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La longue descente aux enfers du Tours Football Club

La chute était malheureusement prévisible, inéluctable même. La lente descente aux enfers du Tours Football Club s’est prolongée vendredi dernier à la Vallée du Cher par une relégation en Nationale 2, synonyme de perte du statut professionnel.

Le match contre Cholet vendredi dernier n’est finalement que l’aboutissement d’un long périple pour le Tours Football Club. Toute la saison, malgré le 4e budget du championnat de Nationale 1, le TFC a en effet trainé sa peine pour exister, bien loin des intentions de remontée immédiate en Ligue 2 du début de saison. Une saison compliquée, à l’image du quotidien du club ces dernières années.

La difficile présidence de Jean-Marc Ettori

Arrivé en homme providentiel lors de son rachat du club en 2013, Jean-Marc Ettori a depuis défrayé la chronique à de nombreuses reprises, s’esseulant au fur et à mesure que ses frasques se multipliaient.

Depuis son arrivée de multiples conflits l’ont ainsi opposé à différents membres du club ou de son entourage : avec son homonyme Jean-Luc Ettori arrivé en Touraine dans le même temps pour prendre le poste de président-délégué, puis remercié, ou encore avec les entraîneurs successifs Olivier Pantaloni, Marco Simone, Fabien Mercadal, René Lobello… Conflits également avec l’Association TFC gérant la partie amatrice du club… Conflits plus ou moins latents encore selon les périodes, avec les élus locaux, coupables là encore aux yeux du bouillant président corse du TFC de ne pas soutenir le club comme il le faudrait et de se mêler de trop près de ses affaires comme il nous l’avait affirmé en interview il y a quelques années. Citons aussi des rapports conflictuels avec la presse (NR ou l’Equipe) mais aussi avec les instances nationales de football ou encore certains clubs comme Chambly cette année.

Pour défendre ses positions, Jean-Marc Ettori a un argument de poids qu’il ressort à chaque conflit larvé ou ouvert : le fait d’avoir mis de l’argent dans le club et ainsi le sauver d’un éventuel dépôt de bilan. Et si on doit lui reconnaître le fait d’assumer ses choix et d’aller au bout de ses convictions, on ne peut que regretter son manichéisme qui fait que soit on est avec lui, soit on est contre lui. Vendredi soir encore, dans les couloirs du stade, face à la presse, Jean-Marc Ettori n’a pas fait profil bas, rejetant la faute sur ses joueurs et eux-seuls, en les qualifiant de « starlettes ».

Au-delà de la personnalité du président du Tours FC, il y a surtout le manque de stabilité, pointé aujourd’hui comme raison principale de l’échec du projet et qu’on ne peut dissocier de Jean-Marc Ettori. En arrivant en 2013, l’homme d’affaires corse évoquait une montée en Ligue 1 dans les 3 ans, mais six ans plus tard, le club disparaît donc des radars du football professionnel avec une terrible impression de gâchis monumental.

Quel avenir pour le Tours FC ?

Se pose dès lors la question de l’avenir du club tourangeau. Car en repartant au niveau amateur, c’est tout le bateau ciel et noir qui est en danger.

Et puis reste la question juridique, le club va-t-il connaître un dépôt de bilan comme certains le craignent avec le risque de chuter encore plus dans les divisions du football amateur ? Impossible aujourd’hui d’y répondre, mais cela reste une possibilité, tout comme celle de voir Jean-Marc Ettori vendre la SASP dont il est propriétaire, même si le club a forcément perdu de la valeur.

Car outre le « ranking » national de l’équipe première, il y a aussi la perte du centre de formation, conséquence directe à la perte du statut professionnel. D’autant plus dommageable que celui-ci créé en 2012 avait su rapidement devenir un des meilleurs de France avec un titre en U19 en 2014 et une finale de Coupe Gambardella l’an passé. Et sans centre de formation, le Tours FC va forcément attirer moins de jeunes, préjudiciable là-encore pour son avenir.

Enfin il y a aussi la question humaine et sociale, car si les joueurs professionnels ou en centre de formation sont libres désormais de s’engager librement où ils veulent, le personnel administratif risque de subir également cette perte du statut pro, avec des potentiels licenciements.

Reste l’espoir d’une divine surprise et d’un repêchage, mais même si cela arrivait, ce ne serait finalement qu’un sursis vu l’état actuel du club. Que ce soit en National 1 ou 2, de profonds changements sont nécessaires et attendus pour repartir sur des bases plus saines… Le chantier est ouvert.

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