Société

La situation larvée du Sanitas

Coups de feu, blessés par balles, l’ambiance devient explosive au Sanitas. Connue depuis longtemps, la situation tourne aux règlements de compte et aux intimidations. Explications.

Des douilles de Kalachnikovs retrouvées

Un cauchemar, voilà ce que ressentent les habitants des barres d’immeubles qui font face au Palais des Sports. Depuis trois jours, la tension est forte, depuis que des coups de feu ont fait deux blessés. Des tirs à l’arme automatique et à l’arme de poing. Des douilles de 9 mm et neuf douilles de types 7.62 ont été retrouvées sur place. Ce calibre est précisément celui utilisé avec une AK-47, la tristement célèbre Kalachnikov. Il ne fait plus de doutes aujourd’hui que ces armes de guerre circulent dans le quartier. Elles sont la propriété incontestée de caïds qui se font une guerre de territoire pour le marché juteux des stupéfiants.

Une victime d’une balle perdue

Difficile aujourd’hui de soutenir la thèse de bandes rivales originaires du quartier de Tours et de Joué-lès-Tours. Les explications sont peut-être à trouver entre groupes de délinquants du seul quartier du Sanitas. Les uns essayant de prendre le dessus sur les autres. Pour cela, désormais, les armes parlent. Elles sont devenues le seul moyen de négociations entre trafiquants. Parmi les deux victimes des tirs, il semble que l’une, touchée au biceps, ait été victime d’une balle perdue. Depuis plusieurs mois, les opérations de police se succèdent afin de déranger le business des vendeurs. Ceux-là même qui, au coin de la station Total, échangent contre argent comptant des barrettes à la forte odeur et peut-être même de la « blanche ». Hier soir, vers 19h30, la situation montait encore d’un cran. Des individus encagoulés lançaient des petites bombes bourrées d’acide sur les forces de l’ordre. Les policiers du commissariat de Tours ne sont pas les bienvenus. Prière de ne pas déranger ceux qui règnent sur le quartier et qui souhaitent dicter leurs propres lois et surtout pas celles de la République.

A 48 heures du réveillon de la Saint Sylvestre, les autorités sont sur le qui-vive et les habitants inquiets. A Tours, aussi, il existe des quartiers « chauds ». Qu’on se le dise.

crédit photo : Immeubles du Sanitas – image d’archives 37°

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