Comment se préparent nos sportifs tourangeaux cet été ?

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Nouveauté sur 37 degrés : nous sommes fiers de nouer un partenariat avec l’association Les Cafés du Sport Tourangeau pour la saison 2025-2026. Régulièrement nous publierons des articles réalisés par ses équipes : interviews, analyses ou reportages avec les figures tourangelles mais aussi des articles autour des enjeux sociétaux du sport dans le département d’Indre-et-Loire. Aujourd’hui, long format sur la reprise de la saison et la préparation estivale…

Pour les sportifs de haut niveau, la coupure estivale ne ressemble pas à celle de tout un chacun. Si une coupure est plus que nécessaire pour recharger les batteries, il l’est tout autant d’entretenir cet outil de travail que représente le corps. Difficiles équilibres à trouver, que nous décryptent entraîneurs et préparateurs physiques du TVB, des Remparts, du CTHB et du TMB.  

Pour certains clubs et athlètes tourangeaux, la saison s’est arrêtée en mars (Remparts), pour d’autres en mai (TMB). La reprise des compétitions est prévue entre la fin août (CTHB) et début octobre (TVB). Entre-temps ? Des vacances, du repos, mais pas seulement : les sportives et les sportifs de haut niveau doivent se soumettre à un entretien physique nécessaire pour préparer au mieux leur retour sur les parquets, sur la glace…

Pour ce faire, ils sont accompagnés. Suivis de près, même. On a en tête cette conférence de presse de présentation d’Earvin Ngapeth le 21 mai dernier. À une question posée sur la gestion de cette longue intersaison, l’international français, double champion olympique, qui a écourté sa saison en Turquie (fin mars), a été limpide : « j’ai repris début mai, tout seul, et je mettrai tout en œuvre pour être prêt à la reprise de l’entraînement collectif en août ; d’autant que pour la première fois depuis 2010, j’ai renoncé à l’équipe de France cet été».

Earvin Ngapeth a rejoint le TVB

Des saisons courtes et denses, au volley et au hockey

Une équipe de France, justement, qu’il souhaite mener jusqu’aux JO 2028 à Los Angeles, l’année de ses 37 ans. L’une des raisons pour laquelle il est revenu en Touraine, ce sont les retrouvailles avec un environnement qui peut le maintenir dans un état physique lui permettant de prétendre à ces Jeux (et à une éventuelle troisième médaille d’or). Le staff médical et technique tourangeau le connaît parfaitement et va réaliser un travail de haute précision avec lui…

« Cela a déjà commencé, affirme Thomas Soulié, préparateur physique du club. Il a d’abord fallu qu’il voit autre chose, qu’il prenne l’air, pour la première fois sur une aussi longue période. Désormais, nous travaillons à distance, j’adapte régulièrement son travail selon le matériel qu’il a disposition et son état de forme, et je suis en lien avec les deux kinés qu’il voit sur place (…) Earvin est un cas à part : un joueur de 35 ans qui a eu quelques pépins ces dernières années, qui a compris que s’il ne bossait pas physiquement, il ne verrait pas Los Angeles. L’avantage, c’est qu’il se connaît bien. Mais on s’adaptera sans cesse… »

Thomas Soulié

Et pour les autres ? Le volley est « un sport un peu à part », selon Thomas Soulié, qui précise : « il est davantage question d’habileté et de précision que de préparation physique. D’autant que les saisons (en club) sont assez courtes : à partir du moment où l’on démarre, cela dure 7 ou 8 mois en quasi non-stop. Surtout pour le TVB qui joue la Coupe d’Europe. Donc on ne peut travailler physiquement durant la saison, on axe davantage sur la récupération entre les matchs.»

Des saisons courtes et ramassées, c’est également le cas pour les hockeyeurs des Remparts de Tours, dont Thomas Soulié assure également la préparation physique. Là aussi, les joueurs sont partis en fin de saison avec des programmes individualisés, des devoirs de vacances en quelque sorte ; avant de retrouver la glace tardivement, fin août pour l’entraînement collectif, et mi-septembre pour la reprise de la compétition. D’où l’importance d’être prêt le jour où il faut rechausser les patins.

« Pour le hockey-sur-glace, il est question de chocs et de volume, poursuit le préparateur physique, par ailleurs ancien rugbyman. Il y a des similitudes entre les deux sports : beaucoup de courses courtes et de changements de direction. Des tests ont montré que les performances physiques de nos hockeyeurs se rapprochaient de celles de joueurs du Top 14 de rugby.»

