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Intenses regards de la Rabaterie

A Saint-Pierre-des-Corps, le Conseil Citoyen de la Rabaterie s’efforce à véhiculer des images fortes et positives du quartier. Au moment de la journée des droits des femmes de 2018, il avait rassemblé une galerie de portraits de femmes qui y vivent, en compilant également des textes sur leurs vies et leurs espoirs. Nouveau projet en 2019 avec une exposition photo et sonore de l’artiste parisienne Emmanuelle Corne, à découvrir ce vendredi 8 et ce samedi 9 mars.

C’est la première fois qu’Emmanuelle Corne travaille dans un quartier défini, mais pas la première fois qu’elle s’intéresse de près à des personnalités féminines. A l’origine éditrice en sciences humaines et sociales, l’artiste parisienne de 50 ans s’est mise à la photo il y a deux ans et demi, dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Et c’est au cours de sa formation que le sujet est apparu : « je devais travailler sur le thème du refuge et j’ai pensé au thème du refuge pour les femmes alors que le sujet commençait à peine à émerger dans l’actualité, bien avant #MeToo. Je sentais qu’il y avait quelque chose dans l’air et j’ai eu envie de creuser. »

Depuis, tous ses sujets de reportages mettent des femmes au premier plan : une infirmière à domicile, des majorettes sénior dans le sud de la France ou encore les femmes de ménage en grève dans des hôtels et les gares de la région parisienne :

« les problématiques ne sont pas les mêmes mais ce qui revient tout le temps c’est que ces femmes s’entraident énormément. Elles font des choses pour être ensemble, se créent un réseau féminin. »

Alors qu’elle expose à la mairie du IIIème arrondissement de Paris l’an dernier, le travail d’Emmanuelle Corne est repéré par Elisabeth Maugars du Conseil Citoyen de la Rabaterie qui demande à la présenter à Saint-Pierre-des-Corps : « quand elle m’a rapporté les photos, on a discuté d’un projet autour des femmes et du 8 mars, cette fois-ci avec un travail plutôt personnel sur chacune d’elle. » Ce sera finalement l’implication des habitantes dans les associations du quartier.

« Ce sont des femmes qui aiment être bénévoles, elles sont bien ensemble. »

Emmanuelle Corne est venue une demi-douzaine de fois à la Rabaterie, pour rencontrer le Conseil Citoyen, les associations et les habitantes. Ses séances photo se sont déroulées sur plusieurs mois, accompagnées de prises de son pour capter les paroles des femmes qu’elle rencontrait. « Je suis arrivée avec un regard neuf, celui de quelqu’un sans préjugé ni connaissance. Je vis également dans un quartier populaire à Paris et j’imaginais qu’il n’y avait aucune raison pour ce que ce soit différent ailleurs. J’ai finalement eu de très bonnes surprises. Ce que j’ai vu c’est un quartier populaire hyper bien tenu. Il y manque beaucoup de choses mais j’ai eu la sensation de déambuler dans un endroit très agréable. »

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YO SI TE CREO. Photos prises à Barcelone. La condamnation lors du procès de « la Meute » en Espagne de cinq jeunes à une peine inférieure à celle demandée par le parquet pour agression sexuelle a provoqué des manifestations. …Cinq hommes âgés de 27 à 29 ans ont été condamnés à neuf ans de prison pour « abus sexuel » aggravé « d’abus de faiblesse » contre une jeune femme de 18 ans, à laquelle ils ont imposé des relations sexuelles en groupe dans le hall d’un immeuble, en marge des fêtes de Pampelune de 2016. Les trois juges chargés de l’affaire ont rejeté le délit d’« agression sexuelle », provoquant la colère de milliers de personnes qui sont sorties dans les rues des principales villes du pays à l’appel des associations féministes en brandissant des pancartes contre « la justice patriarcale » et sous les slogans « Ce n’est pas un abus, c’est un viol » et « Moi, je te crois »… extrait de LE MONDE | 27.04.2018 à 20h34 • Mis à jour le 28.04.2018 à 06h44 | Par Sandrine Morel Madrid, correspondante à Madrid En lire plus sur http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/04/27/proces-de-la-meute-de-pampelune-le-gouvernement-espagnol-pret-a-revoir-le-code-penal_5291774_3214.html#jPFj1K6dVpZXzZWj.99 #violenbande #barcelona #noesno #lamanada #violencesfaitesauxfemmes #yositecreo #fujifilmxt2 26 avril 2018.

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Parmi les associations visitées par Emmanuelle Corne : Le Sac à Malice, le Patronage Laïque et la fédération de parents d’élèves FCPE mais aussi un salon de coiffure. Elle en revient avec 48 photos et un recueil sonore d’une quinzaine de minutes. Pour l’instant, elle seule a pu voir les clichés et écouter les mots des corpopétrussiennes : « on y voit des gestes d’activités collectives, des femmes actrices qui ont beaucoup de joie et de bonheur à être ensemble, des animateurs qui parlent de l’insertion des filles dans les activités » nous dit-elle en préambule. « Ce sont des femmes qui aiment être bénévoles parce qu’elles sont bien en groupe, qu’elles se sentent gratifiées à oeuvrer pour toutes. Il y a également des femmes qui viennent aider parce qu’elles ont été aidées auparavant, pour elles c’est naturel. » La photographe constate néanmoins que ses modèles « expriment un manque que tout ce qui est social ne se vive qu’à l’intérieur. »


Un degré en plus :

Des ELLES à la Rabaterie, vendredi 8 et samedi 9 mars de 9h à 12h30 et de 14h à 18h30 à la Maison de l’Aubrière. Vernissage vendredi à 11h30, moment de rencontre avec les protagonistes de l’exposition et la photographe samedi à 14h.

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