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Métropole : Un objet institutionnel non identifié

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Début 2020, alors que les élections municipales approchaient, à l’heure de faire le bilan du mandat qui s’achevait, nous écrivions : « Tours Métropole est à l’aube d’un bouleversement dont personne ne peut anticiper toutes les conséquences ce qui rend sa manœuvre d’autant plus délicate. » Nous pointions notamment la nouvelle représentativité qui allait surgir des urnes avec le passage obligatoire de 55 à 87 élus intercommunaux, et les limites que pouvait avoir avec ce changement, la cogestion alors en vigueur. Un an-et-demi plus tard, le bouleversement a bien eu lieu entraînant une crise politique dont le territoire et les habitants se seraient bien passés, tant elle risque d’être un frein aux projets futurs.

Un passage en métropole sans projet clair

Les épisodes de la crise qui agite l’intercommunalité depuis cet été, ne sont finalement que le contrecoup d’une métropolisation accélérée en 2016-2017, sans anticipation suffisante sur ses conséquences et surtout sur son objet et ses objectifs.

A l’époque, dans une espèce de consensus quasi général, les élus locaux de tous bords, arguent la nécessaire marche en avant que constitue la métropolisation, et répètent à tue-tête que si l’Etat a ouvert la porte à de nouvelles métropoles, cela ne se représentera pas et donc qu’il « ne faut pas rater le train en marche ». L’enjeu avancé est financier avant tout, Philippe Briand, alors président de Tour(s) Plus, mettant en avant des financements promis par l’Etat pour les futurs projets, mais aussi l’entrée de l’agglomération tourangelle comme celles qui comptent en France. Comme une sorte de mirage, Tours veut jouer dans la cour des grands et pense qu’en devenant métropole et surtout en ne laissant pas cette seule primauté à Orléans dans la région (devenue métropole dans le même temps), elle fera partie des territoires attractifs au rayonnement certain.

Ça c’était pour l’intention, car dans les faits, si l’obtention du précieux label est une réussite politique incontestable (ce qui n’était pas gagné d’avance), en montant un dossier en un an à peine, en bousculant les équilibres (avec de nouveaux transferts de compétences depuis les communes), les élus manquent le plus important : définir précisément ce que doit être cette nouvelle métropole. Bien sûr dans les discours, on évoque « une métropole d’investissements », « touristique » en guise de définition de ce qui doit animer l’intercommunalité, mais aucun projet métropolitain n’est clairement défini et la métropole pour beaucoup d’élus et de maires reste alors perçue avant tout comme un outil au service de leurs politiques municipales et non comme un outil porteur d’un projet global et général pour le territoire.

Pourtant, la Métropole est aujourd’hui indispensable aux politiques publiques. Déjà parce qu’elle a des capacités d’investissements supérieures aux communes (90 millions d’euros en moyenne par an, là où Tours n’en a que 35 par exemple), mais aussi parce que les compétences qu’elles a acquises en 2017 lors du changement de statut ont renforcé son poids. C’est simple aujourd’hui la Métropole c’est : le développement économique, les équipements culturels, sportifs, l’eau, la voirie, les déchets, l’urbanisme, les transports, …

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Mais les logiques territoriales internes se parasitent parfois avec les lignes politiques et les différentes visions entre élus. L’équilibre au consensus entre maires et élus qui existait a fait ses preuves mais a également eu ses défauts. Certains lui reprochent notamment d’avoir favorisé une politique de saupoudrage afin de contenter toutes les communes au détriment d’un vaste projet commun.

Usine de déchets, tramway, et après ?

Nous sommes en septembre 2021, quatre ans et demi se sont écoulées depuis l’obtention du label et aucun projet territorial n’a encore vu le jour. Cela ne veut pas dire que rien n’a été fait bien évidemment, des projets sont sortis de terre ou ont été actés comme la construction d’une nouvelle usine de déchets qui sera l’un des enjeux principaux du mandat actuel au regard de l’explosion des coûts des déchets pour les contribuables (relire notre entretien avec Martin Cohen, ancien vice-président en charge de la question), ou encore la fameuse deuxième ligne de tramway qui doit sortir en fin de mandat.

Malgré la crise politique, Emmanuel Denis, le maire de Tours, tout comme Frédéric Augis, le président de Tours Métropole, se veulent d’ailleurs rassurants sur ces sujets, expliquant que malgré leurs désaccords, ils travailleront de concert à la réalisation de ces projets, mais l’impasse politique que l’intercommunalité connaît actuellement (relire notre sujet), aura forcément des répercussions. Le maire de Tours, absent des instances exécutives de la Métropole, va de facto recentrer ses projets phares sur le territoire communal, avançant que pour un certain nombre d’entre eux il n’a pas besoin de la Métropole pour les mener. Sans sa ville centre comme locomotive, Tours Métropole risque de son côté d’avancer de façon bancale, car Tours garde son mot à dire sur beaucoup de projets en tant que ville centre, représentant 45% de la population et en tant que territoire central géographiquement. On pense notamment au tramway, car rien ne dit malgré les déclarations d’intention, que le projet réussisse à sortir de terre dans son intégralité d’ici la fin du mandat. Certaines voix au sein de la ville de Tours – commune nœud du futur tracé – avancent déjà un projet peut-être à revoir avec une priorité à donner pour la demi-ligne allant du carrefour de Verdun à Chambray-lès-Tours…

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