Là aussi, avec des saisons courtes et denses, le travail de développement doit se réaliser en cette période de reprise. « Mon objectif, c’est qu’ils arrivent tous au même niveau physique à trois semaines du début de la compétition. Là, on travaillera l’aérobie, les enchaînements de cardios très courts, l’explosivité… Et l’on passera du général au spécifique, poste par poste, assez rapidement, surtout au hockey. »  

Adaptation permanente

Tout ce travail de préparation physique s’inscrit dans un cadre général, souvent défini par l’entraîneur. « On adapte notre travail évidemment à ce que souhaite le coach, à ses orientations ou encore au calendrier de début de saison, poursuit Thomas Soulié. Nous restons au service du coach. Et Stéphane Gros fait partie de cette génération très au fait, consciente que la préparation est primordiale, mais qu’il faut l’adapter sans cesse. Et parfois, selon le calendrier de l’équipe, la typologie des adversaires, on continue à bosser physiquement le premier mois de compétition.»

L’étroite relation avec l’entraîneur, c’est celle qu’a réussi à construire Claire Longomba (qui a fondé la structure Melting forme avec Thomas Soulié en 2017) et Camille Comte, le coach du Chambray Touraine handball. Les deux sont arrivés au même moment, il y a un an, et ont pu affiner ensemble leur relation. Utile, au moment de préparer cette nouvelle intersaison…

« Notre saison a été longue, la fin très sollicitante, nous avons été sous pression jusqu’au bout pour récupérer notre 3e place. Malgré quelques pépins physiques, on a fini forts, on a tout donné», rembobine l’entraîneur chambraisien. De ce constat, après discussion avec Claire Longomba et les cadres de l’équipe, il a pris la décision de décaler d’une semaine la date de reprise. « Je ne le regrette pas du tout, les joueuses sont revenues le 13 juillet avec beaucoup de jus et une vraie fraîcheur mentale. »

Camille Comte Et Claire Longomba

Autre donnée prise en considération par le staff : cette année, la formule change, avec deux équipes en moins dans le championnat, mais l’introduction de play-offs en fin de saison. « Ce qui donne potentiellement plus de matchs et, surtout, moins de petites équipes, un championnat plus homogène et donc théoriquement, des matchs plus serrés et plus intenses. Il faudra donc être frais au printemps, malgré deux matchs de Coupe d’Europe en plus cet hiver»

C’est là que la préparatrice physique adapte son travail. « Nous vivons une période importante, celle du travail de fond. Avec notamment, dans un deuxième temps, un travail sur l’explosivité, la puissance et la capacité à répéter des efforts à haute intensité. Ensuite, avec quasiment deux matchs par semaine, on fera simplement du microdosing. Même si les joueuses ont hâte de reprendre le championnat le 29 août, elles ne rechignent pas. Elles savent très bien pourquoi elles travaillent aujourd’hui, on s’est fixé des objectifs… »

Une période déterminante

Camille Conte sait l’importance de cette période. « Pour moi, le résultat d’une saison se joue à 80 % sur cette période, sur la qualité du travail foncier pour vite rentrer dans la compétition et tenir le rythme toute la saison. L’an dernier, nous avons égaré quelques points en route en septembre et octobre ; mais je pense que là, avec un effectif stable (trois départs, deux arrivées) et un staff qui a appris à se connaître et à travailler ensemble, on a gagné un temps précieux.» Et Claire Longomba d’appuyer : « il y a une vraie cohésion dans ce groupe et une belle dynamique de travail. »

Moatassim Rhennam

Une stabilité dont ne va pas pouvoir bénéficier Moatassim Rhennam, coach du Tours Métropole basket. En effet, la saison réussie (qualifications en play-offs et qualité de jeu unanimement saluée) a attisé les convoitises. Résultat, comme l’an dernier à pareille époque, l’effectif a été renouvelé à 80 %. « La question était donc de savoir comment ne pas prendre trop de retard par rapport aux équipes qui sont dans la continuité, amorce le coach tourangeau. Dès que nous avons trouvé un accord contractuel avec chaque joueur, nous avons commencé à échanger avec eux, pour savoir précisément où ils en étaient et quels programmes nous pouvions déjà mettre en place, en gérant notamment les éventuels pépins physiques.»

