Tours Métropole : Christophe Bouchet retire son recours mais dénonce « un système délétère »

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Il y a une chose de sûre avec Christophe Bouchet, c’est que lorsqu’il convoque une conférence de presse, on sait d’avance que l’on aura le droit à quelques punchlines verbales et autres piques bien senties. Franc-tireur et habitué des joutes verbales, il en a fait une nouvelle fois preuve ce mardi 02 juin en dénonçant « un système délétère et des accords toxiques qui stérilisent le territoire ».

Ce fut le cas ce mardi 02 juin 2026. Au lendemain d’un conseil métropolitain où il se sera montré une nouvelle fois comme le principal « empêcheur de tourner en rond », d’une institution plutôt habituée à une certaine tempérance et concorde de façade, l’ancien maire de Tours (de 2017 à 2020) a tenu à rencontrer la presse locale pour faire état de l’avancée du recours administratif qu’il a engagé contre l’élection de Frédéric Augis, à la présidence de Tours Métropole.

« Ce vote ressemblait à une élection de délégué de classe »

Pour rappel, Christophe Bouchet, avait engagé avec sa collègue, également élue d’opposition de Tours, Marion Nicolay-Cabanne, une procédure visant à faire annuler l’élection du président de Tours Métropole Val de Loire, Frédéric Augis. Le recours, déposé le 14 avril devant le tribunal administratif d’Orléans, ciblait le scrutin du 9 avril qui avait vu Frédéric Augis, maire de Joué-lès-Tours et président sortant, l’emporter d’une seule voix face au maire écologiste de Tours, Emmanuel Denis, par 43 voix contre 42, avec un vote blanc.

Les requérants invoquaient de possibles irrégularités dans le déroulement et le contrôle des opérations de vote (absence d’émargement notamment). « Ce vote ressemblait plus à une élection de délégué d’une classe de CM2 qu’à une élection d’un président d’une métropole » attaque encore aujourd’hui l’élu tourangeau qui évoque avoir déposé le recours pour marquer le coup.  

Un recours que beaucoup voyaient comme un retour de bâton après la non-élection de Christophe Bouchet au poste de 19e vice-président de la Métropole. Battu par le maire de Chanceaux-sur-Choisille, Frédéric Darbon, les proches de Christophe Bouchet dénonçaient une manœuvre du président de Tours Métropole, l’accusant d’avoir autorisé la gauche métropolitaine de porter un candidat face à lui pour le faire tomber.

« Une tambouille interne qui bloque le territoire »

Pourtant, Christophe Bouchet indique avoir retiré ce 02 juin le recours avant son étude par le tribunal administratif. « Nous ne voulons pas ajouter du bazar et faire perdre six mois au territoire qui n’en a pas besoin » explique-t-il. Le fond du problème selon lui c’est que « Les accords sont tellement serrés entre Emmanuel Denis et Frédéric Augis, que même si le recours donnait une nouvelle élection, il y a très peu de chances qu’on échappe à quelque chose de différent que ce soit dans un sens ou dans un autre. »

En clair, Christophe Bouchet reproche à Fréderic Augis et Emmanuel Denis d’avoir noué une alliance qui cadenasse le fonctionnement de Tours Métropole. « On est dans une tambouille permanente, une soupe à la tourangelle qui bloque ce territoire » assène-t-il encore sans retenir ses mots pour dénoncer : « un système délétère et des accords toxiques qui stérilisent le territoire ».

Faut-il y voir une forme d’aigreur suite à ses différentes défaites, que ce soit au suffrage universel lors de l’élection municipale ou au suffrage interne lors de l’élection des vice-présidents par les élus métropolitains ? Christophe Bouchet s’en défend bien sûr, même s’il reconnait que des discussions et négociations ont bien eu lieu avant l’élection métropolitaine avec Frédéric Augis pour intégrer son équipe. « J’ai pensé que l’on pouvait faire changer le cours des choses, la manière de faire, j’ai compris désormais que ce n’était pas possible » singe-t-il avant d’évoquer une « haute trahison » de la part du président métropolitain.

Aujourd’hui clairement opposant numéro 1 à Fréderic Augis, tout comme à Emmanuel Denis, Christophe Bouchet se fait donc « franc-tireur », un rôle qu’il compte bien embrasser tout au long du mandat.

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