François Bonneau place la formation, les lycées et le climat au cœur de la rentrée régionale
Lors de sa conférence de presse de rentrée, tenue mardi 25 août à Rochecorbon, le président de la Région Centre-Val de Loire a détaillé les priorités des prochains mois. Face aux coupes annoncées par l’État et à l’accélération du changement climatique, François Bonneau entend préserver un cap fondé sur la formation, l’égalité des chances, l’adaptation des services publics et la transition écologique.
Dans un contexte budgétaire et démographique qu’il juge préoccupant, François Bonneau a tenu sa conférence de presse de rentrée en cette fin août. Le président socialiste du Centre-Val de Loire a notamment dénoncé la baisse des financements nationaux consacrés à l’apprentissage et à la formation des demandeurs d’emploi. Il redoute des fermetures de sections, voire la fragilisation de certains centres de formation d’apprentis, en particulier dans les territoires ruraux. À ses yeux, réduire ces moyens revient à creuser les déséquilibres territoriaux au moment même où les compétences deviennent déterminantes pour l’emploi et l’avenir économique régional.
Les lycées comme levier d’égalité
Le deuxième axe de cette rentrée concerne les lycées, présentés comme des « lieux de l’égalité des chances ». Alors que la région pourrait compter 25 % de lycéens en moins d’ici dix ans, l’exécutif veut adapter ses politiques sans renoncer à l’accompagnement des jeunes. Pour les séjours scolaires en Europe, une tarification progressive doit remplacer l’aide uniforme : la participation régionale pourra atteindre 250 euros pour les élèves qui en ont le plus besoin, contre 80 euros pour les familles disposant de davantage de moyens. Le coût moyen d’un séjour est estimé entre 500 et 600 euros par élève.
La Région souhaite également généraliser les budgets participatifs dans les établissements afin que les lycéens puissent porter leurs propres projets. Chaque lycée volontaire pourra recevoir 6 000 euros en fonctionnement et 12 000 euros en investissement. Si tous les établissements sollicitaient le dispositif, l’enveloppe atteindrait 1,8 million d’euros ; l’exécutif anticipe toutefois une trentaine de candidatures dès cette année. À cela s’ajoutent 2,4 millions d’euros supplémentaires pour le dispositif « Ma Région au lycée ».
Après un été marqué par les fortes chaleurs, François Bonneau veut accélérer l’adaptation du bâti scolaire. Trente-trois cours de lycée sur une centaine ont déjà été végétalisées ; l’objectif affiché est de les transformer toutes d’ici 2030. Une enveloppe de 5 millions d’euros doit financer des diagnostics et des mesures de lutte contre le réchauffement climatique, contre 1,5 million d’euros jusqu’à présent.
Par ailleurs, la tarification sociale des restaurants scolaires, jusqu’alors en expérimentation, doit désormais être généralisée, tout comme la réservation préalable des repas afin de limiter le gaspillage. L’exécutif régional met aussi en avant la part des produits locaux dans les assiettes, annoncée à 33 %. Pour contenir les dépenses face à l’augmentation du prix des matières premières, le président régional incite au développement des groupements d’achat entre lycées.
Mobilités rurales, santé et tourisme : des politiques à ajuster
Les mobilités restent, selon François Bonneau, « au cœur de la politique régionale de transition environnementale ». La Région poursuit notamment le déploiement de voitures électriques en autopartage dans les zones rurales : 160 véhicules doivent couvrir 127 intercommunalités. L’objectif est d’apporter une solution concrète dans les secteurs où l’offre de transports collectifs demeure limitée.
Sur la santé, le président régional défend le bilan des centres de santé portés par la collectivité, qui permettraient à 20 000 habitants d’avoir accès à un médecin. Dans le tourisme, après une fréquentation estivale en recul, il souhaite adapter l’offre aux effets du changement climatique et mieux l’étaler sur l’ensemble de l’année. Les rendez-vous culturels autour de Calder et d’Ernst, ainsi que le festival Artchipel, sont cités comme des temps forts susceptibles d’accompagner cette diversification.









