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Coronavirus : les maires en première ligne

Certains auraient dû tourner la page, donner la clé des dossiers à leur successeur. Pour d’autres, ces derniers jours auraient dû être les premiers d’un nouveau projet, une fois réélu par les électeurs. La crise sanitaire liée au Coronavirus a remis à plus tard tous les rêves et projets des édiles des communes. Pourtant, elle a renforcé également le rôle des maires, celui d’élus de proximité devant gérer au plus près la crise, celui d’élus en première ligne face aux attentes des habitants.

« Dans cette période, l’on s’aperçoit que la place des Maires est plus que jamais utile à la gestion de cette crise car ils sont des élus incarnant la proximité au service de leurs habitants. » Ces termes sont ceux utilisés par Cédric de Oliveira, maire de Fondettes et président de l’Association des Maires d’Indre-et-Loire, il y a deux jours. Dans un communiqué, le président de l’association rappelait ainsi le rôle essentiel des communes et de leurs représentants dans la vie démocratique française.

En première ligne, les maires ont du comme beaucoup s’adapter en très peu de temps. Quelques heures, quelques jours au mieux pour réorganiser les services de la ville, le fonctionnement de collectivités composées de plusieurs centaines de personnes, elles-mêmes au service de plusieurs milliers d’habitants avec toutes les complexités qui vont avec.

« La situation actuelle n’amuse personne, mais les mesures prises sont réfléchies et adoptées dans l’intérêt de tous »

Gestion des marchés, prise en compte des populations dites fragiles, maintien de l’activité des services jugés vitaux, accueil des enfants de personnels soignants… A Joué-lès-Tours comme à La Riche, les maires ont dû s’organiser rapidement face à une crise inédite et d’une ampleur inconnue jusque-là. « Le contexte était particulier, on était à la veille du 2e tour de l’élection municipale et il a fallu gérer la fermeture des commerces non-alimentaires le samedi soir » se rappelle Wilfried Schwartz le maire de La Riche. Depuis, il a géré dans l’urgence, comme beaucoup. « On a mis en place les services d’urgence, organisé des permanences à l’action sociale, transformé le plan canicule en plan pandémie » énumère-t-il. Face à une telle crise, un maire et ses collaborateurs se doivent aussi de connaître les administrés, essayer d’anticiper les situations les plus délicates. « On a d’abord cherché à recenser les personnes de plus de 65 ans sur la commune, on a mis en place un relais avec l’association « Un pas vers l’autre » pour les besoins alimentaires essentiels pour ceux qui ne peuvent se déplacer » poursuit en ce sens Wilfried Schwartz…

Même réduite par rapport à la normale, la vie municipale se poursuit ainsi : « Nous avons fermé l’accueil au public mais assurons un accueil téléphonique ainsi que l’Etat civil. »

« La situation actuelle n’amuse personne, mais les mesures prises sont réfléchies et adoptées dans l’intérêt de tous » rappelle encore le maire de La Riche, en évoquant la nécessité de rester chez soi, de respecter les mesures barrières y compris sur les lieux ouverts comme les marchés. A La Riche, un sur deux est maintenu en accord avec la Préfecture et pour que tout se passe bien, un système d’entrées-sorties, géré par la Police Municipale a été mis en place.

A Joué-lès-Tours, les vacataires prolongés malgré la crise

A quelques kilomètres de là, à Joué-lès-Tours, deuxième ville du département, les marchés ont été divisés. Ceux jugés de proximité ont été maintenus. Les autres, comme celui de la Rabière, qui attirent des populations venant parfois de plus loin ont dû fermer.

Dans cette ville aussi, les élus sont en première ligne, tout comme les services, indique Frédéric Augis le maire de la ville qui insiste sur l’importance de la continuité administrative permettant de maintenir le lien avec les habitants. Pour assurer cette continuité, ils sont une cinquantaine d’employés municipaux à continuer à travailler, que ce soit en télétravail ou sur le terrain. « On essaye de faire le maximum en télétravail » explique le maire de la commune, « physiquement la vie municipale est au ralenti, mais elle ne s’arrête pas. » La crise a également un impact sur l’emploi, et pour éviter des situations personnelles compliquées, Frédéric Augis a décidé de prolonger les contrats des employés vacataires malgré la crise, en leur payant un salaire moyen par rapport à leurs trois derniers mois de salaire.

Autre mesure en faveur de l’emploi et de l’économie pris par le maire : la suspension des loyers pour les commerçants ayant un bail avec la ville. « Il faut que les pouvoirs publics agissent, chacun à son niveau pour limiter au maximum la casse » se justifie Frédéric Augis.

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