SociétéChroniquesChroniques-Société

Signes des Temps #252 – L’appel des profondeurs

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

Ce week-end, après 40 jours passés dans une grotte sans aucune notion du temps, un groupe de volontaires a retrouvé la lumière du jour, le rythme solaire et l’existence des pendules. Les voilà bombardés dans une réalité où les besoins primaires que sont dormir, manger et entretenir son corps côtoient toutes sortes d’urgences. Notre monde se précipite et comment ne pas voir la proximité de ce terme avec le mot précipice ?

On se laisse entraîner, on glisse, on trébuche, sans vraiment réussir à s’accrocher pour se rattraper et stopper la cavalcade.

En ce sens, aussi inhospitalière qu’elle puisse apparaître avec son obscurité ou son humidité, cette expérience d’enfermement dans la grotte a un côté séduisant. Lors du premier confinement anti-Covid, nous étions enfermés, ralentis, mais toujours liés aux convulsions de la société. Seul un Américain parti en retraite méditative avait tout à coup débarqué de nulle part dans cette époque. D’où cette question : se retrouver un temps donné loin des sollicitations perpétuelles nous fera-t-il plus de bien que de mal ?

En croisant cette bouche d’égout entrouverte et ceinturée de barrières aux Halles de Tours on se demande : pourrait-on transgresser ce périmètre de sécurité et s’enfoncer dans un obscur qui n’appartiendrait qu’à nous ? Finirait-on par y trouver une lumière, comme celle qui surgit parfois malgré nos yeux clos ?

Print Friendly, PDF & Email