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Au Sanitas ou à Monconseil : les marchés, des éléments essentiels de la vie de quartier

 

Depuis le début du confinement, la tenue des marchés alimentaires est une question essentielle pour les villes. A Tours, ce vendredi, nous en avons eu un double exemple avec d’un côté la réouverture du marché Saint-Paul au Sanitas et de l’autre, l’ouverture, pour la première fois, du marché du quartier Monconseil, attendu depuis longtemps par les habitants.

« Il y avait du monde dès le début de matinée, je n’ai même pas eu le temps d’afficher les prix » glisse le poissonnier installé au bord de la Place Saint-Paul ce vendredi matin, près d’un terrain de foot synthétique occupé par un jeune homme et son ballon. Aidé d’une vendeuse, le commerçant est bien content de reprendre du service. Au Sanitas, c’est le premier marché autorisé depuis plus d’un mois. Un déballage attendu par la population du quartier, et que la ville de Tours a dû défendre auprès de la préfecture en garantissant le maintien des désormais célèbres gestes barrières (espace suffisant entre les étals, clients espacés dans la queue…).

Marché Saint-Paul, vendredi 24 avril 2020. (c) Delphine Nivelet

Il y a donc des rubans devant tous les stands, des barrières pour réguler les files d’attente. On croise plus de personnes avec masque que sans, même si la bouche et le nez sont parfois couverts de façon artisanale (avec un foulard, par exemple). La plupart des personnes sont seules, souvent venues du quartier ou d’un peu plus loin (les Fontaines, par exemple, pour une femme croisée avec quelques achats).

L’affluence mesurée mais continue, quelques conversations entre personnes qui ne se sont pas vues depuis longtemps, quelques échanges autour du coup d’envoi du ramadan cette fin de semaine… Esprit bon enfant, sans bousculade. Cela dit, le marché Saint-Paul n’a pas du tout la même ambiance que d’habitude. Moins de sourires, moins d’animation, moins de flânerie. Les personnes présentes semblent souvent aller à l’essentiel, certaines se font rappeler à l’ordre par manque d’habitude des nouvelles normes.

Au pied des immeubles on trouve 17 étals au lieu de 46 en temps normal. « Nous en autorisons 23 en alternance le mardi et le vendredi » explique l’élu de la ville de Tours en charge du commerce Mauro Cuzzoni, venu observer l’organisation mise en place aux côtés de la police municipale et du service commerce. Les commerçants manquants devraient être de retour dans les prochaines semaines. L’enjeu : maintenir la quiétude de ce 24 avril, car la préfecture veille. « On ne veut pas qu’il nous arrive la même chose qu’à Saint-Pierre-des-Corps » explique le représentant de la ville en référence à l’interdiction du grand marché de la Place Thorez, remplacé par un petit marché de 5 étals maximum.

Le Sanitas, c’est le 2e marché que Tours réussit à faire rouvrir après les Halles (le mercredi). Parmi les grands rendez-vous hebdomadaires, seul Rabelais reste encore interdit, tandis que celui de Beaujardin n’a jamais fermé.

Ouverture du marché à Monconseil

Plus au nord, c’est un événement en soi pour le quartier Monconseil. Ici, dans ce quartier sorti de terre il y a moins de 10 ans, ce vendredi 24 avril, marque l’ouverture du premier marché du quartier. Annoncé il y a quelques mois, il devait ouvrir le 27 mars dernier, mais la crise du coronavirus étant passé par là, la place Pierre Gandet n’avait pas encore pu accueillir les commerçants et leurs clients.

Marché Monconseil, vendredi 24 avril 2020 (c) Mathieu Giua

Finalement, sur demande de la ville de Tours, la Préfecture d’Indre-et-Loire a autorisé son ouverture cette semaine, un peu à la hâte. « Il a fallu recontacter les commerçants un peu en urgence, mais ils ont joué le jeu » explique Mauro Cuzzoni. Pour la première de ce nouveau rendez-vous hebdomadaire qui se tiendra tous les vendredis matin, 7 commerçants sont présents, sur les 12 prévus initialement. Des primeurs pour l’essentiel (4 commerçants), mais aussi un boulanger, un poissonnier et un charcutier. Des commerces de boucherie et de fromagerie devraient suivre les prochaines semaines. « C’est une première et on voit que cela répond à une attente » se félicite l’élu aux commerces de la ville de Tours en regardant la clientèle qui s’est déplacée de façon plutôt nombreuse en cette matinée ensoleillée. « Pour une première c’est bien, surtout qu’il n’y a pas eu beaucoup de communication sur l’ouverture, il faut donc que les habitants prennent leurs habitudes » analyse de son côté un commerçant.

Marché Monconseil, vendredi 24 avril 2020 (c) Mathieu Giua

A quelques pas de là, un habitant du quartier se montre également satisfait : « la place est agréable, c’est bien, avant il fallait que j’aille jusqu’à Coty, là je n’ai qu’à descendre de chez moi et j’y suis en deux minutes, et puis cela fait de l’animation dans le quartier. » A voir les passants avec leurs cabas et autres sacs remplis, déambuler sur les trottoirs en direction ou en repartant de la place du marché, on se dit qu’il n’a pas tort. Au Sanitas ou à Monconseil, les marchés sont ainsi des éléments essentiels à la vie de quartier, encore plus en cette période troublée finalement.

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