Conseil Municipal de Tours : La donation Cligman vers le Château de Tours, le CCNT va déménager

Le dernier conseil municipal de Tours, de l’année 2016, s’est tenu hier soir avec comme gros morceau le débat sur le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable), document principal du PLU (Plan Local d’Urbanisme) qui est en cours de révision et qui sera lui débattu d’ici deux mois. Un débat qui aura duré plus de 3h30. Un sujet majeur, engageant l’avenir et l’évolution de la ville, dont nous reviendrons prochainement en détail sur ce site.

Parmi les autres sujets traités hier soir par l’assemblée municipale, le futur déménagement du Centre Chorégraphique National de Tours (CCNT) et un nouveau rebondissement dans la donation d’œuvres d’arts à la ville par le riche industriel Léon Cligman.

La donation Cligman prend la direction du Château de Tours

150_263_chateau_nuit(c) Ville de Tours

Le mois dernier, lors du précédent conseil municipal, c’est l’avis défavorable de la commission nationale des secteurs sauvegardés sur le projet d’extension du Musée des Beaux-Arts, en vue d’accueillir la donation de 1200 œuvres d’arts de Léon Cligman à la Mairie de Tours, qui avait amené le sujet dans les débats. Une décision que Serge Babary avait regretté tout en appelant à la Ministre de la Culture, Audrey Azoulay. « Ce projet est porté par l’Etat, seule la Ministre prendra la décision » avait alors déclarait le maire.

Un mois plus tard, hier soir, le sujet de la « donation Cligman » s’est de nouveau invité à l’assemblée municipale par la voie de Serge Babary qui a annoncé avoir fait visiter plusieurs sites de la ville à l’industriel pour voir si un d’entre eux pourrait lui convenir. « M. Cligman a confirmé le souhait que sa donation à l’Etat soit déposée au plus vite à Tours et son intérêt s’est porté sur le Château de Tours ». Une solution de repli, justifiée par le maire de Tours pour éviter d’éventuels recours et pour « que les choses aillent vite ». Si on peut s’étonner du choix laissé au donateur de sélectionner lui-même le patrimoine public qu’il estime digne pour sa collection (d’autant plus qu’à l’heure actuelle, on ne sait toujours pas la part d’œuvres exposables parmi les 1200 de la donation), on comprend que le maire de Tours y voit une sortie honorable dans ce dossier qui paraissait bien engagé mais s’était enlisé sur les protections du secteur sauvegardé.

Et si les détails ne sont pas encore actés, Serge Babary l’a assuré, les expositions du Jeu de Paume continueront d’être accueillies au Château de Tours, tout comme les autres expositions pour lesquelles « on trouvera de la place » a réagi le maire aux propos de Pierre Texier (PCF). L’élue socialiste Nadia Hamoudi a tenu a salué la décision de changer le lieu d’accueil de la donation en rappelant qu’elle avait proposé elle-même le château de Tours lorsque le sujet avait été pour la première fois débattu en conseil municipal en juin dernier. Avec un peu de malice dans son intervention, l’élue socialiste a profité du sujet pour tenter d’en savoir un peu plus sur l’avenir du Plessis  : « On aurait pu en profiter pour avoir un projet plus ambitieux en intégrant la donation Cligman au château du Plessis et faire de ce lieu un centre culturel de rencontres… ». Une façon détournée d’amener dans les débats le projet de Centre Culturel de Rencontres. Projet qui serait dans les cartons pour le Plessis-Théâtre, avec le soutien de l’ancien sénateur Yves Dauge, dorénavant Président de l’Association des Centres Culturels de Rencontre (ACCR). Rappelons que les CCR sont des labels octroyés par le Ministère de la Culture pour donner une nouvelle vie, culturelle, artistique, intellectuelle, à des monuments historiques ayant perdu leur vocation d’origine. Sans répondre sur l’avenir du Plessis, le maire de Tours a simplement fait savoir que ce lieu avait été proposé également à Léon Cligman mais que ce dernier ne s’était pas montré intéressé.

Le CCNT sur le site des casernes en 2020

34518-2016-09-08_matthieu_rogerL’actuel CCNT / (c) Matthieu Roger-CCNT

Devenu parent pauvre des structures culturelles tourangelles en terme d’infrastructures, le CCNT va enfin se voir doter de lieux adaptés. 

Réputé nationalement, le centre chorégraphique tourangeau, dirigé par le talentueux Thomas Lebrun depuis 2012, commençait à souffrir de ses locaux dans le quartier d’activités Giraudeau. Son déménagement envisagé depuis plusieurs années (déjà sous Jean Germain), va enfin voir le jour comme l’avait annoncé en septembre dernier Christine Beuzelin, lors de sa présentation de la saison culturelle.

« Le CCNT est aujourd’hui mal desservi, excentré et trop petit pour ses activités avec 700 m² de surface et une salle ne pouvant accueillir que 150 places » a introduit Christine Beuzelin à son propos. Une situation qui sera du passé en 2020, année pour le centre chorégraphique devrait prendre possession de ses nouveaux locaux sur le site des casernes Beaumont-Chauveau. Intégré au projet de futur quartier, le CCNT se verra ainsi doter de 3150 m² de locaux comprenant une salle de diffusion de 400 places, deux studios de danse, des espaces d’accueil d’artistes, de salles annexes… D’un coût de 13,3 millions d’euros, ce projet va faire l’objet d’un concours de maîtrise d’œuvre.

Une fois celui-ci construit, la ville de Tours pourra s’enorgueillir de posséder des salles de qualité dans la quasi-totalité des arts. Il est vrai que la danse semblait jusqu’à présent la grande oubliée des infrastructures tourangelles qui comprenaient déjà Le Petit Faucheux pour le Jazz et les Musiques Improvisées, le Théâtre Olympia (nouvellement Centre Dramatique National) pour le théâtre, le CCC OD pour l’art contemporain, ou encore en élargissant à l’agglomération, Le 37e Parallèle et le Point H^ut pour les Arts de la rue, le Temps Machine pour les musiques amplifiées,…

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