C’est une demeure discrète de l’extérieur, située le long de la rue de Cormery, à deux pas du centre ville de Saint-Avertin. Une demeure au charme réel dès qu’on franchit le portail avec une belle bâtisse en pierre, des dépendances, un parc arboré de 7 ha. Nous sommes ici au Centre d’Art du Marteau, nouveau lieu de culture dans l’agglomération tourangelle, installé dans l’ancien domicile de Léon et Martine Cligman…
Cligman est un nom bien connu à Tours puisqu’il avait un temps été question d’installer la collection familiale d’œuvres d’art – riche d’un millier de pièces – au Château de Tours avant que la mairie de la ville ne fasse marche arrière en 2017. Depuis, c’est Fontevraud qui a hérité de la possibilité de présenter ces biens au public. Dans leur ancienne demeure, on retrouve aujourd’hui un lieu ouvert aux arts, et notamment à la musique classique et au piano.
C’est ici qu’Olivia Cligman et Patrice Barletta ont décidé en effet de faire naître le Centre d’Arts du Marteau avec notamment une académie pour pianistes. « Depuis que j’ai une vingtaine d’années, je me suis dit que je créerais un centre d’art où les arts se mêleraient », raconte Olivia Cligman. « Si cela n’avait pas été ici, ce projet aurait sans doute vu le jour ailleurs. Mais ici, forcément, il prend une autre résonance »
Le Marteau, c’est d’abord une histoire familiale. Léon et Martine Cligman avaient acquis cette maison il y a environ soixante-dix ans, alors qu’elle n’était encore qu’une ruine au milieu des vignes. Année après année, ils l’ont restaurée et transformée. Ils ont planté les arbres eux-mêmes, « au hasard disaient-ils, avec cette façon de composer un paysage sans trop en avoir l’air » raconte leur fille.
Les élèves accueillis actuellement croisent les bronzes de Martine Cligman (Martine Martine) entre deux masterclass, le public s’y attarde avant un concert, certains parlent d’un cadre « inspirant ». Olivia Cligman confie que sa mère est « super heureuse » de voir le domaine prendre cette direction. Une manière, aussi, de prolonger l’histoire artistique des Cligman, après le musée d’Art moderne de Fontevraud, mais sans chercher à reproduire un modèle muséal.
La musique, elle, traverse Olivia Cligman depuis l’enfance. Le piano commence à quatre ans, puis accompagne les grandes étapes de sa vie. Avant ses plaidoiries d’avocate, elle écoutait de la musique dans ses écouteurs. Devenue juge, elle écrivait ses jugements en musique. Mais le souvenir fondateur reste celui de la Grange de Meslay, où son père l’emmenait chaque année. Elle attendait le festival avec impatience, y découvrait les grands musiciens, constituait des bibliothèques de vinyles et de catalogues. Parmi toutes ces rencontres, Sviatoslav Richter a laissé une empreinte durable.
Le clin d’œil est assumé. La salle de concert s’appelle la Grange du Marteau. Ici, l’ambition est de créer un espace intimiste, simple, convivial. Patrice Barletta insiste sur cette dimension humaine. Il veut un endroit accueillant, où professeurs, élèves et spectateurs puissent se rencontrer sans solennité excessive.
Actuellement le Centre d’Arts du Marteau accueille donc l’Académie Richter, en partenariat avec la Fondation Sviatoslav Richter à Moscou. Du 14 juillet au 1er août 2026, des masterclass et concerts ouverts au public réunissent des pianistes et pédagogues de premier plan, parmi lesquels Rena Shereshevskaya, Anne Queffélec, François-Frédéric Guy, Florent Boffard ou encore Mathilde Carré.
Dans la maison, huit pianos à queue sont répartis entre les pièces et les dépendances. Les masterclass rassemblent de trois à cinq élèves, dans un format qui préserve l’écoute et la concentration. D’autres stages doivent suivre, notamment avec Mathilde Carré ou Anna Petron, et une journée gratuite a même été organisée avec des enfants. « Faire des masterclass, c’est de la transmission », résume Olivia Cligman.

Reste que le Centre d’Arts du Marteau ne veut pas se réduire à une académie. Olivia Cligman et Patrice Barletta parlent déjà de résidences, d’expositions, de rencontres avec des artistes, de projets à inventer au fil des saisons. La programmation 2027 et 2028 est en réflexion. Plusieurs événements pourraient jalonner l’année. « On a plein d’idées, mais ce sont les rencontres qui feront les choses », glisse Patrice Barletta. Autrement dit, rien n’est figé. Le lieu avance avec ceux qui viendront l’habiter.
Plus d’infos sur https://www.centredartsdumarteau.fr










