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Le trombinoscope commenté des candidatures pour la mairie de Tours en 2020

Dans 13 mois, on saura qui s’installera pour 6 ans dans le grand bureau du 5ème étage de l’Hôtel de Ville de Tours. Et qu’on ne s’y trompe pas, la campagne a déjà commencé. Qui va la mener ? Avec quelle équipe ? Quels soutiens ? Pour vous y retrouver, nous vous proposons un trombinoscope commenté avec les candidatures confirmées, probables, envisageables ou avortées. Cet article sera régulièrement mis à jour selon les évolutions au sein du microcosme politique local.

Christophe Bouchet – candidat déclaré

Elu maire en octobre 2017 pour remplacer Serge Babary après son élection au Sénat, l’élu centriste n’a jamais fait mystère de son intention de se présenter. Son objectif : faire – enfin – un mandat complet à la tête de la ville. Un temps annoncé comme candidat potentiel de La République En Marche, il s’est rapidement éloigné des instances locales malgré sa proximité idéologique avec le pouvoir en place ou son amitié revendiquée avec le premier ministre Edouard Philippe. Si son équipe municipale peut avoir à son crédit un effort certain sur la réduction de la dette de la ville depuis 2014, le bilan de l’équipe qu’il dirige est attaqué de toutes parts, notamment pour son incapacité à faire avancer des projets structurants comme celui du haut de la Rue Nationale. On ignore également avec qui il composera sa liste, et quelles forces politiques le soutiendront. Surtout que plusieurs membres de la majorité ont démissionné de leurs fonctions ou quitté ses rangs.

 

Xavier Dateu – candidat déclaré

En octobre 2017, il était aussi candidat pour prendre la suite de Serge Babary afin de terminer le mandat débuté en 2014. Mais l’adjoint aux sports a été battu au bénéfice de l’âge par Christophe Bouchet après une égalité parfaite lors du vote interne de la majorité. Depuis, il a quitté l’équipe municipale et prend souvent la parole en conseil pour critiquer les choix de ses anciens collègues. Egalement vice-président du Conseil Départemental, enraciné à Tours Nord, il s’est rapidement déclaré candidat en vue de l’échéance de 2020. Lui aussi centriste, on ignore pour l’instant quels seront ses soutiens ni qui composera sa liste de 55 noms. On sait tout de même qu’il dispose de sympathisants dans la majorité actuelle, comme l’ex adjointe Chérifa Zazoua qui a démissionné de ses fonctions et n’a pas voté le budget 2019.

 

Un(e) autre candidat(e) à droite (voire plusieurs) ? – Pas impossible

Pour la campagne de 2014, Serge Babary avait réussi à ratisser large à droite : de l’ex-UMP à Debout la France en passant par les centristes du l’UDI ou du Parti Radical. Cette union sera-t-elle confirmée en 2020 ? Difficile de le dire aujourd’hui, d’autant que les partis ont de moins en moins la cote auprès de l’opinion et que de nombreuses personnalités se présentent sans étiquette affirmée. Si Les Républicains ou Debout la France choisissent par exemple de lancer indépendamment des personnalités, ce pourrait être autant d’épines dans le pied du maire sortant Christophe Bouchet.

 

Rassemblement National – candidature à définir

Le parti dirigé par Marine Le Pen compte deux élus au conseil municipal actuel dont Gilles Godefroy, également conseiller régional qui a mené la liste de 2014. Il indique que la question de la tête de liste de 2020 sera tranchée après les Européennes du 26 mai mais les travaux ont déjà commencé pour constituer l’équipe qui compterait une trentaine de noms fin février.

 

Benoist Pierre – candidat probable

Jusqu’ici, l’universitaire président du CESR était discret en politique. Mais dès septembre 2018, il est monté sur scène en s’affichant avec Edouard Philippe et le député Philippe Chalumeau pour une session footing matinale intimiste, il a ensuite participé au lancement d’une enquête auprès d’habitants avec toute l’équipe militante d’LREM avant de souhaiter ses vœux en vidéo sur Facebook comme tout bon politique puis de lancer un club de réflexion pour faire émerger des idées, baptisé Citynov. Si ça, ça ne ressemble pas au comportement d’un homme en campagne il faudra nous expliquer de quoi il s’agit.

 

Philippe Chalumeau – et pourquoi pas ?

Le député LREM de Tours n’est élu au Palais Bourbon que depuis 2017 mais quelques rumeurs le disent intéressé par le fauteuil de maire, ce qu’il n’a jamais clairement démenti. Pourrait-il finalement quitter la scène nationale pour la Place Jean Jaurès et prendre la place qui semble offerte à Benoist Pierre ?

