A Tours, une première résidence meublée avec la méthode du surcyclage

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Vendredi 14 juin, le bailleur tourangeau Ligéris inaugurait une résidence étudiante au concept inhabituel. Aménagée dans l’ancienne poste de l’Avenue de Grammont, face à l’école Molière, elle propose 21 appartements dont le mobilier a été entièrement sélectionné via la méthode du surcyclage, soit des meubles chinés et repensés pour s’adapter aux codes d’aujourd’hui. Même la vaisselle des logements a été chinée.

L’idée : restituer l’esprit années 50 en écho à la date de construction du bâtiment inauguré en 1957 (il a accueilli des bains publics et un centre de soins pour nourrissons avant de devenir un site central des PTT). Ce travail de réflexion autour de l’agencement a été effectué par une designeuse de l’agence tourangelle RCP en partenariat avec Tri 37, d’ébénistes ou de menuisiers. Lits, bureaux, tables, chaises… Pendant de longs mois, elle a récupéré des objets qu’elle a stockés avant de réfléchir à comment les accorder dans des studios. Même les couettes sont réalisées à partir de chutes de tissus récupérées par l’association Active basée à La Riche.

L’idée semble avoir séduit au point que le concept est amené à se développer. RCP a ainsi créé une société baptisée Habiter Surcyclé, sous-division de sa maison-mère. Agathe Nesti en prend la direction après avoir supervisé le projet Molière. Son premier grand poste puisqu’elle sort tout juste de ses études. Elle nous explique un peu plus en détails comment tout cela fonctionne…

En quoi consiste votre travail quand vous vous lancez sur ce type de projet ?

Je suis designer riper. Ce qu’on fait c’est qu’on met en place un cahier des charges selon les attentes puis on entame un travail de recherche. L’étape suivante c’est de trouver ce qu’on appelle des délaissés domestiques via les encombrants, les déchetteries, des particuliers ou des entreprises qui donnent ce qu’elles gardent dans leurs caves. On récupère, on sélectionne selon nos besoins puis on vient soit déconstruire le meuble pour le reconstruire autrement, soit assembler des meubles les uns avec les autres pour s’adapter aux usages et créer des ambiances.

On ne garde pas les meubles bruts ?

On peut mais il y a un travail sur la finition, le vernis. Parfois ce sont des meubles qui ont passé du temps dans des caves ou des endroits pas adaptés donc on va remettre tout ça au goût du jour en fonction de ce qui est voulu et de manière à ce que ça tienne dans le temps.

Alors, au goût du jour… En revanche on n’est pas du tout sur une ambiance 2024.

Sur le projet Molière on a voulu coller au bâtiment qui date des années 50. Après on n’est pas sur du mobilier 50’s mais sur une inspiration années 50 donc ça va être par exemple des ajouts de pieds crayons.

Quand on fait ça, surtout pour des étudiants, est-ce qu’on n’a pas peur de déstabiliser en créant un univers très vintage ?

On a fait le test via des expositions à la Foire de Tours en posant des questions. Par exemple sur le formica, qui est présent dans cette résidence, on a eu le retour de personnes plus âgées qui étaient moins adeptes mais les jeunes étaient fans de l’idée. Il y a aussi cette idée d’être dans l’esprit des années 50 mais en l’amenant au goût du jour. Et on a fait en sorte que tout soit personnalisable.

En quoi ce type de démarche est nécessaire selon vous ?

Déjà pour l’aspect écologique. Garder les savoirs-faires. Récupérer du bois brut que l’on trouve de moins en moins. Et puis c’est en accord avec la nouvelle loi qui oblige les entreprises à avoir au moins 20% de mobilier recyclé quand elles s’équipent.

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