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MUNICIPALES 2020 : Le trombinoscope commenté des candidatures à Tours

Dans 8 mois, on saura qui s’installera pour 6 ans dans le grand bureau du 5ème étage de l’Hôtel de Ville de Tours. La campagne a déjà commencé. Qui va la mener ? Avec quelle équipe ? Quels soutiens ? Pour vous y retrouver, nous vous proposons un trombinoscope commenté avec les candidatures confirmées, probables, envisageables ou avortées. Cet article sera régulièrement mis à jour selon les évolutions au sein du microcosme politique local.

Christophe Bouchet – candidat déclaré

Élu maire en octobre 2017 pour remplacer Serge Babary après son élection au Sénat, l’élu centriste n’a jamais fait mystère de son intention de se présenter. Son objectif : faire – enfin – un mandat complet à la tête de la ville en obtenant au passage le soutien d’Emmanuel Macron et du 1er ministre Edouard Philippe dans sa campagne, même sans être membre du parti LREM. Il multiplie ainsi les signes de rapprochement avec l’exécutif, ayant signé deux tribunes de soutien à la politique du président en quelques semaines. Une tentative de contourner le parti qui déplait aux instances locales d’LREM qui veulent monter leur propre liste. La commission d’investiture nationale doit donner son verdict sous peu.

Si son équipe municipale peut avoir à son crédit un effort certain sur la réduction de la dette de la ville depuis 2014, le bilan de la majorité de Christophe Bouchet est attaqué de toutes parts, notamment pour ses difficultés à faire avancer des projets structurants comme celui du haut de la Rue Nationale. C’est devenu LA cible N°1, l’homme à faire tomber. Alors que les défections se multiplient dans sa majorité de droite et du centre allant des centristes à Debout la France on ignore précisément avec qui il composera sa liste.

 

Xavier Dateu – candidat déclaré

En octobre 2017, il était aussi candidat pour prendre la suite de Serge Babary afin de terminer le mandat débuté en 2014. Mais l’adjoint aux sports a été battu au bénéfice de l’âge par Christophe Bouchet après une égalité parfaite lors du vote interne de la majorité. Depuis, il a quitté l’équipe municipale et participe à un groupe d’opposition baptisé Tours, Tours Métropole, Touraine avec d’autres ex membres de la majorité comme Barbara Darnet-Malaquin, Monique Delagarde et Céline Ballesteros. Également vice-président du Conseil Départemental, enraciné à Tours Nord, il a été l’un des premiers à se déclarer candidat en vue de l’échéance de 2020.

 

Un(e) autre candidat(e) à droite (voire plusieurs) ? – Pas impossible

Pour la campagne de 2014, Serge Babary avait réussi à ratisser large à droite : de l’ex-UMP à Debout la France en passant par les centristes du l’UDI ou du Parti Radical. Cette union sera-t-elle confirmée en 2020 ? Difficile de le dire aujourd’hui, d’autant que les partis ont de moins en moins la cote, le dernier exemple en date étant l’échec des Républicains aux Européennes.

 

Rassemblement National – candidature à définir

Le parti dirigé par Marine Le Pen compte deux élus au conseil municipal actuel dont Gilles Godefroy, également conseiller régional qui a mené la liste de 2014. Il indiquait cet hiver que les travaux avaient déjà commencé pour constituer l’équipe. Fin février, elle comptait selon lui une trentaine de noms.

 

Benoist Pierre – candidat très probable

Jusqu’ici, l’universitaire président du CESR était discret en politique. Mais dès septembre 2018, il est monté sur scène en s’affichant avec Édouard Philippe et le député Philippe Chalumeau pour une session footing matinale intimiste, il a ensuite participé au lancement d’une enquête auprès d’habitants avec toute l’équipe militante d’LREM avant de souhaiter ses vœux en vidéo sur Facebook comme tout bon politique puis de lancer un club de réflexion pour faire émerger des idées, baptisé Citynov. Au printemps, il a confirmé qu’il souhaitait prendre la tête d’une liste LREM et attend désormais la réponse de la commission d’investiture nationale. Si elle choisit Christophe Bouchet, renoncera-t-il à ses ambitions ? Pas sûr… D’autant qu’il ne mâche pas ses mots envers le maire actuel.

 

Françoise Amiot – tentative de candidature

La présidente de l’association Tours A Venir a annoncé qu’elle souhaitait soumettre sa candidature à la commission nationale d’investiture d’LREM, parti dont l’ancienne adjointe au maire LR de Serge Babary a défendu les couleurs aux dernières sénatoriales. Depuis cette sortie, on n’a pas eu beaucoup de nouvelles.

