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[HistLoire] Les cités ouvrières de Tours

HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, replongeons nous dans l’histoire des cites ouvrières de Tours.

Si la cité Mame est la seule réelle cité-ouvrière de Tours, au sens premier du terme, c’est à dire dans une logique paternaliste,  un ensemble concentré d’habitations ouvrières, financé par un patron à destination des ouvriers de son usine et à leur famille, l’office public des HBM (habitations bon marché), l’ancêtre des offices HLM, a édifié plusieurs cités-jardins dans les années 1920 et 1930 destinées aux ouvriers.

La cité des Bords de Loire

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La cité des bords de Loire (1926-1930) construite par Hector Caignart de Mailly, est celle qui ressemble le plus a une cité ouvrière avec un plan en carré, des habitations placées autour d’une place centrale et des jardins à l’arrière. Très ressemblante à la cité Mame, cet ensemble regroupe 93 logements mais seulement 21 pavillons individuels. Comme la première elle est par contre refermée sur elle-même, sentiment renforcé par les murets et le pavillon qui marquent son entrée du côté des bords de Loire.

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Les cités Jolivet et Beaujardin

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Les cités construites par Marcel Boille (entre 1929 et 1934) sont d’un autre style, moins austère, qui fait déjà pensé aux types pavillonnaires des 30 glorieuses. Ici, l’architecte s’est attaché à respecter le cadre ligérien avec des maisons aux longs toits d’ardoises pentus avec jardin individuel. Point de sentiment de renfermement sur soi non plus, même si le sentiment d’appartenance à un ensemble devait se ressentir chez les habitants. Alignées les unes sur les autres, les maisons sont de dimensions modestes mais constituaient une véritable avancée sociale. Les deux cités sont assez semblables, autant sur l’ordonnancement que sur l’architecture des maisons, même si la cité Jolivet est plus imposante (73 logements). Cette dernière est également regroupée autour d’une vraie place centrale, d’où partent des allées qui regroupent chacune quelques maisons. Pour la cité Beaujardin, le principe architectural et physionomique est identique même si le point central des lieux n’est pas autant défini. Seul le cul de sac au bout de la rue joue le rôle de place commune, ceci s’expliquant par les plus faibles dimensions des lieux.

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La cité du général Renault

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Relire également : Un architecte, un lieu tourangeau / Episode 7 : La cité du Général Renault

La cité du général Renault (1923-1927) a elle un aspect assez britannique. Elle a été construite comme celle des Bords de Loire par Hector Caignart de Mailly. Les pierres assorties de briquettes sont d’ailleurs communes à ces deux cités. On retrouve ce même style pour la cité Mame, cet emploi peut laisser penser que l’architecte est resté attaché à l’imagerie de la cité ouvrière du XIXe siècle ce qui apporte un côté austère aux lieux. La physionomie de la cité est plus semblable par contre aux cités de Marcel Boille avec ses formes arrondies, ses allées étroites regroupant 5 ou 6 maisons qui débouchent sur une vaste place vers laquelle l’ensemble de la cité est tournée.

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Ces cités-jardins ou plutôt avec jardins, n’ont pas de lieu de vie réelle, point de commerce. Seule la place centrale commune à toutes fait office de lieu de détente et de loisirs.

Les immeubles Duthoo

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Pour être complet sur le début des logements sociaux à Tours, il convient d’évoquer les immeubles Duthoo construits entre 1907 et 1910, situés rue Jules Charpentier. Ceux-ci ont été construits à la demande d’Arthur Duthoo pour ses employés du Grand Bazar-Nouvelle Galerie. Ce sont donc bien des logements ouvriers (terme qui convient plus que celui de cité ouvrière). Construits par l’architecte Jean-Frédéric Wielhorski  dans un style qualifié aujourd’hui art-déco, leur physionomie épouse l’arrondi de la trame urbaine et constituent pour ces deux raisons une curiosité toujours appréciée des passants aujourd’hui.

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Crédits photos : Mathieu Giua et Laurent Geneix

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