Comment calmer les tensions au conseil municipal de Tours ?

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Ce mardi 28 avril se tenait le 3e conseil municipal depuis la réélection d’Emmanuel Denis en tant que maire de Tours. 17 points à l’ordre du jour, moins de 2h de séance… mais des échanges tendus entre la majorité de gauche et le groupe d’opposition réunissant la droite et le centre, « Tours Alternative ». Comme lors du dernier mandat, voire pire. Des solutions doivent être recherchées pour retrouver de la sérénité.  

« Si on demande une suspension de séance ce n’est pas anodin, ce n’est pas juste pour aller boire un café, c’est parce qu’il y a un problème » peste le conseiller municipal Olivier Lebreton, président du groupe Tours Alternative qui rassemble les élus de la droite et du centre. Le membre du parti Les Républicains s’exprime ainsi juste après une pause de 5 minutes accordée par le maire à sa demande, après des échanges tendus.

Retour en arrière. Au début du conseil municipal, l’élue Marion Nicolay-Cabanne demande la parole pour un propos d’introduction. La pratique était institutionnalisée lors du mandat 2020-2026 mais Emmanuel Denis souhaite y mettre fin, en tout cas sa systématicité. Il a accordé le temps d’expression de son opposante non sans lui rappeler cette position. Réponse cinglante : « Le règlement du conseil municipal n’a pas encore été modifié ». Ambiance.

Dans son propos, Marion Nicolay-Cabanne pointe un changement dans les règles de nomination des élus dans les conseils d’administration comme le bailleur social Ligeris, les Pompes Funèbres Intercommunales, le Centre de Création Contemporaine Olivier Debré ou encore la SET (Société d’Equipement de la Touraine). Avant, la règle accordait un quart des postes à l’opposition. C’est désormais 20%.

Selon l’élue, modifier cette répartition c’est nier les résultats du 2e tour des Municipales de mars : « Nous représentons un quart des sièges et près d’un électeur sur 2 puisque 53% ont rejeté votre liste. Pourquoi refuser de respecter la place de l’opposition ? Cela va créer un climat de suspicion permanente » s’agace-t-elle. De fait, l’opposition est désormais représentée dans 14 institutions contre 19 sur la période précédente.

« On applique la loi, juste la loi » a répondu Emmanuel Denis, sa majorité s’amusant de la demande de « Tours Alternative » d’avoir un tiers des postes, ou au moins un quart. Un élu fait même du sarcasme en notant que leur rôle serait de toute façon assez peu significatif. Peu importe, la droite et le centre y voient un symbole, et une façon d’attaquer la majorité sur un potentiel déni de démocratie. « Ne me dites pas qu’on y gagne. Vous respectez moins l’opposition, c’est dommage » tonne Olivier Lebreton.

En face, Emmanuel Denis tranche sans tergiverser, dénonçant « une entrave permanente au fonctionnement du conseil municipal » de la part de Tours Alternative, et se disant « désolé » que le mandat débute sous un climat de tension comparable aux années précédentes. « Ils se donnent en spectacle » commente une élue.

L’opposition se sent, elle, constructive. Et fustige la réaction de l’équipe municipale comme le « Ok, merci pour vos remarques » lâché par Emmanuel Denis après une prise de parole de Romain Brutinaud-Pellereau, sans autre commentaire, ou « je vais vous expliquer les règles, c’est moi la police » du maire à Olivier Lebreton. Ajoutez encore l’agacement de Thibault Coulon à qui il a été refusé une ouverture de micro pour répondre à la première adjointe Cathy Savourey qui venait d’apporter son point de vue sur un amendement de l’opposition et vous obtenez la fameuse demande de suspensions de séance.

A la reprise des débats, Tours Alternative tente une proposition : organiser, sans délai, une réunion des 6 présidents de groupes politiques (4 de la majorité, 2 de l’opposition) pour tenter d’établir un mode de fonctionnement accepté par tout le monde. Il en va de la sérénité des débats sur les 6 voire 7 années à venir (le mandat risque de se terminer en 2033 pour éviter un télescopage avec la présidentielle de l’année précédente). « 7 ans comme ça, ce serait long » notent plusieurs voix.

Un degré en plus :

L’opposition a également été crispée par le refus d’un amendement défendu par Thibault Coulon. L’élu de droite souhaitait la création d’une commission spécifique pour étudier les projets de cessions immobilières (bâtiments ou terrains). Selon lui cela permettrait davantage de transparence, voire de meilleurs prix. Et surtout, que l’opposition puisse avoir un meilleur accès aux dossiers. Refus de la majorité : « Toutes les ventes ont été présentées en commission aménagement ou des finances avec des bilans présentés tous les ans en commission générale » a répondu la 1ère adjointe Cath Savourey.

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