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Municipales : Benoist Pierre conduira une liste La République En Marche à Tours

Depuis plusieurs mois, le match à l’investiture de La République En Marche était lancé à Tours. D’un côté, le maire de Tours, centriste et membre du Parti Radical, faisait valoir sa volonté d’un accord avec le parti présidentiel, de l’autre, les membres locaux de ce parti, souhaitaient eux une liste autonome, conduite par l’universitaire Benoist Pierre. Troisième acteur de cette lutte politique : l’ancienne adjointe aux finances Françoise Amiot, qui s’était positionnée également pour obtenir cette investiture.

La décision tant attendue de part et d’autre est donc tombée ce lundi soir. Dès la fin d’après-midi, le maire de Tours avait communiqué sur celle-ci, en prenant acte de l’impossibilité d’un accord : « La discussion avec ce parti est à ce jour compromise. D’autant plus qu’il prône localement des alliances contre mes valeurs au mépris total des intérêts de notre territoire et en opposition avec les valeurs humaines qui sont les miennes. Je ne souhaite donc pas m’embarquer avec un tel équipage. Tours mérite mieux. […] Je ne suis pas dans une logique partisane mais dans une logique de conviction au service de ma ville et des Tourangeaux. Mon parti c’est Tours ! […] L’absence de respect des engagements précédents et des accords électoraux me confortent dans l’idée, qu’à ce jour, nous ne pouvons trouver un accord. »

« Ils ne peuvent pas donner toutes les villes que les Radicaux demandent »

Difficile de ne pas y avoir une dose d’amertume à l’idée de ne pas bénéficier du soutien du parti présidentiel comme d’autres maires de grandes villes : Olivier Carré à Orléans ou Pascal Blanc à Bourges. L’investiture de ce dernier, également membre du parti radical comme Christophe Bouchet avait redonné de l’espoir la semaine passée à des « Marcheurs » locaux qui plus les semaines défilaient, plus se mettaient à douter d’une décision favorable de la commission nationale d’investiture. En off, un membre de l’équipe de Benoist Pierre voyait même dans le soutien à Pascal Blanc un bon signe pour Tours : « Ils ne peuvent pas donner toutes les villes que les Radicaux demandent, ce ne serait pas compréhensible. »

Car si la décision, annoncée d’abord pour juillet puis repoussée de semaine en semaine depuis la rentrée a autant tardé c’est bien qu’au niveau national LREM voulait s’en tenir à son plan de bataille initial : s’appuyer sur des maires sortants « amis » et « alliés » là où c’est possible. C’est dans cette optique que le projet « Renaissance » issu des dernières élections européennes s’est poursuivi au-delà de ces dernières avec le Modem, Agir et le Parti Radical.

« Une investiture qui valide le travail mené depuis plus d’un an » (B.Pierre)

Oui mais en local, l’affaire était autre, car LREM 37 et ses différents comités locaux à Tours avaient déjà désigné et officiellement soutenu Benoist Pierre, universitaire, directeur du CESR et du programme Intelligence des Patrimoines, dont c’est le premier pas en politique. Un soutien à l’homme mais aussi à une démarche, inspirée des fondements du mouvement LREM : Instauration d’une Grande Marche des Municipales à travers laquelle les militants ont pris l’avis de la population sur leur vision de Tours, puis construction d’un programme avec les adhérents aux projets mais aussi aux habitants venant aux différentes réunions publiques organisées. Un projet politique intitulé « C’est votre Tours » que Benoist Pierre et ses soutiens n’ont jamais arrêté pendant la période d’incertitude de ces dernières semaines. Au contraire, ils avançaient même comme si la décision de la CNI importait peu, Benoist Pierre déclarant la semaine dernière « être candidat quoiqu’il arrive. »

Aujourd’hui ce dernier explique « avoir attendu la décision de façon « sereine » tout en voyant dans cette investiture « une première étape qui permet d’y voir un peu plus clair. »

Une investiture en guise de validation d’un projet donc et aussi d’une méthode, principal point d’achoppement avec le maire sortant Christophe Bouchet selon Philippe Peruchon, le délégué départemental de La République En Marche : « la vraie différence c’est la façon de gouverner. On voit que Benoist Pierre est dans l’ouverture, qu’il est à l’écoute et construit son projet avec les habitants. C’est un très bon candidat aux bonnes méthodes, je suis satisfait de la décision de la CNI, mais ce n’est qu’un point d’étape, l’élection est loin d’être gagnée. »

Un point d’étape qui constitue à l’inverse un échec pour Christophe Bouchet qui souhaitait conduire un large rassemblement allant du centre à la droite avec la bénédiction de LREM. C’est encore possible, surtout qu’il bénéficie toujours du soutien de sa majorité municipale, mais sans l’étiquette du parti présidentiel, la campagne s’annonce plus incertaine pour lui, d’autant plus que l’espace politique se restreint de facto. Cette première bataille en annonce d’autres néanmoins d’ici les Municipales et les élections restent ouvertes. La campagne s’annonce âpre…

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