Violences du 17 octobre : en Touraine, les élus s’opposent sur les responsabilités

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Deux jours après les pillages et dégradations qui ont émaillé la mobilisation contre la vie chère, les élus de Tours et de Joué-lès-Tours se sont rassemblés devant leurs mairies. Derrière l’unité affichée, les lignes de fracture se dessinent déjà, à l’approche de la présidentielle.

Ce lundi 19 octobre à midi, l’appel de l’Association des maires de France a réuni au moins 300 personnes dans la cour de l’hôtel de ville de Tours et une centaine devant celui de Joué-lès-Tours. Applaudissements pour les forces de l’ordre et les secours, Marseillaise… le registre était résolument républicain.

Tous condamnent. Mais chacun choisit ses mots. Le maire écologiste de Tours, Emmanuel Denis, dénonce des violences « d’une gravité exceptionnelle » tout en refusant « l’amalgame » entre casseurs et « milliers de citoyens mobilisés pacifiquement », et demande que la parole des « 10 à 15 000 manifestants » soit « entendue et respectée ». Une ligne de crête que la droite lui reproche. « Je lui demande de lever les ambiguïtés. Je ne le sens pas aux côtés des forces de police », lance Thibault Coulon (LR), qui regrette que le maire n’ait pas relayé le texte exact de l’appel de l’AMF. L’élue RN-UDR Céline Ballesteros va plus loin et réclame sa démission, quand le conseiller municipal et départemental LR Olivier Lebreton accuse « l’extrême gauche et leurs alliés » d’avoir « semé le vent ».

À Joué-lès-Tours, le maire divers-droite Frédéric Augis « soutient les forces de l’ordre » et juge qu’aucune lutte ne justifie de détruire commerces et bâtiments. Il distingue ceux qui portent « des revendications légitimes » de ceux qui « en veulent aux symboles de l’État ». Au centre, le député Renaissance Daniel Labaronne refuse que le droit de manifester soit « détourné par ceux qui choisissent la violence », tandis que l’ancien élu municipal de Tours Benoist Pierre résume : « Le droit de manifester n’est pas le droit de piller. »

Une réponse politique attendue…

Face à eux, l’élu insoumis jocondien Romain Fredon déplore des violences qui ont « terni le message initial », mais désigne un premier responsable : Emmanuel Macron et ses « violences institutionnelles ». Il pointe aussi les lacunes du maintien de l’ordre et voit dans les 12 000 manifestants tourangeaux, le prolongement des Gilets jaunes, de la bataille des retraites ou de la colère des pompiers : « On a des corps de métier, des groupes sociaux qui sont vraiment à bout et ce 17 octobre a été une réunion de toutes ces colères ».

Ces lectures des événements diffèrent sur les priorités : à droite la lecture est centrée sur l’ordre public et l’autorité, à gauche sur la colère sociale et la responsabilité du gouvernement. Toutes deux convergent néanmoins sur un point : la réponse ne peut être que politique :  « Il y aura des élections présidentielles où on décidera de la suite de ce pays, la démocratie est la réponse à tout cela », rappelle Frédéric Augis. Romain Fredon abonde, tout en étant plus direct : « L’opportunité pour nous, c’est 2027, avec le vote Jean-Luc Mélenchon »

En attendant, l’urgence est économique. Une réunion de crise était prévue lundi à 14 h en mairie de Tours avec les acteurs économiques, un guichet unique est à l’étude et l’adjoint au commerce de Tours Iman Manzari évoque de possibles aides de la Métropole ou de la Région. Les commerçants de la rue de Bordeaux appellent, eux, à une chaîne de solidarité mardi à 14 h…

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