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Le renouveau de la Cité de la Gastronomie

 « Cochon qui s’en dédit », après des années de tergiversations, de rendez-vous parfois manqués ou avortés, La Cité de la Gastronomie est enfin sur de bons rails, prête à décoller. C’est en tout cas le sens de la conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi au sein de la Villa Rabelais.

Pour rappel, en 2013, Tours obtenait avec Rungis, Lyon et Dijon, le label de « Cité Internationale de la Gastronomie. » La partie tourangelle du label était alors fléché vers « le repas français, un art de vivre. » Logique, au regard du fait que l’IEHCA (l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation), basé à Tours, était à l’origine de l’inscription du repas gastronomique à la française, au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité de l’Unesco.

Oui mais depuis l’obtention de ce label, force est de constater que cette Cité de la Gastronomie a peiné au démarrage. Entre un premier projet porté par l’ancien maire Jean Germain, abandonné en 2014 au changement de majorité, et un second porté par une association indépendante à partir de 2015 mais qui n’a jamais réellement convaincu les collectivités locales partenaires, dont la ville de Tours, propriétaire du label, cela a même piétiné et manqué de sens.

Tout ceci est du passé nous a-t-on fait comprendre lors d’une conférence de presse ce jeudi où l’on retrouvait autour de la table le maire de Tours, Christophe Bouchet, la région Centre-Val de Loire représentée par Jean-Patrick Gille, l’Université par la voix de sa vice-présidente à la culture, Martine Pelletier, le président de l’IEHCA (Bruno Laurioux ), ainsi que son directeur (Francis Chevrier ), l’élue municipale Cécile Estivin, présidente par ce biais de Tours Evénements et Jérôme Tebaldi, adjoint au rayonnement de la ville de Tours. Et si l’association qui gérait ce label jusqu’à peu n’est pas encore dissoute, La Cité de la Gastronomie regarde désormais vers l’avant.

Cet avant, c’est un projet qui repose sur trois piliers :

  • Un autour de la Villa Rabelais, lieu totem, géré par l’IEHCA.
  • Un autour du projet des Halles.
  • Un autour de l’événementiel, porté par Tours Evénements.

« Une Maison des cultures gastronomiques »

Alors nouvelle annonce chimérique ou véritable départ ? Une chose est sûre aujourd’hui, chacun est décidé à avancer et porte l’idée de porter ce label et son projet auprès des Tourangeaux, tout en réaffirmant son esprit de départ. « Nous avons choisi d’avancer par le contenu et non le contenant avec comme idée de partir de l’esprit plutôt que du bâti » a ainsi introduit Christophe Bouchet.

La Cité de La Gastronomie a bien un lieu totem, épicentre de son projet : La Villa Rabelais. Et cette dernière est réaffirmée dans cette fonction pour être « Une Maison des cultures gastronomiques », c’est à dire un centre culturel de la gastronomie dont l’ambition est de devenir un observatoire européen de la Gastronomie, soit un lieu d’étude et de diffusion de la culture gastronomique en Europe. La Villa Rabelais dont la gestion revient à l’IEHCA qui se voit là confier une mission majeure. Logique au premier abord, cet institut composé de chercheurs étant devenu en 20 ans une référence dans le domaine universitaire sur les foodstudies et les questions de l’alimentation. Si le fonctionnement reste encore à définir ou au moins à être rendu public, le projet est déjà inscrit en croquis et les travaux nécessaires pour transformer le site de la Villa Rabelais en lieu fonctionnel prêts à démarrer.

Concrètement, un peu à l’image de ce qui avait été présenté en 2016 (et déjà préparé par l’IEHCA à l’époque), l’idée est de créer un lieu de vie, à la fois scientifique et universitaire, mais aussi grand public.

On trouvera notamment un « espace Food Culture » avec un restaurant, une école du repas gastronomique, des espaces pour des conférences ou des colloques, mais aussi un espace lecture, un espace animations pour des manifestations publiques ou encore des espaces pour les chercheurs, ce site étant pensé comme lieu d’études sur les questions autour de la gastronomie.

A lire sur Info Tours : la présentation détaillée du site de La Villa Rabelais

Le coût des travaux de réhabilitation pour l’ensemble du site de la Villa Rabelais s’élève à 2,7 millions d’euros, payés pour moitié par la Région, puis par la Métropole, la ville de Tours et du mécénat. Les premiers travaux débutent dès cette année. Le gros du chantier qui concerne le bâtiment Victor Hugo débutera lui en 2020 pour s’achever en janvier 2022, date espérée pour l’inauguration globale.

D’ici là, la Cité de la Gastronomie va vivre malgré tout, comme elle le fait déjà aujourd’hui, à travers les actions de l’IEHCA ou encore pour la partie événementielle par celles de Tours Evénements. Sur ce volet du projet, s’il a été question pendant un temps de relancer un grand événement, nommé « Planète Good Food » autour de la gastronomie, cette idée semble désormais avoir vécue. Ainsi pour Cécile Estivin, présidente de Tours Evénements : « Nous avons de très beaux événements qui marchent bien et nous voulons nous appuyer dessus, comme le Mondial du Fromage qui reviendra en 2021 ou encore le salon Ferme Expo qui attire 45 000 personnes et que nous entendons développer pour en faire un événement d’éducation au goût avec un hall vraiment dédié à la gastronomie. »

Quant au dernier volet du triptyque « Cité de la Gastronomie », c’est-à-dire les Halles, au-delà du projet de rénovation annoncé, le maire de Tours a donné rendez-vous au 8 novembre prochain. Ce jour-là, devrait être annoncé l’installation au sein des étages des Halles de Tours d’une antenne de l’Institut du goût, créé par le Tourangeau Jacques Puisais.

Il semblerait donc bien que le temps de mijotage arrive à son terme et qu’enfin la Cité de la Gastronomie va pouvoir être pleinement consommée par les Tourangeaux…

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