Une cinquantaine de parents se sont mobilisés, mardi 3 novembre au matin, devant le lycée Descartes, à Tours, pour empêcher un nouveau blocage de l’établissement. Regroupés au sein d’un collectif d’environ 140 membres, ils affirment comprendre certaines revendications des lycéens, tout en refusant que ces actions pénalisent la scolarité de leurs enfants.
Aux alentours de 5 heures du matin, une vingtaine de parents étaient déjà présents devant le lycée Descartes. Ce mardi 3 novembre, ils étaient une cinquantaine à s’être mobilisés pour empêcher un nouveau blocus de l’établissement. Selon leur récit, au petit matin, un groupe de jeunes masqués, munis de poubelles, est arrivé pour tenter de bloquer l’accès au lycée. Les parents se sont donc interposés et les forces de l’ordre sont ensuite intervenues pour disperser le groupe. Mais cette confrontation entre jeunes et parents ne s’est pas déroulée sans heurts.
Des coups échangés entre parents et jeunes
Selon nos confrères de La Nouvelle République, plusieurs lycéens dénoncent des violences de la part de parents. Une jeune fille affirme notamment qu’une participante a été saisie par le col et qu’une autre a reçu un coup au visage alors qu’un adulte tentait de lui retirer son masque. Ils rapportent également qu’un parent interrogé reconnaît des « agrippages de cols »

Derrière cette confrontation matinale, une mobilisation qui ne doit rien à l’improvisation. Organisés depuis la fin du week-end précédent autour d’un groupe WhatsApp, ces parents sont désormais environ 140 à faire partie du collectif. Leur démarche se veut apolitique et porte une position commune : comprendre les revendications des lycéens, mais refuser les méthodes de blocage qui empêchent d’autres élèves d’accéder à leurs cours.
« Nous comprenons les motifs et certaines revendications des manifestants, mais nous sommes opposés aux blocages », résument-ils.
La scolarité au cœur des inquiétudes
Leur première préoccupation porte sur l’impact des blocus sur le parcours scolaire des élèves. Les parents pointent du doigt les lycéens de première en préparation du baccalauréat, ceux qui devront également constituer leur dossier Parcoursup en début d’année prochaine, et les étudiants en classe préparatoire pour lesquels les dates de concours arrivent prochainement. « Chaque journée de cours perdue pourrait avoir des conséquences importantes », avertissent-ils. Les responsables d’établissements ont cherché à pallier cette situation en instaurant des cours en ligne, mais cette mesure ne semble pas apporter une réponse suffisante.
Comprendre les revendications, refuser les blocages
Ces parents ne contestent pas les revendications des lycées, qui rejoignent parfois celles de leurs enfants. Ils affirment partager leurs inquiétudes, notamment sur la surcharge des effectifs ou l’absence de professeurs dans certaines matières. Cette position ne se limite pas aux lycées tourangeaux. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, réalisé les 6 et 7 octobre derniers, 71 % chez les parents de lycéens jugent légitimes les revendications des lycéens mais 55 % des Français estiment que le mouvement doit s’arrêter. Ces résultats illustrent l’opposition entre le soutien aux revendications et l’adhésion aux méthodes employées pour se faire entendre.
Cette distinction est au cœur du collectif de Descartes. Ses membres affirment ne pas vouloir entraver l’expression des jeunes, mais doivent permettre à chaque élève de poursuivre sa scolarité. « Nous souhaitons que les deux droits coexistent », insistent-ils. Ils se disent déterminés à poursuivre leurs actions, tout en privilégiant le dialogue.








