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Sabine Thillaye : « Il faut une Europe plus politique »

Si tous les élus ont le regard tourné vers les élections européennes Parmi eux, Sabine Thillaye, députée d’Indre-et-Loire sera particulièrement attentive aux résultats du 26 mai prochain.

Il y a 5 ans, Sabine Thillaye faisait partie des candidats aux Elections Européennes. Sous l’étiquette du mouvement « Nous Citoyens », elle recueillait 1,08% des voix. Depuis, l’ancienne cheffe d’entreprise a rejoint La République en Marche et est devenue députée de la IVe circonscription d’Indre-et-Loire mais a toujours l’Europe au centre de ses préoccupations, notamment en tant que présidente de la Commission des affaires européennes de l’Assemblée Nationale.

« Mon engagement politique se fait autour des 3 E » explique Sabine Thillaye. 3 E pour Europe, Ecologie et Entreprise, les trois crédos de la la députée franco-allemande. L’Europe un projet dans lequel cette Allemande, naturalisée française croit plus que quinquonque. « Le projet européen est fascinant parce que c’est un projet nouveau. C’est un espace inédit qui n’a aucune référence précédente. »

« On ne défend pas assez l’Europe » clame-t-elle avec force et conviction, consciente de la mauvaise image qu’a l’Union Européenne dans l’opinion publique, qu’elle ne comprend pas toujours. « On a tendance à nationaliser les réussites et européaniser les échecs » dénonce-t-elle en citant la libre circulation des biens et des personnes mais aussi la citoyenneté européenne. « C’est quelque chose dont on ne parle jamais pourtant cela donne de véritables droits. C’est cela que je veux mettre en avant ».

Sabine Thillaye va même plus loin et souhaite une Europe « plus politique ». « L’Euroscepticisme se nourrit des faiblesses de l’Europe. On voit qu’il y a un basculement de nos sociétés et les réponses ne peuvent être que politiques » poursuit-elle en évoquant comme piste d’évolutions : la protection des frontières, la révision des règles de concurrence, ou encore la transition écologique… Autant de sujets pour lesquels selon elle l’échelon le plus pertinent est celui européen. « Il faut aller plus loin dans la construction européenne si on veut garder notre rang à l’échelle du monde ».

Et pour faire progresser cette Union Européenne, logiquement, l’élue En Marche prône pour l’émergence d’une troisième force politique au Parlement Européen aux côtés des traditionnels PPE (Parti Populaire Européen), le groupe rassemblant les partis de droite et le S&D (Socialistes et Démocrates), le principal groupe de gauche. « Il faut un groupe européiste fort pour peser sur les choses ». La députée europhile met en garde également contre un vote souverainiste et nationaliste : «En votant pour les nationalistes, on affaiblira le poids de la France et son influence en Europe. »

Quant au déficit démocratique souvent mis en avant, Sabine Thillaye évoque « des institutions mises en place pour mieux vivre ensemble », mais reconnaît néanmoins que « les élections européennes sont toujours compliquées ». Le scrutin du 26 mai ne devrait pas faire exception à la règle.

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