Sachant que le jeu prôné par le coach tourangeau est très exigeant, cette période de préparation physique est donc cruciale. « Les joueurs savent ce qu’on attend d’eux sur le plan du jeu, ce que cela implique et le travail à effectuer cet été pour arriver en forme le plus tôt possible. L’objectif est de perdre le moins de temps à la reprise. Mais je pense que, dans l’ensemble, le groupe est encore plus jeune que l’année dernière et qu’il est demandeur.»

La reprise de l’entraînement est fixée au 1er août, le premier match officiel le 13 septembre (Coupe de France) et la reprise du championnat le 18 septembre. « Tous mes joueurs n’ont pas terminé leur saison au même moment. Certains ont eu une saison très longue, avec un parcours en play-offs, d’autres sont même partis jouer en sélection cet été. Notre préparateur physique et moi-même avons beaucoup échangé avec chacun durant cette période (…) On va d’abord évaluer l’état des troupes avant de vraiment les remettre en action, pour ne pas faire d’impair. Les tests physiques vont aussi nous donner des repères, pour voir si les gars ont vraiment travaillé ou s’ils sont un peu rouillés. S’ils le sont, on réduira le braquet pour les amener progressivement là où on veut. On aura donc environ trois jours d’évaluation, avant de vraiment lancer la machine. »

« Chaque athlète doit être acteur de sa performance » 

Handballeuses, volleyeurs, hockeyeurs, basketteurs, mais aussi footballeurs et rugbymen : toutes les équipes tourangelles de haut niveau sont donc déjà au travail depuis plusieurs semaines. Après s’être entretenus individuellement, mais aussi après avoir fait le vide…

« Pour ceux qui ont eu une saison très longue, il faut au moins huit jours de coupure complète», estime Moatassim Rhennam. De son côté Camille Comte estime que «à la différence de monsieur et madame tout le monde, leur corps est leur outil de travail» et que, « pour réguler la bobologie, souvent avec de la kiné, et ne pas les mettre en danger à la reprise», il est nécessaire de l’entretenir, ne serait-ce qu’un peu, pendant ces quelques semaines d’intersaison. « Et les sportifs de haut niveau aiment bien être actifs pendant leurs vacances…»

Du côté des préparateurs physiques Claire Longomba et Thomas Soulié, on estime que cette période d’intersaison est nécessaire « pour lâcher, se reposer, même si les sportifs ne veulent pas tout couper tout de suite». Mais à leurs yeux, il est nécessaire que « le corps et l’esprit se régénèrent ». Et tous s’accordent à dire que le contrôle n’est pas nécessaire en cette période, qu’ils ont entièrement confiance en leurs athlètes. « On est à leur disposition pour les aider à maintenir la forme. C’est dans leur intérêt de s’entretenir, pour ne pas se blesser et être performant rapidement et dans la durée. Chaque athlète doit être acteur de sa performance. » 

Le CTHB en pleine péparation

Un degré en plus

Et la canicule, dans tout ça?

Cet été plus que les précédents, coachs et préparateurs ont dû composer avec les épisodes successifs de fortes chaleurs en juin et en juillet. Comment se sont-ils adaptés ? Quels discours ont-ils tenus aux athlètes ?

« Les jours de très forte chaleur, nous avons évidemment conseillé aux joueurs du TVB et des Remparts, lorsqu’ils étaient seuls, de ne faire que du travail de basse intensité si leurs salles n’étaient pas climatisées », relate Thomas Soulié. « Mais se préparer physiquement sous la chaleur, ça booste à la fois la récupération et la performance ; contrairement à l’altitude, le bénéfice du travail est plus durable. Maintenant, il faut faire attention, d’autant que quand il fait trop chaud, on dort beaucoup moins bien.»

De son côté, Moatassim Rhennam ne sortira pas ses basketteurs en extérieur, surtout si les fortes chaleurs persistent. « C’est un parti pris par rapport à l’été qu’on est en train de passer : tout se fera à l’intérieur, notamment le travail foncier. On va aussi réduire un peu les charges pour ne pas trop solliciter les organismes et éviter d’être cramés au bout de quinze jours.»

« Nous sommes hyper vigilants, explique de son côté Claire Longomba. Mais nous n’avons pas trop souffert à la Fontaine-Blanche jusqu’ici. Et nous ne sortions du gymnase que quand le thermomètre restera raisonnable.» Le CTHB espérait que ses deux stages de cohésion et de préparation dans le Massif central et en Corrèze lui apporteront un peu de fraîcheur… 

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