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Le projet de téléphérique refait surface à Tour(s) Plus.

L’idée était sortie des cartons de la liste écologiste aux dernières élections municipales de Tours. A l’époque l’idée de relier les gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps par un transport aérien par câble de type téléphérique avait suscité railleries et moqueries de la part d’une partie de la classe politique. Pourtant trois ans plus tard, cette idée pourrait bien ressortir des cartons du côté de Tour(s) Plus…

Le problème des liaisons des deux gares

Le problème est connu, l’existence des deux gares de l’agglomération oblige à jongler pour couvrir l’ensemble des dessertes ferroviaires de l’agglomération. Une dualité qui ne pose pas de problème tant que les correspondances entre les deux pôles sont régulières. Or, alors que ces liaisons ont été longtemps assurées par des navettes dédiées, les fameux “ptits gris” au charme désuet, ces derniers ont été retirés fin 2011. Depuis les correspondances entre les deux gares sont assurés bon gré mal gré par des trains du réseau classique, engendrant au passage de nombreuses complications : Difficulté pour s’y retrouver et correspondances aléatoires et non régulières. Un problème qui semble être dans l’impasse depuis plusieurs années malgré l’avis unanime que la situation doit évoluer.

Un groupe de travail mené par la CFDT avait bien proposé un projet fin 2014, mais pour le moment rester lettre morte. Dans ce projet, chiffré entre 10 et 15 millions d’euros, il est proposé de se servir de la voie la plus à l’est de la gare de Tours actuellement inutilisée. A partir du pont enjambant la rue Jolivet, une nouvelle voie serait à construire pour relier la gare de Saint-Pierre-des-Corps avec un point de complication sous le pont de l’autoroute en raison de l’étroitesse des lieux qui contraindrait à modifier l’ouvrage d’art, engendrant un surcoût important. C’est là que le bat blesse car aujourd’hui la SNCF ne semble pas encline à réaliser des travaux de cet ordre avec le prix qui en découle pour une liaison inter-gares guère prioritaire dans sa stratégie de développement.

Et le projet de téléphérique refait surface.

Le rétablissement d’une liaison régulière aurait pourtant une double utilité avec d’un côté pour les voyageurs de la SNCF devant se déplacer d’une gare à l’autre pour les correspondances, mais aussi pour les habitants de l’agglomération avec un rôle de transport urbain. Sans volonté de la SNCF le projet de navette ferroviaire étant impossible, c’est dans ce cadre que le projet de liaison aérienne par câble de type télécabines a refait surface ces dernières semaines. Pour l’instant à l’état d’idée, ce projet est encore loin d’être fait mais comme le signalait la NR il y a peu, une délégation de Tour(s) Plus se rendra à Brest cet été pour visiter le projet de téléphérique qui doit ouvrir en cette fin d’année.

Point lexique : Le terme téléphérique est employé dans cet article dans son sens générique qui signifie transport aérien par câble qui sont de deux types :

▪ Le téléphérique appelé aussi tramway aérien qui comporte deux cabines non détachables des câbles.. Les cabines arrivent simultanément aux arrêts opposés et font des allers-retours entre les deux stations.

▪ Les télécabines ou “oeufs” peuvent tourner ou s’arrêter à des arrêts intermédiaires. Plusieurs télécabines peuvent fonctionner simultanément sur la ligne. C’est ce modèle qui est privilégié dans les projets urbains.

Le téléphérique ou transport par câble aérien, séduit de plus en plus de villes françaises ces derniers temps : Brest mais aussi Toulouse ou même Orléans dont le projet de relier le nouveau quartier Interives à la gare de Fleury, en franchissant un réseau ferré devrait voir le jour à l’horizon 2019. Pourquoi un tel succès ? Le téléphérique a quelques atouts non négligeables : il n’empiète pas sur la voirie, permet le franchissement d’obstacles tels que des ponts, voies ferrées, rivières… Egalement Transport propre puisque sans émission de CO2, il est par ailleurs assez simple à mettre en place puisque n’entrainant pas de détournement de réseaux, de destruction de voierie, etc… Enfin dernier atout non négligeable : son coût jugé abordable. Ainsi selon certains spécialistes le téléphérique coûterait par exemple quatre fois moins cher qu’un tramway au kilomètre.

Une législation assouplie.

Autant d’éléments qui font de plus en plus réfléchir les collectivités dans leurs stratégies de plans de transports. Un coup de pouce est par ailleurs venu du gouvernement ces derniers mois. En effet la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, impulsée par Ségolène Royal, prévoyait de faciliter les projets de transport urbain par câble. Ainsi depuis février 2016 est supprimée l’interdiction de tout survol d’habitation, préalablement en vigueur et qui obligeait les mairies à exproprier les habitants sur le passage du projet, avec tous les recours juridiques qui vont avec et que les collectivités n’étaient pas certaines de gagner, les projets de téléphériques n’entrant pas dans la catégorie des projets d’utilité publique. Dorénavant, la législation s’est assouplie et a mis en place le principe de servitudes d’utilité publique (SUP) de libre survol si ce dernier est supérieur à 10 mètres du sol et moyennant indemnités. De plus, l’Etat aide également financièrement les projets actuels en construction. Une évolution qui va donc dans le sens d’un développement de ce type de projets en milieu urbain à l’avenir.

Un projet gare de Tours – gare de Saint-Pierre-des-Corps – Parc des Expositions.

C’est dans ce contexte que le projet de téléphérique tourangeau revoit le jour. Pour le moment à l’état d’idée, le projet est encore loin d’être ficelé, aucune étude sérieuse n’ayant été mené. Pour autant, celle-ci murit déjà dans les esprits de certains élus de Tour(s) Plus dont Philippe Briand en personne. Et si les élus restent pour le moment discrets sur ce projet à l’état embryonnaire, ils ne souhaiteraient pas selon nos informations limiter la liaison aux seules deux gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps puisque un terminus serait envisagé sur le parking du parc des Expositions afin de desservir la zone de Rochepinard et ses infrastructures commerciales, sportives et de loisirs. Histoire de faire de ce moyen de transports, un véritable projet structurant. En lieu et place d’une deuxième ligne de tramway à l’Est l’agglomération ?

Crédits photos :  téléphérique de Grenoble. Photo sous creative Commons

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