À Tours, des aides d’urgence pour des commerçants touchés par les violences et la baisse de fréquentation

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Pour aider les commerçants du centre de Tours, en proie aux différents événements qui ont eu lieu ces derniers samedis, la région Centre-Val de Loire mobilise son fonds d’urgence, avec une aide pouvant atteindre 7 000 euros par bénéficiaire, tandis que Tours Métropole a voté un soutien de 100 000 euros. Les chambres consulaires appellent aussi à un retour des clients en centre-ville.

Pour les commerces de Tours, les dégâts subis sont importants. Selon l’adjoint au commerce, Iman Manzari, « 53 commerces ont été dégradés ou pillés sur la ville de Tours ».

« Au-delà de la casse, ce qui inquiète les commerçants c’est la perte de chiffre d’affaires, cela a été amplifié avec le couvre-feu de samedi dernier, même s’il a été annulé une heure avant », explique l’élu qui indique que la mairie avait mis en place une cellule de crise dès le 19 octobre.

Une crise qui dépasse les commerces dégradés

La Chambre de métiers et de l’artisanat décrit des dégâts matériels limités dans certains secteurs, comme la coiffure ou les métiers de bouche, mais une baisse du chiffre d’affaires liée au recul de la fréquentation, indique sa vice-présidente Géraldine Ferteux : « Cette situation s’ajoute à une consommation déjà fragilisée par la conjoncture et les difficultés de pouvoir d’achat ».

Du côté de la Chambre de commerce et d’industrie de Touraine, le président Philippe Roussy évoque une situation économique très tendue et appelle la population à la solidarité : « Il faut un retour à l’ordre public et une relance de la consommation ». François Bonneau souligne, pour sa part, la fragilité du commerce de centre-ville face à l’évolution des habitudes d’achat, tout en rappelant son rôle social et les emplois qui en dépendent.

Alertée par les chambres consulaires et les collectivités locales, notamment la ville de Tours, la Région a décidé de mobiliser son fonds d’urgence dans le cadre de ses compétences économiques. Créé en 2023 pour répondre aux conséquences des émeutes sur les commerces, ce dispositif a ensuite été utilisé pour des dommages liés aux tempêtes et à d’autres événements climatiques. Depuis sa création, il a accompagné 48 bénéficiaires dans leur redémarrage.

L’aide peut atteindre 7 000 euros par bénéficiaire, sur présentation de factures, pour des stocks ou du matériel détériorés et des travaux de remise en état. François Bonneau précise que cette intervention vient en complément des dispositifs des villes et intercommunalités, sans se substituer aux assurances. Aucune enveloppe globale n’a été définie à ce stade pour cette mobilisation du fonds, présenté comme un outil souple et réactif. Les dossiers des commerçants passent par la CCI et la CMA.

Les élus de Tours Métropole ont voté par ailleurs, lundi 2 novembre, une aide aux entreprises touchées par les violences en marge des trois manifestations d’octobre. La collectivité adapte son fonds façade, initialement destiné à des rénovations programmées, pour consacrer 100 000 euros à ce soutien, notamment à la remise en état des vitrines et façades.

Pour orienter les entreprises vers les dispositifs existants, la mairie de Tours dispose d’un guichet unique chargé du suivi des dossiers. Une aide de l’Urssaf destinée aux indépendants, pouvant aller jusqu’à 6 000 euros, est également mentionnée parmi les soutiens mobilisables. L’accompagnement ne se limite pas au volet financier : la cellule d’écoute de la CCI reste ouverte aux chefs d’entreprise et aux salariés, eux aussi fragilisés par les événements.

Des dimanches supplémentaires pour retrouver de l’activité

Au-delà de la réparation des dégâts, les commerçants cherchent à compenser les pertes d’activité des samedis de manifestation. Selon les éléments présentés par la CCI, 50 % d’entre eux souhaitent ouvrir le dimanche, alors que l’activité du mardi au vendredi reste décrite comme relativement correcte en centre-ville.

Trois dimanches supplémentaires d’ouverture sont envisagés d’ici la fin de l’année, en plus des six habituellement autorisés dans l’agglomération. Le président de Tours Métropole, Frédéric Augis, a indiqué qu’une demande serait adressée au préfet. Les démarches d’ouverture doivent également être portées par les commerçants et leurs groupements.

Les professionnels demandent aussi davantage de mesures incitatives pour utiliser les transports en commun lors des journées de forte affluence commerciale.

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