Pour sa 10e édition, qui se tient ce samedi 18 juillet 2026, le festival Jour de Cher confirme sa place à part dans le paysage culturel local. Entre radeaux décorés, spectacles sur les berges et passage spectaculaire au pied de Chenonceau, l’événement gratuit continue de fédérer habitants et visiteurs autour de la rivière.
Dix ans déjà que Jour de Cher transforme la vallée en grande scène flottante. Né d’une envie simple, « enchanter la vallée du Cher pendant une journée », selon Gwendal Stéphan, programmateur du festival, l’événement s’est imposé comme un rendez-vous populaire et familial. L’idée de départ puisait dans les anciennes traditions carnavalesques et les cavalcades de Bléré. L’idée est alors de déplacer le défilé, autrefois organisé dans les rues, sur la rivière. Les chars sont devenus radeaux, et le Cher s’est changé en fil rouge de la journée.
« Quand les gens s’approprient l’événement, tout coule de source »
Chaque année, les quinze communes de la communauté de communes « Autour de Chenonceaux » reçoivent une structure qu’elles décorent librement. Aucun thème n’est imposé. Cette liberté est l’une des forces de la manifestation. Les habitants se retrouvent pour imaginer, construire, peindre et faire vivre leur embarcation. « Les habitants s’approprient l’événement », souligne Gwendal Stéphan. « Et quand les gens s’approprient l’événement, alors là, tout coule de source. »
Mais Jour de Cher ne se résume pas à son cortège flottant. Tout au long du parcours, les maisons éclusières et les barrages à aiguilles, espacés d’environ cinq kilomètres, deviennent des haltes animées. On y trouve des buvettes, des espaces de restauration, des pique-niques, des fanfares, un karaoké décalé ou encore des interventions artistiques. Le public peut choisir de suivre un spectacle, de marcher, pédaler, se balader… au rythme du défilé ou simplement de s’installer au bord de l’eau. « Si vous n’avez pas envie de voir de spectacle, il n’y a aucune obligation », rappelle Gwendal Stéphan. « On fait de très, très belles siestes dans les maisons éclusières du bord de Cher. »
La programmation artistique cherche, elle aussi, à cultiver la surprise. Cette année, le public pourra croiser le pianiste itinérant BjöRN GOTTSCHALL, le performer Johan Swartvagher, marathonien et jongleur, ou encore le Green Line Marching Band, fanfare électrique nantaise composée de cinq guitaristes. « Tous les ans, on essaie de débusquer des petites pépites artistiques surprenantes, incongrues dans le paysage », explique le programmateur. L’équilibre est revendiqué : mêler des formes populaires, accessibles, parfois traditionnelles, à des propositions plus contemporaines. « Ce qu’on aime bien faire, c’est vous surprendre », résume-t-il.
« On n’est pas chez nous, c’est le Cher qui est chez lui »
Au-delà de l’animation, Jour de Cher revendique une ambition sensible. « Moi, je pense beaucoup à l’émotion qu’on procure », confie Gwendal Stéphan. Le festival veut offrir une parenthèse, une « petite suspension émotionnelle », un moment où une musique, une image ou une rencontre peuvent faire basculer la journée. Le passage des radeaux sous le château de Chenonceau reste à ce titre l’un des temps forts. Même ceux qui connaissent déjà le monument redécouvrent sa silhouette depuis la rivière. « On est toujours subjugué par la beauté de ce château », insiste le programmateur.
Gratuit, ouvert à tous, Jour de Cher attire désormais environ 10 000 personnes. Le public est à la fois local et touristique. Cette diversité nourrit l’atmosphère du festival. « On n’est pas chez nous, c’est le Cher qui est chez lui » tient à rappeler Gwendal Stéphan en conclusion. Une manière de rappeler que la fête, pour durer, devra continuer à prendre soin de la rivière qui la porte.







