Jusqu’au 27 septembre, du mercredi au dimanche de 14h à 19h, l’Hôtel Goüin de Tours accueille la 7e édition de la branche tourangelle de la France Design Week. Très populaire à Paris, et riche d’une cinquantaine d’événements en Centre-Val de Loire (Saint-Paterne-Racan, Faye-la-Vineuse…), la manifestation combine une demi-douzaine d’expositions autour des défis.
Si vous avez passé du temps en camping, ou en panne au bord d’une départementale une nuit de nouvelle lune, vous avez peut-être eu besoin de cette lampe iconique de la fin du XXe siècle. Rectangulaire, avec une teinte un peu fadasse, et surtout une énorme ampoule bien lumineuse, à mille lieux des petites diodes de nos smartphones d’aujourd’hui. Ces lampes de poche increvables, l’entreprise Roger Pradier de Châteauroux a décidé de les remettre au goût du jour en version 2026, et de les présenter pour la première fois à Tours, à l’Hôtel Goüin (1er étage).
C’est Stéphane Joyeux qui est à l’initiative du projet et qui met ici en scène son objet autour d’une symbolisation de vieille voiture. Muni d’une batterie, capable de tenir une semaine, son ustensile emprunte tous les codes de l’original, posé à terre pour faire la comparaison. Il est un peu plus gros pour stocker tous les composants mais il a l’avantage d’avoir un socle présenté comme plus solide, et surtout d’être en matériaux recyclés, du plastique à la batterie.

Son concepteur nous explique qu’il a pour habitude de s’inspirer d’objets du passé pour ses créations, surfant habilement sur la tendance du revival d’objets anciens (le nombre de voitures remises au goût du jour par les constructeurs, de la DS à la Twingo). La lampe Bux c’est donc l’un des défis de cette France Design Week tourangelle, en tant qu’évolution écoresponsable, au-delà du style.
« Quelles réponses concrètes le design peut-il apporter à l’urgence écologique, aux défis démocratiques, aux besoins de soin, d’inclusion, d’apprentissage ou de justice sociale ? Comment faire du design un outil d’action, de transition et de coopération au service de notre avenir commun ? » voici quelques questions qu’entend poser le parcours de l’Hôtel Goüin.
« Avec cette édition, nous appelons tous les designers, agences, institutions, écoles, entreprises, collectifs et lieux culturels à mettre en lumière des projets, des démarches, des débats ou des expérimentations qui incarnent le design comme moteur de transformation positive » explique encore l’organisation.
Mais le design c’est aussi l’esprit pratique, avec par exemple, pour la première fois, la présentation à Tours de 4 plateaux qui ont servi aux chefs concourant pour le Bocuse d’Or, le plus prestigieux des défis culinaires (à Lyon). A ce moment-là, le look et le goût des aliments n’est pas seul à compter, c’est l’ensemble de la présentation, et donc aussi le grand plateau, qui peut faire la différence. La team France a prêté les siens à la France Design Week.



Le parcours mise aussi sur l’originalité des créations papier (notamment des lampes) de Collectible Paper, et verse dans le revendicatif avec les Dragtivistes. « Le projet interroge la manière dont le design peut accompagner les artistes drag dans leur engagement contre les discriminations et participer à la visibilité des minorités » nous dit-on, à travers des tenues de Doryan Lhoste et un plaidoyer vibrant contre les violences sexistes et sexuelles sur tout le deuxième étage du bâtiment. Pensés comme des supports d’expression, les costumes peuvent ainsi accueillir slogans, broderies, peintures ou interventions graphiques.


A noter que l’Hôtel Consulaire situé de l’autre côté de la Rue Nationale participe également à la quinzaine via l’exposition de projets issus du Challenge PatMAT Design et Métiers d’Art, concours qui met à l’honneur la créativité, l’innovation et l’excellence des savoir-faire. Objectif : « imaginer les objets, services et expériences de demain. » On y retrouve également des chaises customisées, relookées, à la suite du concours organisé par Valesens pour adopter de vieilles chaises et les transformer. Pour leur donner une seconde vie plutôt que de les oublier voire les jeter.
A noter enfin que l’Office du Tourisme de Tours participe à France Design Week via des tenues inspirées de l’identité tourangelle (paysages, histoire, architecture…) et designées par les élèves BTS mode du lycée Choiseul. A voir sur le shoraires d’ouverture de l’institution.









