A gauche : un front uni mais inquiet

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En ce samedi 15 juin, toutes les forces de gauche sont réunies sur la bien nommée place de la Liberté, à Tours, où environ 2000 personnes défilent dans le calme. Très peu d’élus sont présents, mobilisés par la campagne éclair des législatives.

Citoyens et militants, écologistes, communistes, socialistes, syndicats, ils sont tous là. On trouve tout ce qui constitue le très récent Front Populaire, avec un consensus tacite : l’union face à l’extrême droite, quelles que soient les divergences.

Une union qui paraît vitale à Maxime, étudiant de 27 ans, venu pour lutter contre les forces d’extrême droite. En peu déçu par la non investiture de certains piliers de LFI, et l’investiture d’Adrien Quatennens, qu’il considère comme un mauvais signal, il reste volontaire et optimiste ”Je suis contre le fascisme et les dangers de l’extrême-droite avant tout. Je me sens représenté par le Front Populaire. Il y a des difficultés, des divergences, on n’est pas parfait mais on progresse. On va plus loin ensemble”. 

Eric, cheminot, regrette de voir le peu de monde présent par rapport à la mobilisation de 2002. “On lutte contre un parti fondé par d’anciens SS, mais Hanouna et Praud ont formatés les esprits, et on voit des électeurs voter RN alors qu’il n’y a pas une seule personne immigrée sur leur commune rurale”. A l’évocation de la non investiture de Raquel Garrido, Alexis Corbière et Danielle Simonnet qu’il a croisés à plusieurs reprises, il reste interdit, mais reconnaît que ce n’est pas un bon signal pour les électeurs indécis.

Alors que la manifestation avance tranquillement, Pierre, 77 ans, t-shirt François Fillon 2017, apparaît à la fenêtre de son domicile, puis descend en agitant des drapeaux français. Manifestement pas en accord avec la manifestation, mais avant qu’il n’ait prononcé une parole, quelques militants viennent lui arracher ses drapeaux sans ménagement, rapidement rappelés à la raison par le service du PCF. Après avoir retrouvé ses drapeaux, ce gaulliste historique peste de ne pas voir de drapeaux français dans la manifestation, et rappelle à qui veut l’entendre que chacun est libre de voter pour qui il souhaite.

Un moment de tension emblématique de l’ambiance actuelle, ou les manifestants défilent pour la plupart calmes, mais inquiets de l’avenir. Pierre, militant PCF est inquiet : “On se prépare à une prochaine montée de la violence politique : on a remis le service d’ordre en route, on commence à reprendre des réflexes de protection. Il ne faut pas oublier que pendant que l’on fait griller des saucisses, des Tours et des Lys s’entraîne à se battre dans le parc Sainte Radegonde” (collectif identitaire d’ultra droite tourangeau, habitué aux séances d’entraînement de boxe pour leurs militants) . Néanmoins il est fier de ce “magnifique front populaire”.

Un véritable précipité chimique de la France post-dissolution : inquiétude des prochains résultats électoraux et calme apparent derrière lequel règne une tension palpable, les manifestants présents ce matin ont fait front ensemble contre l’extrême-droite. On peut espérer que certains d’entre eux iront au concert gratuit de Tiken Jah Fakoly, ce samedi soir à la Riche. Ce sera une bonne occasion de prendre un peu d’air avant la prochaine mobilisation, au son de “Ouvrez les frontières”.

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