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[Municipales 2020] La nouvelle bataille de Mickaël Cortot

On l’avait laissé un peu désabusé à son départ de la présidence du PS en Indre-et-Loire. Revoilà Mickaël Cortot sur le devant de la scène, avec son propre mouvement « Projet citoyen pour Tours ». L’homme insiste : « pas de mise en avant de personne en particulier », une démarche « en toute humilité et sans prétention »… Mais pas sans ambitions.

Une date brandie comme preuve d’une réflexion tout sauf précipitée : 9 décembre 2017, celle de la fondation de l’association « Projet citoyen pour Tours ». La structure est restée discrète jusqu’à ces dernières semaines : « notre objectif n’était pas d’être sur le devant de la scène mais de travailler sur un projet » plaide Mickaël Cortot en égrenant la liste des démarches entreprises pendant toute l’année 2018 et les premiers mois de 2019 (réunions d’appartement, concertation sur les actions à mener, rassemblement de sympathisants).

Travailler en coulisses, c’est bien. Mais il est désormais trop risqué de rester dans l’ombre, au risque de passer au travers des radars. Car depuis le printemps les différents projets sortent du bois les uns après les autres en prélude des élections municipales de 2020. Dans cette bataille qui s’annonce rude, Mickaël Cortot – 42 ans – revendique un plan mûri avant d’autres. L’affichage d’une démarche basée sur les idées avant les personnes, pour une élection qui se joue quand même beaucoup sur la notoriété à l’échelle d’une commune. Sa stratégie, similaire à d’autres comme Philippe Lacaile, Nicolas Gautreau, Claude Bourdin ou Emmanuel Denis, est de mettre en avant les idées citoyennes versées au programme commun après des ateliers participatifs, et aller chercher des talents issus de la société civile en dehors des étiquettes de partis. C’est LE discours immuable du moment.

« On tire notre légitimité du travail »

« On a mis en place des groupes de travail sur différents thèmes. Au total plus de 300 personnes ont participé aux échanges » explique Mickaël Cortot qui se trouve aujourd’hui entouré de quelques dizaines de militants bénévoles, dont trois annoncées comme membres de la liste. A ses côtés, Micheline Bouquet – ‘principale du collège Jules Ferry) – et l’ancien directeur Commerce de la ville de Tours parti en retraite depuis quelques mois, Jean-Louis Renier.

Leurs premières propositions portent sur la démocratie (1,5 million d’€ de budget participatif par an, -10% d’indemnités pour les élus, 4 conseils de quartiers aux pouvoirs élargis…) et les transports (la ligne B du tram via Bretonneau et Mame plutôt que le Plessis-Botanique à La Riche, des rails d’un seul côté du Boulevard Béranger pour la ligne B, pas de prolongement du périphérique au-delà de la clinique de l’Alliance à St-Cyr).

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« Avant les discours d’experts, notre démarche a été d’aller rencontrer les habitants dans les quartiers. Et ça nous a décoiffés, on a ainsi pu nourrir notre réflexion. On tire notre légitimité du travail » souligne Mickaël Cortot, qui plaide pour des mesures inspirées directement du quotidien des Tourangelles et des Tourangeaux. « C’est une vision qui découle du mouvement des Gilets jaunes où la population a eu le sentiment de ne pas être entendue. »

Démarche solitaire ou marche vers un rassemblement ?

Résolument de gauche, la démarche de Mickaël Cortot se place en opposition frontale avec l’action menée depuis 2014 par les équipes de Serge Babary puis Christophe Bouchet. Avec par exemple un revirement clair envisagé, à savoir le retour des salles gratuites pour les associations : « ça ne rapporte que 100 000€ par an. Beaucoup de temps perdu pour si peu de résultats » raille-t-il, ajoutant que sur le mandat « la dette aurait pu baisser plus » et ne manquant pas de scepticisme sur le projet pharaonique de rénovation des Halles. L’association se montre en revanche plus intéressée par des sujets comme le travail sur la redynamisation de l’Avenue Grammont, entamé sous la direction de Jean-Louis Renier.

Alors jusqu’où ira ce « Projet citoyen pour Tours » ? Aujourd’hui, Mickaël Cortot et son équipe avancent avec l’optique de présenter une liste complète de 55 noms pour le scrutin de 2020. Mais à lire le programme et en analysant la démarche – comparables à d’autres – on ne peut que s’interroger sur la possibilité d’alliances avec d’autres forces en présence. « On discute, il y a des échanges » commente sobrement le candidat quand on lui en parle, renvoyant au dernier trimestre pour d’autres annonces, après un été passé à peaufiner le projet.


Un degré en plus :

Découvrez le trombinoscope commenté de tous les candidats aux élections municipales de Tours en 2020.

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