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[VIDEO] 6 choses que vous ignorez sans doute sur les Alphajet de Tours

On les voit et on les entend voler pratiquement tous les jours (et parfois la nuit)… Mais comment fonctionnent les Alphajet de l’école de chasse basés à la BA705 de Tours ? Direction le tarmac pour tout comprendre…

 

1 – Ces avions sont plus vieux qu’ils n’en ont l’air

La base aérienne de Tours compte une vingtaine d’appareils, tous sortis des usines Dassault et Dornier entre 1979 et 1980. Régulièrement repeints, leur fuselage est d’origine mais de nombreuses pièces et les instruments sont régulièrement changés. Pour chaque sortie programmée, les mécaniciens mettent à disposition des instructeurs et de leurs élèves une dizaine d’appareils.

2 – Dans l’armée, l’Alphajet est parfois surnommé « la mobylette »

Moins rapide qu’un Rafale ou un Mirage 2000, également plus facile à prendre en main pour les pilotes, l’Alphajet est armé pour la défense mais quasi exclusivement dédié à la formation (la Patrouille de France l’utilise de son côté pour ses démonstrations aériennes). C’est donc un avion-école pouvant transporter une ou deux personnes et qui dispose de deux postes de commandes identiques. L’élève est devant, l’instructeur derrière et ce dernier peut prendre la main à tout moment sur l’ensemble des instruments de vol.

3 – On allume d’abord le moteur gauche… puis le droit

Côté technique, l’Alphajet est un biréacteur de 11m75 de long, 9m11 d’envergure et 4m19 de haut. Il peut voler jusqu’à 50 000 pieds soit 16 000m d’altitude et atteindre 850km/h soit 550 noeuds. Sa vitesse minimale est elle de 180km/h. Son décollage se fait en 700m à un peu plus de 200km/h et lorsqu’il prend de l’altitude, il peut monter de 3 600m en seulement une minute

4 – Un gros consommateur de carburant

Le réservoir de l’Alphajet peut contenir 2 000l de kérozène, de quoi faire un aller-retour Tours > Mont-de-Marsan, ce qui lui prend environ 1h. En vol, il consomme jusqu’à 30l à la minute et tout de même 3l à la minute au sol. Pour faire quelques économies, il est tracté par des camions entre les hangars de maintenance et son parking sur le tarmac.

5 – 35 minutes de prise en main avant le décollage

Avant de monter dans le cockpit, les pilotes se font accompagner par un technicien et font le tour de l’avion pour vérifier son bon état de fonctionnement. Ils signent alors un document qui atteste qu’ils « prennent en compte » l’appareil. Pas de clef pour ouvrir l’habitacle : un simple clic suffit. Il faut ensuite s’installer dans le siège éjectable ce qui prend quelques minutes (un autocollant DANGER est bien en vue sur la carlingue pour rappeler que le dispositif utilise de la pyrotechnie). Après cela, il faut solliciter la batterie électrique de l’aéronef ou un groupe électrogène pour mettre en route les moteurs et rouler jusqu’à la piste.

6 – Une zone de vol « principale » très étendue

La plupart du temps, les Alphajet de la BA705 évoluent dans un périmètre allant de la Touraine à la région nantaise, entre 3 000 et 15 000m d’altitude. Ils survolent ainsi Angers, Chinon ou Saumur. Les vols se font à 9h du matin, 11h, 13h, 15h et parfois de nuit, les mardis et jeudis soirs. Les missions d’instruction sont variées : voltige, vol aux instruments (sans vision sur le sol)… On appelle ça des « modules » dans le jargon de la formation de l’école de chasse. L’Alphajet vole seul ou en patrouille de 2 voire 4 appareils. Au retour, l’équipage refait un bilan technique de la machine en signant un document et en signalant tout problème aux mécaniciens.

A lire également : Assistance et sécurité aérienne : l’autre mission des Alphajet de Tours

Texte : Olivier Collet

Vidéo : Margaux Gac

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