« Tous nos bâtiments sont dans un état déplorable » : les priorités du nouveau maire de Chambray-lès-Tours

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C’est le principal changement observé dans la Métropole de Tours à l’issue des élections municipales 2026 : la mairie de Chambray-lès-Tours qui bascule à droite avec l’élection de Michel Lamy pour prendre la suite de Christian Gatard. S’il a bénéficié de la division de deux adjointes du maire sortant au 1er tour, cet élu non-encarté doit également sa victoire à sa forte implantation locale.

A 45 ans, il fait partie des maires les plus jeunes de l’agglomération tourangelle. Originaire de Loches, Michel Lamy est arrivé à Chambray au début des années 2000 : « Je faisais mes études à Tours et je suis tombé amoureux de la ville. Je trouvais qu’il y avait tout : les magasins, le lac, l’hippodrome, la forêt, Loches facile d’accès… Et puis je ne voulais pas aller à Tours, j’avais besoin d’une ville verte qui respire » se souvient-il.

Pense-t-il toujours la même chose ? « Oui, même si je trouve que ça a beaucoup évolué. La commune s’est urbanisée de manière importante avec des bâtiments qui ont poussé partout sans aucune cohérence architecturale comparé à d’autres villes comme St-Cyr où on a une ligne architecturale qui donne du caractère. Chambray-lès-Tours n’est pas une ville moche, elle a un haut potentiel comme St-Cyr et Saint-Avertin, mais on a eu une urbanisation massive avec des projets sans lien entre eux. Ça m’a déplu. »

C’est pour cela que Michel Lamy s’est rapidement engagé dans la politique chambraisienne. « Mon ambition vient du fait que soit on râle, soit on agit » commente le nouveau maire auprès de 37 degrés. Dès 2008 il s’engage avec l’opposition aux côtés de Jean-Luc Matrat avant de figurer sur la liste de Laurent Bordas en 2014 et d’intégrer le conseil municipal l’année d’après suite à une démission.

En 2020, il prend même le lead de la campagne face à Christian Gatard, réussissant à former l’union entre deux équipes de droite qui peinaient à trouver un accord. En pleine crise Covid, ça ne passe pas, mais on sent déjà que l’empire de Christian Gatard s’effrite. « Je pense réellement que le 4e mandat était de trop » assume Michel Lamy, pas avare de critiques sur son prédécesseur : « On l’appelait le Mozart de la finance mais c’est dans les rêves, la mairie n’était pas si bien gérée que ça. » Un audit doit prochainement rendre ses conclusions pour étayer ces propos.

« Mes années dans l’opposition ont été formatrices car ça m’a appris à connaître tous les dossiers… même s’il fallait les chercher un par un. C’est dommage ce manque de transparence » se rappelle le nouveau maire qui était « 70% d’accord » avec les décisions prises mais en opposition frontale sur « les grosses stratégies » comme le quartier de la Guignardière qu’il qualifie de « catastrophique » : « Ils ont créé un quartier avec une idéologie. Il y a tellement de contraintes que personne ne veut y acheter » assène-t-il déplorant le manque de places de parking ou l’obligation d’avoir recours à un architecte, ce qu’il compte prochainement abroger.

Michel Lamy critique également le chantier de rénovation à 4 millions d’€ de la salle Yves Renaul « qui fonctionnait très bien et qui – à mon sens – n’était pas une priorité ». Faute de pouvoir arrêter le projet qui était déjà trop avancé, il espère pourvoir réorienter des investissements vers la rénovation des bâtiments dont les crèches et les gymnases, « deuxième priorité de la population après la sécurité » évoquée lors de ses porte-à-porte de campagne.

« Tous nos bâtiments sont dans un état déplorable. Les crèches sont indignes de recevoir des enfants avec de la peinture qui se décolle des murs, il pleut depuis 20 ans dans le gymnase Danguillaume, on manquait de ventilateurs dans les écoles et je viens de fermer la Tête de Pâques au lac car c’était devenu trop dangereux de l’escalader » liste le maire de Chambray, déplorant aussi des retards sur la rénovation du Château de la Branchoire (victime d’un incendie).

« L’audit financer me permettra de regarder où sont les marges de manœuvre » déclare Michel Lamy qui souhaite « rationnaliser les coûts et réinternaliser ce que l’on peut, comme la gestion informatique » mais aussi développer le personnel municipal, notamment aux espaces verts : « Nous avons 12 agents quand Montlouis en a 25 pour une population équivalente et La Riche 40 alors qu’ils sont moins nombreux. » Un Directeur Général des Services vient de prendre ses fonctions pour chapeauter tout cela.

Mais le grand projet qui va occuper le mandat de Michel Lamy c’est l’arrivée du tram, à laquelle il est favorable, ce qui n’est pas forcément si fréquent parmi les politiques de droite. « Je suis ravi car cela va permettre de rénover l’Avenue de la République laissée à l’abandon depuis 25 ans. L’entrée de la Métropole aura plus d’allure et ça favorisera le développement des mobilités douces. C’est un projet que je trouve bien pensé et je suis persuadé que le parking relais de la Papoterie fonctionnera » professe-t-il, citant sa propre expérience lyonnaise pour se convaincre de l’intérêt d’un tel dispositif.

Avec l’énergie des nouveaux élus, le nouveau maire de Chambray évoque un début de mandat « intense » mais positif. 11e vice-président de la Métropole chargé de la commande publique et des moyens généraux, il n’a pas encore autant de pouvoir que son prédécesseur dans l’institution mais pourrait rapidement s’y faire une certaine place, se disant autant en phase avec les idées de droite que certaines visions écologistes. Il encourage enfin le projet d’Arena, tout en poussant aussi pour une nouvelle extension de la Fontaine Blanche afin d’offre davantage de public à l’équipe de handball de la ville, 3e du championnat de LBE cette année et qui jouera de nouveau l’Europe la saison prochaine.

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