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[C’est quoi le problème ?] Le Centre LGBTI annule sa marche pour l’Inclusion à Tours

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Une marche pour l’inclusion et contre les discriminations devait se tenir ce samedi 15 mai à Tours, à l’initiative notamment du Centre LGBTI de Touraine. Suite à une polémique sur la mise en place d’une zone de non-mixité en tête du cortège, l’association a décidé d’annuler le rendez-vous. 

C’est le genre de problématique dont les réseaux sociaux raffolent, où il suffit d’un post ou deux, bien relayés pour enflammer la toile. Samedi le Centre LGBTI de Touraine devait organiser une marche contre les discriminations à Tours. Un rendez-vous d’apparence assez ordinaire pour l’association luttant pour l’inclusion depuis de nombreuses années à Tours et en Touraine. Oui mais dans la communication autour de cette marche, plusieurs éléments sont venus parasiter le message à commencer par la mise-en place d’une zone de non-mixité en tête du cortège. 

En clair, le Centre LGBTI n’interdit nullement la manifestation à quiconque mais pensait réserver un espace aux personnes directement touchées par ces questions d’exclusion-inclusion, victimes de discrimination au sein de la société. Le hic : la communication autour, les mots employés, se révèlent plus clivants que ce simple message et posent débat. « Toute personne blanche qui essaiera de s’incruster dans ce cortège se fera cordialement (ou non) dégager » pouvait-on lire ainsi dans la Story Instagram d’une association participante reprise par le Centre LGBTI. Story qui a mis le feu aux poudres en étant reprise par des réseaux d’extrême-droite au niveau national (dont le site Fdesouche, premier portail identitaire de France) mais aussi par des élus de droite locale comme le conseiller municipal de Tours Olivier Lebreton.

Gêné, le Centre LGBTI a fini par supprimer ce visuel de sa communication et refait des messages en cherchant à justifier pédagogiquement la démarche.

Malgré cette initiative, le mal était fait et la polémique s’était déjà enflammée avec toutes ses dérives… y compris des menaces reçues selon les militants du Centre LGBTI. Cela a pris une telle ampleur que l’association a finalement jeté l’éponge et annulé le rendez-vous ce mercredi, expliquant craindre pour la sécurité des participants :

Analyser cette polémique par le seul prisme d’une orchestration de l’extrême-droite et de la droite locale serait réducteur et contre-productif. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas réel : les réseaux d’extrême-droite sont devenus coutumiers du fait dès qu’il s’agit de faire monter une polémique de la sorte, mais la problématique se veut plus large.

En réagissant à chaud, le maire de Tours, Emmanuel Denis, s’est d’ailleurs laissé piéger. La défense du Centre LGBTI, victime de menaces est légitime et importante, mais en réduisant le malaise à cette dichotomie, le maire de Tours n’a pas pris l’ampleur de la problématique. Cette communication du Centre LGBTI a interpellé au-delà des cénacles militants et propagandistes. En local, c’est d’ailleurs l’élu d’opposition Pierre Commandeur qui a interpellé l’association en premier dès lundi.

On peut difficilement reprocher à cet élu proche de la majorité présidentielle d’être d’extrême-droite, encore moins d’être anti-LGBTI, ce dernier ayant toujours soutenu l’association tourangelle. Ce qui l’a choqué, comme beaucoup dans les commentaires, c’est le paradoxe entre une marche voulue pour lutter contre les discriminations et les termes employés dans la Story reprise par le Centre LGBTI où il était question de « dégager » « cordialement ou non » simplement les personnes non-racisées de la tête du cortège. Inconcevable pour l’élu qui s’interroge :

« Ce type de manifestation a toujours eu pour but de défendre le vivre ensemble et justement la fin de toute ségrégation. Comment LGBTI37 peut-il penser une minute défendre l’égalité des droits en appliquant exactement le contraire ? »

Le problème de ce genre d’actions et d’initiatives c’est le côté tendancieux que l’on peut trouver selon l’interprétation que l’on en fait. Si d’un côté elles peuvent rassurer et conforter les militants impliqués, de l’autre, elles enferment la cause défendue en créant de l’incompréhension auprès du grand public, moins au fait de ces problématiques avec un message qui s’avère finalement contre-productif…

Il y a eu maladresse de la part des associations organisatrices mais le montage en épingle de ce débat a été trop loin. Devoir annuler une manifestation pour un combat important de la société d’aujourd’hui est un recul inquiétant. Il restera néanmoins un autre rendez-vous pour faire entendre ces revendications : la Marche des Fiertés de Tours, prévue au début de l’été.

photo : Image d’archive marche des fiertés 2019

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