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[Le Qui est Qui des Municipales à Tours] Tout ce que vous devez savoir sur le candidat Claude Bourdin

Les dimanches 15 et 22 mars on vote pour renouveler le conseil municipal de Tours. Sur 37 degrés, on a choisi de vous présenter en détail les candidats en tête de liste pour apprendre à les connaître avant de faire votre choix dans l’isoloir. Voici le portrait de Claude Bourdin

Fiche technique :

55 ans – Cadre commercial – Gauche – Tête de liste C’est au Tour(s) du Peuple.

CV :

Claude Bourdin est devenu un habitué des élections locales. Candidat sur la liste de Jean Germain en 2008, il avait obtenu un poste de conseiller municipal dans la majorité de l’ancien maire socialiste. Membre du parti à la rose, il s’en était affranchi en 2013, en même temps qu’il quittait la majorité municipale sur fonds de désaccords sur des sujets de soutien au milieu associatif et plus particulièrement au collectif Ohé du Bateau dont il était par ailleurs membre. Depuis, Claude Bourdin s’est éloigné de la social-démocratie pour endosser un virage vers une gauche plus dure. Candidat aux élections municipales en 2014 sous l’étiquette du collectif « C’est au Tour(s) du Peuple », il est alors soutenu par plusieurs partis de la gauche dite radicale (NPA, Ensemble et Front de Gauche). Il réalise un beau score au premier tour avec 8,30% des voix. De nouveau candidat en 2017, cette fois aux élections législative sous la bannière de la France Insoumise, il poursuit son implantation électorale avec 14,32% des voix, terminant à la troisième place derrière les candidats Philippe Chalumeau (LREM) et Jean-Patrick Gille (Parti Socialiste).

Pour ces élections municipales, il repart comme tête de liste du collectif C’est au Tour(s) du Peuple mais n’est soutenu officiellement que par le NPA, la France Insoumise et Ensemble  ayant donné leur soutien à l’écologiste Emmanuel Denis.

Le style :

Depuis son affranchissement du Parti Socialiste en 2013, Claude Bourdin a opéré un virage d’homme politique-militant affirmé. Investi dans le milieu associatif, jamais loin des mouvements sociaux (on l’a beaucoup vu auprès des Gilets Jaunes), il se forge une allure d’homme de terrain, engagé. Sur le plan politique, Claude Bourdin s’affiche comme un homme de convictions, restant sur sa ligne idéologique, sans en démordre. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que le rassemblement avec les autres mouvements de gauche n’a pas pu se faire, Claude Bourdin et C’est au Tour(s) du Peuple, refusant de céder sur des points essentiels à leurs yeux.

Ses principales idées :

Ces idées elle relèvent notamment de la gestion publique des services. Claude Bourdin met ainsi en avant dans sa campagne, quelques principes jugés fondamentaux qu’il avait déjà porté lors de la précédente campagne de 2014 : passage en régie publique des services à l’échelle de la métropole : transports, périscolaire, eau… Autre mesure phare que l’on retrouve six ans après : la gratuité des transports en commun. Sans surprises, sa liste prône de nouveau l’arrêt des grands projets jugés inutiles pour une politique de proximité, au service du quotidien des habitants. Il s’oppose ainsi à la construction de la deuxième ligne de tramway jugée trop chère (il privilégie l’essor de bus à hydrogène), quitte à en faire un cheval de bataille, en rebondissant notamment sur la polémique de la menace sur les arbres des boulevards Béranger et Heurteloup.

Enfin, ayant soutenu le mouvement des Gilets Jaunes, Claude Bourdin promet la mise en place d’un RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) à l’échelle municipale.

Ses points forts :

Dans un contexte de forte contestation sociale, Claude Bourdin peut capitaliser sur le mécontentement d’une partie de la population face à la politique du gouvernement. Candidat « de la vraie gauche » selon ses propres éléments de langage, il espère notamment faire le plein de voix dans le corpus d’électeurs de gauche. Son programme en rupture avec ceux des autres candidats lui permet également de se démarquer assez fortement et de rendre claire sa position sur l’échiquier politique. Son expérience des élections passées lui permet également de partir avec une notoriété certaine. Une expérience qui lui permet aussi de maitriser l’exercice d’une campagne et d’occuper le terrain tout en le rendant plutôt redoutable pour ses adversaires lors d’échanges et débats publics.

Ses points faibles :

Depuis l’échec des négociations avec les autres forces de gauche, Claude Bourdin a eu tendance à s’enfermer dans une querelle des gauches. Se revendiquant à chaque prise de parole comme le candidat « de la vraie gauche », il n’hésite pas à tacler durement depuis Emmanuel Denis, rendant difficile une quelconque alliance de second tour et ce quelque-soit le candidat arrivé devant. Une stratégie à double tranchant donc avec le risque de s’enfermer dans une posture avec le risque d’être isolé. La perte du soutien de la France Insoumise n’est d’ailleurs pas un bon signe pour lui même s’il continue d’entretenir le flou sur des documents de campagne, en affichant le soutien de groupes d’insoumis de Touraine, en jouant sur le fait que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n’est pas centralisé. Un argument de plus pour ses adversaires qui lui reprochent une certaine démagogie sur ce point ou sur certaines prises de positions comme sur les arbres du boulevard Béranger pour lesquels il agite la peur d’une destruction du mail comme si c’était acté…

La question bonus :

S’il était élu maire, Claude Bourdin ressortira-t-il la cravate comme au temps de son mandat de conseiller municipal entre 2008 et 2014 ou osera-t-il porter un gilet jaune comme il l’a fait ces derniers mois ?

Un degré en plus :

Son site de campagne : https://www.catdp2020.com/

Sa page Facebook : https://www.facebook.com/cestautoursdupeuple/

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