Les 6 et 7 juin derniers, le Château du Rivau a tenu sa Fête de la Rose. Au programme : ventes de rosiers, visites botaniques et le baptême d’une nouvelle variété, le tout dans le cadre idyllique de ses jardins au thème des contes de fées. L’occasion de découvrir un domaine privé qui a fait de ses jardins une force.
« Il faut entre huit et dix ans pour faire naître une nouvelle rose« , déclare Jérôme André, responsable du public au Château du Rivau. Huit à dix ans de croisements, de patience et surtout d’essais avant qu’une variété naisse. Lors de la Fête de la Rose, l’une d’elles a reçu son nouveau nom. Un baptême discret en présence de son fondateur, mais qui résume assez bien l’esprit du lieu. La fleur n’est pas seulement un décor, mais c’est une affaire de famille.
A 50 minutes au sud de Tours, le Rivau n’est pas un château comme les autres. C’est un domaine privé, racheté en 1992 par Patricia et Éric Laigneau, alors qu’il était à l’abandon. Lui s’est attelé à l’aspect restauration des lieux ; elle, historienne de l’art, a repris des études de paysagiste à l’École nationale du paysage de Versailles pour dessiner des jardins à partir du milieu des années 1990. Ces jardins qui font aujourd’hui la réputation du lieu. Ouvert au public en 2000, classé « Jardin remarquable » depuis 2004, le Rivau a bâti son identité à partir de ses jardins pensés comme un parcours à travers les contes de fées pour enfants. Des œuvres d’art contemporain se mêlent dans les espaces verts, mais également dans le château lui-même.

La rose comme star des lieux
La rose y occupe une place à part. La roseraie, créée dans les premières années d’ouverture, abrite aujourd’hui une large collection de rosiers parfumés. C’est ce patrimoine que la Fête de la Rose souhaite mettre en avant chaque printemps. Le principe est simple, on vient voir mais on vient aussi pour acheter. Le week-end mêle promenade dans les jardins, visites botaniques centrées sur la rose et la possibilité de repartir avec un pied. Par ailleurs, le château est accessible en plus des jardins lors de ce week-end. Le domaine tablait sur environ 3 000 visiteurs sur les deux jours.
Le moment fort restait le baptême. Derrière le geste, un peu de cérémonie et beaucoup de travail invisible : créer une variété demande près d’une décennie. Et celle dévoilée ce week-end-là a de quoi retenir l’attention. Un rosier buisson aux fleurs groupées et aux pétales réversibles, dont la teinte évolue au fil des floraisons, selon la lumière. Bicolore, il refleurit jusqu’en novembre. Restait à le nommer : c’est Patricia Laigneau qui s’en est chargée, avec un nom tout trouvé pour des jardins de contes de fées — la Fée du Rivau.


Un château qui accueille deux restaurants et un hôtel
Derrière la fête, il y a une mécanique économique qu’on oublie souvent face à un château de la Loire : il faut faire vivre l’ensemble du domaine. Le Rivau s’appuie sur sa billetterie, ses jardins et ses deux restaurants — le Jardin Secret, gastronomique, avec vue sur les jardins, et la Table des Fées, plus accessible. Pour ceux qui veulent un week-end en amoureux, le château propose aussi des chambres d’hôtel. Le domaine emploie une dizaine de personnes l’hiver, contre une trentaine l’été.
La Fête de la Rose n’est ainsi qu’un rendez-vous parmi d’autres. L’été ramènera les joutes équestres dans les douves du château, les 8 et 9 août : tournoi médiéval, costumes et chevaux, où le seigneur du Rivau affronte celui de Langeais. Un rendez-vous familial désormais installé dans le paysage estival. En septembre suivront les Journées du patrimoine, puis, à la mi-octobre, la Fête de la citrouille.












