulevard Jean Royer, l’armée a accepté de céder un terrain et le mur d’enceinte de ses casernes sera donc partiellement reconstruit pour créer un parking d’une quarantaine de places afin de remplacer les stationnements perdus dès la phase travaux. Aux Fontaines, il y aura des détours « mais la circulation pourra toujours se faire »

En clair, il faudra anticiper ses trajets, prévoir des temps de parcours rallongés. « On rentre dans le vif du sujet » résume le maire de Tours Emmanuel Denis, président du Syndicat des Mobilités de Touraine. En espérant qu’une fois la 2e ligne de tram inaugurée, l’enthousiasme autour de ce projet fera oublier les désagréments. Ainsi, on sait déjà que l’été 2027 augurera d’autres difficultés, notamment dans le secteur du Carrefour de Verdun ou de la Place de la Liberté.

Pour suivre les infos et les perturbations, utilisez le site www.filbleu.fr, l’application mobile du transporteur ou le site www.lignes2tram.fr récemment mis à jour.

Un degré en plus :

Certains travaux se font aussi sans dérangement de la circulation. C’est le cas au centre de maintenance des trams de Tours-Nord qui va être agrandi pour recevoir les 19 rames de la future ligne B actuellement en cours de construction : nouvelle voie de maintenance, plus de place pour le remisage et parking élargi sont notamment au programme. Des sous-stations électriques de 100m² chacune doivent également voir le jour le long du tracé entre La Riche et Chambray (aux Casernes Beaumont-Chauveau, à la Bergeonerie ou au lycée agricole chambraisien).

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