Plus d’étudiants mais peu de moyens : l’Université de Tours face à ses limites

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Cette année encore, l’Université de Tours s’attend à recevoir environ un millier d’étudiantes et d’étudiants supplémentaires, pouvant pousser ses effectifs jusqu’à 34 000 apprenants. Une augmentation déjà observée lors de l’année universitaire 2025-2026 mais, en parallèle, la fac tourangelle fait face à des moyens toujours plus contraints. Comment concilier les deux ?

Le temps fort de l’année universitaire 2025-2026 fut l’inauguration de la Bibliothèque Universitaire rénovée aux Tanneurs, à Tours. Une grande étape dans le vaste plan de transformation du site des Bords de Loire, qui a déjà subi un lifting sur sa partie Est avec une transformation de la salle Thélème et des travaux pour améliorer, notamment, l’efficience énergétique du bâtiment. Dans quelques semaines, le 16 octobre, c’est le site de Polytech aux Deux-Lions qui va dévoiler son nouveau visage avec l’extension d’une partie des locaux et l’adaptation d’une partie des surfaces existantes.

D’autres projets sont à venir, par exemple aux Deux-Lions, sur le campus de médecine à Bretonneau et sur le site de Grandmont. Ils sont nécessaires, entre vétusté des bâtiments anciens et adaptation aux usages d’aujourd’hui. Il faut notamment gérer la hausse continuelle du nombre d’étudiantes et d’étudiants qui fréquentent les différents établissements : 33 000 revendiqués l’an dernier entre Tours et Blois soit 1 000 de plus en un an, et une hausse similaire est envisagée sur 2026-2027 portant donc le total à environ 34 000 apprenants.

A la tête de l’Université de Tours, on voit plutôt ça comme une bonne nouvelle : 54 des 91 formations sont complètes, et le taux moyen affiche 98% de remplissage note la vice-présidente Stpéhanie Carrez. Sur Parcoursup, les demandes pour rejoindre l’établissement ont augmenté de 16%, « une mise en valeur de notre attractivité » défend-t-on.

Le problème c’est que dans le même temps la fac tourangelle est dans la tourmente financière. « On attend des propositions dans le cadre du projet de loi de finances 2027 et des candidats à l’élection présidentielle qui ne parlent pas beaucoup de l’enseignement supérieur dans les programmes alors qu’il y a beaucoup de choses à dire » déplore le président Philippe Roingeard.

Elu depuis 2 ans, il ne cesse de rappeler que l’Université de Tours est sous-dotée financièrement par rapport à d’autres agglomérations : « C’est difficile pour tout le monde mais nous c’est chronique. Nous sommes 1 200€ en dessous de la moyenne nationale par étudiant. Si l’on enlève les instituts de formation aux soins infirmiers (IFSI) cela veut dire qu’il manque 30 millions d’€ » alerte-t-il, espérant « un rééquilibrage » dont « on parle au niveau du ministère » mais qui n’est pas encore acté, et encore moins chiffré.

Que faire dans l’attente ? D’ici la fin du mois, l’Université de Tours doit voter son budget rectificatif 2026. « Il sera extrêmement compliqué » assure le vice-président Emmanuel Neron qui évoque un déficit de 15 millions d’€ et annonce que la fac tourangelle va dépasser le plafond d’emplois imposé par les instances. En clair, qu’elle emploiera plus de personnes que ce que prévoient les statuts (plus de 2 600 équivalents temps plein) et il est possible que ça coince au niveau du rectorat ce qui pourrait finir par entraîner des non remplacements de postes, par exemple.

Pourtant, selon son président, l’Université de Tours reste « sous-dotée » en emplois d’Etat. Et, en plus, elle ne cesse d’être attractive comme le prouve ses hausses continues d’effectifs. Comment concilier les deux ? L’avantage d’avoir plus de monde en formation, c’est que les ressources augmentent avec la dynamique des frais d’inscription (tout compris les revenus propres de l’établissement progressent de 14% hors subventions) mais il faut pouvoir les accueillir, les encadrer.

« Ça pèse sur les personnels, c’est une surcharge de travail » reconnait Philippe Roingeard qui ajoute dans la foulée que « c’est une mission de service public de les accueillir car la région Centre-Val de Loire est aussi celle la plus en manque de solutions de poursuites d’études pour les néo-bacheliers, trois points en dessous de la moyenne. Nous avons obligation de les former, on s’empare de cette mission car il y a aussi une pression du rectorat pour y répondre. »

N’y a-t-il pas pour autant un risque de finir par proposer un cadre dégrader ? « Peut-être » reconnait le président de l’Université, qui renvoie la balle à l’Etat pour régler ce problème s’estimant victime d’une « injustice » financière. « Ce serait pénalisant pour nos jeunes de ne pas pouvoir venir chez-nous » conclut-t-il.

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