SociétéA la uneReportage-Société

On a visité le poste d’aiguillage de la gare de Tours

Cette semaine la SNCF organise une animation « Vive le Train ». L’idée : dynamiser ses gares via différents événements comme des cours de danse mais aussi ouvrir les portes de lieux d’habitude interdits au public comme le Technicentre de Saint-Pierre-des-Corps ou le poste d’aiguillage de la gare de Tours. Nous avons suivi l’une de ces visites…

Si vous avez déjà pris le train en gare de Tours vous êtes forcément passé devant, peut-être sans trop y faire attention. A environ 300m du bout des quais, côté Sanitas, le poste d’aiguillage fait face aux hôtels et bureaux de la Rue Edouard Vaillant. Pour y accéder, il faut longer les rails sur la droite de la gare, marcher un peu moins de 5 minutes le long des trains et locomotives « au dépôt » puis grimper trois étages. De là, on a une chouette vue sur les rails et le bâtiment de Victor Laloux. Et si l’on en croit l’un des cheminots qui travaille là, les couchers de soleil valent le détour…

Le poste d’aiguillage d’une gare, c’est un peu comme la tour de contrôle d’un aéroport. C’est en partie de lui que dépend la bonne marche des trains qui partent et arrivent chaque jour à Tours. On apprend d’ailleurs qu’il fonctionne 7 jours sur 7, 24h/24 : il y a au moins un agent en permanence selon la règle des 3×8 (4h-12h, 12h-20h et 20h-4h) et un deuxième agent en renfort entre 5h et 21h30. A Saint-Pierre-des-Corps, ils peuvent être maximum 3.

Un poste créé en 1971

En entrant dans la petite salle ce mardi, les visiteurs s’étonnent très vite : non, les aiguillages tourangeaux ne sont pas commandés de façon informatique. Face aux voies, pas moins de 57 manettes numérotées et leurs pédales, avec également un grand tableau reproduisant le schéma de circulation (les trains y apparaissent en rouge, on sait en permanence où ils sont sans regarder par la fenêtre).

Il a beau être 14h, un agent se lève toutes les 2 à 3 minutes pour gérer le départ d’un train régional, l’arrivée d’une navette en provenance de Saint-Pierre-des-Corps ou la sortie d’un train Corail du garage avant sa mise en place sur un quai. Un ballet savamment orchestré, pratiquement une chorégraphie, avec un cliquetis tonitruant.

La mécanique plus efficace que l’informatique ?

Créé en 1971, le poste d’aiguillage de Tours fonctionne donc de manière mécanique, et s’il est en hauteur c’est parce que les installations techniques qui relient les manettes aux voies sont en partie situées sous la salle de contrôle. « L’avantage de ce type de système c’est qu’il tombe rarement en panne. Même s’il n’y a pas d’électricité on peut gérer certaines choses sur le terrain de façon manuelle » explique un des employés du site.

Ailleurs, le modèle est différent : à Saint-Pierre-des-Corps les agents SNCF appuient sur des boutons pour commander les changements de direction, et à Monts c’est un poste entièrement informatisé qui est placé au niveau de la LGV. Un programme informatique y est actualisé chaque jour pour gérer automatiquement les aiguillages. L’agent en place ne fait donc que gérer les imprévus.

Un métier où il faut gérer les imprévus

En partant de Tours, les trains peuvent aller dans trois directions : Saint-Pierre-des-Corps, Poitiers ou Saumur / Le Mans. Charge donc aux cheminots de les diriger vers la bonne bifurcation. Une fois qu’ils ont fait les manœuvres nécessaires, le conducteur reçoit un signal indiquant que le trajet est prêt. Le train peut partir. A l’inverse, en cas d’imprévu en gare (groupe qui met du temps à monter, problème technique…), les agents de bord peuvent prévenir le poste d’aiguillage du retard afin de ne pas faire de manipulations inutiles.

L’avantage de l’étoile ferroviaire de Tours, c’est que ses multiples ramifications s’avèrent utiles en cas de pépin. Ce mardi matin, un rail ne fonctionnait pas comme il faut entre Saint-Pierre-des-Corps et Tours. Impossible de faire passer les trains dans ce sens-là, et dans l’autre direction ils pouvaient avancer mais à vitesse réduite. Le trafic a été perturbé mais pas totalement interrompu : « on a envoyé un TER de Saint-Pierre-des-Corps jusqu’à Joué-lès-Tours où il a fait demi-tour pour revenir à Tours car sur cette partie de la ligne tout fonctionnait bien. » Le système D façon SNCF.


Un degré en plus :

Le poste d’aiguillage fait partie des secteurs où la SNCF embauche régulièrement du nouveau personnel.

Print Friendly, PDF & Email