 

Nicolas Gautreau – candidat déclaré

Pilier de l’équipe de Jean Germain, l’ancien socialiste est aujourd’hui membre du groupe Les Démocrates du Conseil Municipal où on sait que l’entente entre les trois élus est loin d’être au beau fixe. Électron libre ne mâchant pas ses mots, Nicolas Gautreau aime le combat politique. Un temps présenté comme proche d’LREM, il lance un projet de liste baptisé Les Indépendants avec l’ex socialiste Nadia Hamoudi, désormais proche de Benoit Hamon où une ex conseillère municipale d’opposition, Lætitia Jallot. C’est le premier à avoir publiquement lancé sa campagne en insistant sur la volonté de rassembler une grande partie de personnes extérieures au monde politique.

 

Cathy Munsch-Masset – Pas impossible

Jean-Patrick Gille et Cathy Munsch-Masset (c) Mathieu Giua

La vice-présidente socialiste du Conseil Régional passe de plus en plus de temps à Tours et il n’est pas exclu qu’elle prenne des initiatives sous les couleurs du PS tandis que l’ex député PS Jean-Patrick Gille, un temps pressenti, semble aujourd’hui clairement écarter cette option. malgré son implication dans un mouvement baptisé En Avant Tours. Mais alors les socialistes partiront-ils seuls ou privilégieront-ils une alliance ? La deuxième option semble aujourd’hui la plus probable. Cathy Munsch-Masset ayant été vue à plusieurs reprises aux côtés des écologistes.

 

Emmanuel Denis – candidat très très probable

L’écologiste est l’une des voix d’opposition les plus marquantes de la ville de Tours et de la métropole depuis 2014. Il s’est fait remarquer pour ses actions médiatiques contre le circuit de courses Nascar, les terrains de sport synthétiques ou pour le développement du vélo. Actuellement membre du groupe Tours à Gauche avec les socialistes et les communistes, il en est certainement le meilleur porte-parole. En parallèle, Emmanuel Denis a monté « Les Cogitations Citoyennes », un collectif chargé de constituer un programme pour les municipales en intégrant des citoyens non encartés. Depuis l’excellent score des écologistes aux Européennes, en particulier à Tours, il se voit bien comme l’homme capable de mener la campagne. La question est de savoir s’il parviendra à un accord programmatique et humain avec d’autres forces comme La France Insoumise, les socialistes ou les communistes.

 

Philippe Lacaile – candidat déclaré

Ancien Directeur Général des Services de Jean Germain quand il était maire, il s’active au sein d’une association baptisée Tours en Mouvement avec l’idée de constituer une liste pour les élections municipales de 2020. L’homme se revendique plutôt de centre gauche. Son objectif : bâtir un projet pour relancer la dynamique municipale ou accélérer les actions en faveur de l’écologie. Son association revendique une soixantaine de membres de tous horizons mais il ne les a pas encore présentés officiellement. Il dit également rechercher l’hypothèse d’un accord programmatique avec d’autres initiatives et ne fait pas de sa candidature en tête de liste une condition sine qua non.

 

Claude Bourdin – candidat possible

Déjà candidat sur la liste C’est au Tour(s) du Peuple en 2014, l’un des leaders tourangeaux de La France Insoumise a réalisé un assez beau score aux législatives de 2017 et n’a jamais caché ses ambitions. Lui aussi organise régulièrement des cafés politiques, et d’ailleurs il l’a fait avec régularité pendant les dernières années. Se rangera-t-il finalement dans une équipe réunissant plusieurs forces de gauche quitte à en prendre la tête ou partira-t-il seul avec sa bande ? La question n’est pas encore tranchée. Des discussions sont en cours et leur durée régulièrement rallongée.

 

Mickaël Cortot – candidat déclaré

Ancien N°1 du Parti Socialiste en Indre-et-Loire, l’homme de 42 ans a créé l’association Projet citoyen pour Tours fin 2018 et revendique un programme élaboré après des rencontres avec près de 300 personnes via des réunions d’appartement ou des ateliers participatifs. Sans exclure une éventuelle alliance, il se prépare à partir seul avec une équipe en cours de constitution, comportant déjà la principale du collège Jules Ferry ou l’ancien directeur du commerce de la ville. Son projet est clairement affirmé comme à gauche, humaniste, avec des premières propositions sur la démocratie ou les transports.

 

Lutte Ouvrière et Parti Ouvrier Indépendant – candidatures probables

En 2014, ces deux listes avaient rassemblé moins de 2% des voix. On notera qu’il n’y avait que ces deux projets qui étaient menés par des femmes (Anne Brunet et Claire Delore).


Cette liste actualisée fin juillet 2019 après une première publication en février est naturellement provisoire. Elle est amenée à s’étendre, se raccourcir ou se transformer dans les prochains mois en fonction des alliances, des bisbilles ou de l’émergence de personnalités souhaitant faire valoir leurs idées. En 2014, 7 bulletins étaient proposés dans les bureaux de vote tourangeaux. L’inventaire ci-dessus laisse supposer que leur nombre pourrait être au moins équivalent, voire plus important.

Un point est assez marquant : les femmes sont peu nombreuses à jouer les premiers rôles. Les futures listes seront forcément paritaires – c’est la loi – mais que des femmes en occupent la première place pour celles que l’on peut voir comme les « favorites » du scrutin serait un signe plus fort.

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