Municipales 2026 en Touraine : la mutuelle communale, nouvel atout social des programmes

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Dans les programmes des listes candidates aux élections municipales des 15 et 22 mars on voit des promesses de rénovations d’équipements publics, de renforcement de la sécurité, de développement de la démocratie participative… Et puis, de plus en plus, l’envie d’instaurer une mutuelle communale. De quoi s’agit-il exactement ? On fait le point.

La santé fait partie des grands enjeux des élections municipales 2026 en Indre-et-Loire. Grâce à la fac de médecine de Tours, le département ne s’en sort pas trop mal sur le volet de la présence médicale mais de fortes carences demeurent, y compris dans l’agglomération puisqu’il a fallu recruter des médecins salariés à St-Pierre-des-Corps ou Tours dans le but de résoudre des problèmes de déserts médicaux. La recherche de nouveaux médecins et le développement de maisons de santé font donc assez naturellement partie de nombreux programmes en vue du scrutin des 15 et 22 mars. Mais une autre proposition se démarque : la volonté de créer des mutuelles communales.

Première particularité : cette idée semble assez transpartisane. A Tours, elle est aussi bien défendue par le maire sortant Emmanuel Denis (Union de la Gauche) que par Christophe Bouchet (Union de la Droite et du Centre) ou Marie Quinton (La France Insoumise). On la retrouve aussi, entre autres, chez Lucas Janer, le challenger du maire socialiste de Ballan-Miré Thierry Chailloux.

La mutuelle communale « permettra à celles et ceux qui sont aujourd’hui isolés, précaires ou mal couverts de retrouver une protection santé adaptée et accessible » promet la liste Tours Inspire d’Emmanuel Denis. Elle « constitue une réponse possible [à la hausse des prix des complémentaires santé], dans un cadre juridique strict et bien défini » complète l’équipe de Tours pour Tous avec Christophe Bouchet.

Concrètement, de quoi s’agit-il ? Déjà, une précision : ce n’est pas la mairie de Tours ou de Ballan qui va rembourser ce que ne prend pas en charge l’Assurance Maladie. Sa seule compétence est de négocier des contrats avantageux avec des complémentaires santé. Un tarif de groupe, en somme. Un peu comme quand l’UFC Que Choisir vous propose des prix pour le gaz via des contrats négociés avec les fournisseurs.

« Les contrats restent individuels, mais les tarifs sont négociés sur la base du potentiel démographique local » précise encore le programme de Christophe Bouchet. Techniquement ça ne coûte donc rien à la municipalité, hormis le temps des agents pour échanger avec les organismes. Sur ce point, la France Insoumise et Marie Quinton soulignent l’importance de la « transparence » dans le choix des acteurs, point de vigilance également relevé par Tours pour Tous.

Le procédé existe déjà ailleurs. Par exemple, en région parisienne, la ville de Chelles a signé une convention avec la Mutuelle Prévoyance Interprofessionnelle. « Cette initiative vise à proposer une complémentaire santé à tarifs négociés, accessible aux habitants et aux professionnels » explique le site de la municipalité. L’ouverture aux entreprises est importante car, aujourd’hui, de plus en plus de salariés sont couverts via leur employeur qui a obligation de leur proposer une solution de ce type.

Néanmoins, l’idée de la mutuelle communale reste avant tout de pouvoir ouvrir la complémentaire santé aux publics qui en sont éloignés ou pour qui le coût est trop élevé. A Chelles, 5 niveaux de couverture sont proposés « à partir de 42,69 € par mois pour un adulte et 21,29 € pour un enfant (gratuit à partir du 3ᵉ enfant) ». A Avignon, c’est un partenariat avec la Mutuelle Familiale qui a été noué pour « garantir une offre accessible sans droit d’entrée, sans délai de carence, sans questionnaire de santé, sans limite d’âge, sans condition de ressources et avec la possibilité de paiements mensuels » avec compatibilité au tiers payant ou des remboursements garantis en 72h.

En fonction des résultats des Municipales 2026, le concept pourrait donc se développer en Touraine où il est aujourd’hui assez confidentiel. On le trouve tout de même à Montbazon ou Bléré « pour les habitants, commerçants, artisans, agriculteurs ou personnes exerçant une profession libérale » précise la mairie du Val de Cher. La Riche a engagé le processus en 2025 avec un appel aux mutuelles intéressées pour déposer un dossier. Un point important : les sociétés ne candidatent que si elles y voient leur intérêt commercial.

Tout l’enjeu réside donc dans la capacité à garantir un certain nombre de signatures via la communication autour du dispositif. A Toulouse, 2 ans après la mise en place d’une mutuelle municipale, 3 000 personnes étaient couvertes selon un article de La Dépêche, et – selon Radio France – pas loin de 5 000 à Montreuil, en région parisienne, également début 2024.

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