Tours Métropole : un plan des mobilités à 700 millions d’euros qui ne fait pas l’unanimité

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Ce lundi 1er juin le conseil métropolitain, devait donner son avis sur le futur plan des mobilités du territoire du Syndicat des Mobilités de Touraine (qui englobe les 22 communes de Tours Métropole et les trois communes de Vernou, Vouvray et La Ville aux Dames) qui fixe la feuille de route des dix prochaines années. Deux lignes de tramway, trois lignes de bus à haut niveau de service, développement du réseau cyclable Vélival, articulation avec le pôle gare et le service express régional métropolitain : sur le papier, l’ambition est large. Mais derrière les 700 millions d’euros annoncés, le document suscite aussi des interrogations : sur le calendrier ou encore la capacité réelle du territoire à réduire sa dépendance à la voiture.

Ce nouveau plan doit succéder au précédent plan de déplacements urbains qui couvrait la période 2013-2023. Document stratégique obligatoire pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants, il doit organiser les mobilités à l’échelle des 25 communes concernées par le territoire du Syndicat des Mobilités de Touraine et coordonner politiques de transport, urbanisme et transition environnementale.

Pour défendre le texte, l’exécutif métropolitain met en avant quatre grandes orientations : limiter l’étalement urbain, promouvoir une « ville à courte distance » où les services seraient accessibles en moins de quinze minutes, réduire l’empreinte environnementale des déplacements et garantir un accès plus égalitaire aux services. Dans le détail, le document s’inscrit dans plusieurs projets structurants déjà engagés ou annoncés : le pôle gare de Saint-Pierre-des-Corps, le service express régional métropolitain (SERM), la deuxième ligne de tramway, le déploiement du réseau cyclable Vélival…

Faire baisser de 12% la part de la voiture

L’ambition affichée est nette : faire reculer la part de la voiture dans les déplacements quotidiens, aujourd’hui estimée à 52 %, pour la ramener à 40 % à l’horizon 2036. En parallèle, les transports collectifs devraient passer de 11 % à 15 %, tandis que la pratique du vélo serait appelée à doubler. Le document revendique aussi un objectif de baisse de 32 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux mobilités et une forte diminution du dioxyde d’azote, dans le sillage des objectifs nationaux de décarbonation.

Reste la question centrale : avec quels moyens ? Le montant avancé pendant les débats atteint environ 700 millions d’euros sur dix ans. À lui seul, le tramway pèserait près de 495 millions d’euros. De quoi nourrir les critiques d’élus qui jugent le cap budgétaire trop flou, ou trop dépendant de paris politiques et financiers encore fragiles.

C’est notamment le sens de l’intervention de Christophe Bouchet (élu d’opposition à Tours), qui a dénoncé un plan « très marqué politiquement » alors qu’il attendait un document plus technique et opérationnel. Selon lui, faire passer la voiture de 52 % à 40 % de part modale relève aujourd’hui davantage du postulat que d’une trajectoire crédible. L’élu rappelle que, depuis plusieurs années, la part des transports collectifs stagne autour de 11 % et que les évolutions observées restent modestes : le vélo progresse, mais encore à partir d’un niveau relativement faible.

D’autres voix ont pointé les angles morts du projet. Marion Buchet (élue d’opposition à Tours) a regretté un manque d’ambition en direction des personnes à mobilité réduite, estimant qu’une partie de la population restait insuffisamment prise en compte. Laurent Raymond (maire de Saint-Avertin) a, lui, insisté sur un périmètre jugé trop étroit par rapport au bassin de vie réel, plaidant pour une réflexion à l’échelle d’une aire urbaine de quelque 500 000 habitants. Il a également souligné l’insuffisance de l’offre de transports collectifs hors du centre de Tours. Même tonalité chez Olivier Conte, le maire de Saint-Pierre-des-Corps, qui estime que l’est de la métropole demeure sous-évalué dans les études actuelles.

Une enquête publique en septembre prochain

Face à ces critiques, Emmanuel Denis, président du Syndicat des mobilités de Touraine, a défendu un document ni improvisé ni précipité. Le travail, a-t-il rappelé, a débuté en novembre 2023 et s’inscrit dans un cadre réglementaire contraint. L’élu met en avant plusieurs avancées concrètes : deux lignes de bus à haut niveau de service supplémentaire, soit à terme cinq lignes structurantes, en comptant les deux lignes de tramway.

Le vote s’est conclu par 55 voix pour, 22 abstentions, 5 contre et 2 élus n’ayant pas pris part au vote. Un résultat qui traduit moins un rejet frontal qu’un soutien prudent, dans un contexte où plusieurs communes, dont Saint-Avertin, Saint-Pierre-des-Corps et Savonnières, ont choisi de s’abstenir, ne pouvant pas faire voter leurs conseils municipaux sur ce même avis dans les temps imposés, soit avant le 15 juin prochain.

Le plan des mobilités va passer maintenant au stade de l’enquête publique (normalement en septembre prochain) avant une déclaration attendue d’utilité publique par la suite.

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