Un an après sa naissance, l’Union foot de Touraine aborde déjà un moment charnière. Le club a manqué de peu la montée, mais il a surtout posé, dans un contexte d’urgence, les premières fondations d’un projet appelé à s’inscrire dans la durée. Entre satisfaction sportive, dynamique populaire retrouvée et nécessité de structurer l’ensemble, Basile Riboud et Olivier Pickeu assument un même mot d’ordre : consolider avant d’accélérer.
Sur le terrain, le sentiment est partagé entre frustration et fierté. L’Union Foot Touraine a terminé tout près de son objectif, au terme d’une saison que ses dirigeants jugent largement positive au regard du contexte. « Avec du recul et de la hauteur, c’est très positif », résume Basile Riboud, qui rappelle le caractère exceptionnel de cette première campagne. Né dans des circonstances particulières, le club a dû tout mettre en place en quelques semaines, entre juillet et septembre dernier.

« On a renoué un lien de confiance »
Au-delà des résultats, cette première année a aussi servi à connecter le projet avec son territoire, tout en jonglant avec plusieurs infrastructures avant de réinvestir progressivement le stade de La Vallée du Cher pour l’équipe première. Les affluences observées, en championnat comme en Coupe de France, ont confirmé l’attente autour du club. « On a renoué un lien de confiance », souligne Basile Riboud, qui voit dans cet engouement une « première étape importante » avec les licenciés, les clubs voisins, les partenaires et les institutions. Pour les dirigeants, cette adhésion doit désormais se transformer en identité durable.
Cette phase de consolidation est au cœur du discours d’Olivier Pickeu. Arrivé pour accompagner la montée en puissance du projet, l’ancien directeur sportif d’Angers et président de Caen estime que « la base du projet est mise en place ». L’enjeu de la deuxième saison sera donc moins de repartir de zéro que de préciser l’organisation, sur les plans administratif, financier et sportif. « On ne parle pas que de résultats », insiste le manager de l’UFT, en rappelant un cap fixé à cinq ans et l’ambition de faire progresser en parallèle l’équipe première, les jeunes, la section féminine et le cécifoot.
Dans cette logique, le club va aussi faire évoluer sa gouvernance avec la création d’une société chargée de piloter l’équipe première, présidée par Basile Riboud, en parallèle de l’association qui continuera à porter l’ensemble du projet club. Cette organisation doit permettre de mieux distinguer les enjeux liés au haut niveau et ceux relevant de la formation, de la vie associative et du développement territorial. Pour les dirigeants, il s’agit d’une étape supplémentaire dans la professionnalisation du fonctionnement quotidien, sans rompre avec l’identité et les missions plus larges de la structure associative.

« On construit quelque chose de solide et sain »
Car, dans l’esprit des décideurs, le projet dépasse largement la seule équipe fanion. « Un club de foot, ce n’est pas une équipe Une, c’est un écosystème », résume Basile Riboud. L’objectif est clair : être identifié par les jeunes du territoire, structurer un projet sportif dans toutes les catégories, avancer avec méthode sans précipitation.
Les perspectives passent aussi par des choix forts sur le plan sportif. Le changement d’entraîneur de l’équipe fanion s’inscrit dans cette logique de continuité maîtrisée. Pour Olivier Pickeu, « Zakaria Tahri sera le leader du club », avec l’idée d’inscrire le travail dans le temps long et de s’appuyer sur sa connaissance du territoire pour renforcer l’encadrement. Le nouveau technicien arrive du FC Montlouis, qu’il vient de maintenir en National 2 après quatre saisons marquantes sur son banc. Âgé de 32 ans, Zakaria Tahri, également passé par Saint-Cyr-sur-Loire, apporte avec lui une solide connaissance des championnats de National 3 et National 2, ainsi qu’un profil de jeune entraîneur ambitieux que les dirigeants tourangeaux estiment en phase avec leur projet.
Cette nouvelle page ne vient pas effacer le travail accompli jusque-là. Les dirigeants tiennent au contraire à saluer le parcours d’Hervé Loubat, qui a conduit l’UFT au bord de la montée dès sa première saison d’existence et contribué à poser les bases sportives du projet.
Au moment d’ouvrir ce nouveau chapitre, l’UFT veut avancer sans brûler les étapes. Les dirigeants affichent l’ambition de jouer encore les premiers rôles, mais ils veulent surtout installer un cadre stable, cohérent et reconnu. « On construit quelque chose de solide et sain », résume Olivier Pickeu. Une formule qui dit bien l’essentiel : après l’élan de la naissance et l’intensité de la première saison, l’heure est désormais à la consolidation, avec en ligne de mire un développement durable à l’échelle du club tout entier.











