Cartables, retrouvailles et nouveaux repères : ce mardi 1er septembre, les écoles de Tours ont retrouvé leur agitation habituelle. La rentrée 2026 se fait avec des effectifs légèrement en baisse à l’échelle de la ville, mais aussi avec un changement spectaculaire au Sanitas, où les élèves de Claude-Bernard découvrent un établissement entièrement reconstruit.
Ils sont environ 8 800 à reprendre place dans les écoles tourangelles. La ville enregistre une petite baisse, de l’ordre de 70 élèves, mais la tendance ne se répartit pas uniformément : l’hypercentre recule tandis que le nord de Tours gagne des enfants.
Pour la municipalité, cette rentrée sert aussi de vitrine au programme de rénovation des écoles. À Giraudoux, l’isolation par l’extérieur se poursuit. Dans plusieurs cantines, l’ergonomie et le mobilier évoluent. La chaleur reste un fil rouge : en attendant les grandes rénovations, la Ville veut multiplier les réponses rapides, notamment les brasseurs d’air, en lien avec Tours Métropole.
Claude-Bernard, la rentrée dans une école neuve
Le symbole le plus visible se trouve rue Raspail, au Sanitas. Après un chantier mené en site occupé, la nouvelle école élémentaire Claude-Bernard accueille ses premiers élèves. Ils sont 237, du CP au CM2, répartis cette année dans 13 classes. À terme, le bâtiment pourra en recevoir 15, avec huit salles conçues pour les dédoublements, notamment en CP et CE1. L’établissement dépasse 2 000 m² et tranche franchement avec l’ancien bâtiment des années 1960, devenu vétuste, énergivore et difficile à supporter pendant les épisodes de forte chaleur.
À l’intérieur, les espaces ont été pensés pour varier les façons d’apprendre : cloisons amovibles, bibliothèque-centre documentaire, unité ULIS et deux salles destinées au RASED. Une salle polyvalente d’environ 250 m², dotée d’une entrée indépendante, pourra aussi être utilisée par les associations du quartier en dehors du temps scolaire.

Dehors, deux ambiances se partagent la cour : un espace calme et végétalisé, pensé comme un îlot de fraîcheur, et une zone plus dégagée pour courir et jouer. Ce dernier espace sera disponible en fin d’année 2026, une fois les anciens bâtiments détruits. Sur le toit, une cour haute doit accueillir des temps calmes et des séances de « classe dehors ». Elle manque encore d’ombre, mais un voilage est annoncé pour mieux la protéger du soleil.
Le bâtiment revendique enfin une conception sobre : ossature bois, isolation en paille, liège et laine de bois, briques de terre crue, ventilation double-flux et raccordement au réseau de chaleur urbain. Une hyperventilation nocturne doit évacuer la chaleur accumulée avant l’arrivée des enfants. Un choix très concret à l’heure où les canicules pèsent de plus en plus sur la vie scolaire.
L’opération représente environ 10,5 millions d’euros selon la municipalité, avec des financements de l’État, de l’ANRU, de la Région, de la Métropole, de la CAF et de la Ville.
Une rentrée qui prépare déjà les suivantes
Claude-Bernard n’est pas un chantier isolé. La Ville poursuit son programme « écoles en transition » tout en adaptant les bâtiments qui ne seront pas rénovés immédiatement, indique le maire de Tours, Emmanuel Denis, lors d’un point presse organisé dans la nouvelle école, en compagnie de Pierre-Alain Chiffre, le directeur académique. Les prochaines livraisons annoncées concernent notamment Rimbaud à l’horizon d’un an et Suzanne-Kleiber deux ans plus tard. Marie-Curie doit suivre à plus long terme, avec une inauguration envisagée en 2030.
Autre axe mis en avant : la « ville à hauteur d’enfants », qui vise des abords d’écoles plus sûrs et des cours moins minérales. À Claude-Bernard, la future transformation de la rue Raspail en espace apaisé doit prolonger cette logique au-delà du portail.