 

Nicolas Gautreau – candidat déclaré

Pilier de l’équipe de Jean Germain, l’ancien socialiste est aujourd’hui membre du groupe Les Démocrates du Conseil Municipal où on sait que l’entente entre les trois élus est loin d’être au beau fixe. Electron libre ne mâchant pas ses mots, Nicolas Gautreau aime le combat politique. Un temps présenté comme proche d’LREM, il semble aujourd’hui vouloir gommer cette image.  Avec qui partira-t-il ? On pourrait en savoir plus dans les prochaines semaines.

 

Jean-Patrick Gille – Pas impossible

Jean-Patrick Gille et Cathy Munsch-Masset (c) Mathieu Giua

L’ex député socialiste de Tours battu en 2017 est chef du groupe majoritaire au Conseil Régional et a quitté le conseil municipal de Tours en cours de mandat pour se consacrer à ses activités dans l’équipe de François Bonneau. Régulièrement présent sur le terrain à Tours, il entretient le doute sur ses ambitions, d’autant que lui aussi fait la promotion d’une plateforme chargée de faire émerger des idées pour la ville : En Avant Tours.

Une association dans laquelle on retrouve également Cathy Munsch-Masset, vice-présidente du Conseil Régional. Certains prêtent à cette dernière la tête de liste, d’autant plus que Jean-Patrick Gille ne semble pas faire de cette position, une condition sine qua non à sa participation à la campagne. A moins qu’En Avant Tours ne joue la carte d’une liste commune et large à gauche. « Cela ne se fera que sur la base d’un projet commun » affirme aujourd’hui Jean-Patrick Gille.

 

Emmanuel Denis – candidat probable

L’écologiste est l’une des voix d’opposition les plus marquantes de la ville depuis 2014. Il s’est fait remarquer pour ses actions médiatiques contre le circuit de courses Nascar, les terrains de sport synthétiques ou pour le développement du vélo. Actuellement membre du groupe Tours à Gauche avec les socialistes et les communistes, il en est certainement le meilleur porte-parole. En parallèle, Emmanuel Denis a monté « Les Cogitations Citoyennes », un collectif chargé de constituer un programme pour les municipales en intégrant des citoyens non encartés. Un collectif dont il pourrait prendre la tête, même si aujourd’hui il refuse de parler des questions de personnes.

 

Philippe Lacaile – candidat déclaré

Philippe Lacaile sur le plateau de TV Tours Val de Loire – capture écran

Ancien Directeur Général des Services de Jean Germain quand il était maire, il s’active au sein d’une association baptisée Tours en Mouvement avec l’idée de constituer une liste pour les élections municipales de 2020, sans qu’on puisse lui donner une couleur politique claire dans l’état actuel des choses.

 

Claude Bourdin – candidat très probable

Déjà candidat sur la liste C’est au Tour(s) du Peuple en 2014, l’un des leaders tourangeaux de La France Insoumise a réalisé un assez beau score aux législatives de 2017 et n’a jamais caché ses ambitions. Lui aussi organise régulièrement des cafés politiques, et d’ailleurs il l’a fait avec régularité pendant les dernières années. Se rangera-t-il finalement dans une équipe réunissant plusieurs forces de gauche quitte à en prendre la tête ou partira-t-il seul avec sa bande ? La question n’est pas encore tranchée.

 

Lutte Ouvrière et Parti Ouvrier Indépendant – candidatures probables

En 2014, ces deux listes avaient rassemblé moins de 2% des voix. On notera qu’il n’y avait que ces deux projets qui étaient menés par des femmes (Anne Brunet et Claire Delore).


Cette première liste établie fin février 2019 est naturellement provisoire. Elle est amenée à s’étendre, se raccourcir ou se transformer dans les prochains mois en fonction des alliances, des bisbilles ou de l’émergence de personnalités souhaitant faire valoir leurs idées de manière indépendante. En 2014, 7 bulletins étaient proposés dans les bureaux de vote tourangeaux. L’inventaire ci-dessus laisse supposer que leur nombre pourrait être au moins équivalent, voire plus important.

Un point est assez marquant : les femmes sont les grandes absentes de ce trombinoscope, hormis Cathy Munch-Masset, Anne Brunet et Claire Delore si elles repartent en campagne. Les futures listes seront forcément paritaires – c’est la loi – mais que des femmes en occupent la première place pour celles qui que l’on peut voir comme les « favorites » du scrutin serait un signe plus fort.

Il y a encore quelques temps, on aurait pu ajouter le nom et la photo de Françoise Amiot. Ancienne adjointe aux finances de Serge Babary, elle avait claqué la porte du conseil municipal et des Républicains avec fracas en 2017 pour rejoindre En Marche puis créer son association Tours A’Venir. Fin 2018, elle était présente au lancement de la campagne LREM aux côtés de Benoist Pierre et Philippe Chalumeau mais depuis elle a pris ses distances et affirme ne soutenir personne tout en poursuivant ses travaux autour d’un projet via des réunions ou des échanges avec des personnalités.

Ne pas mentionner Cécile Jonathan (PS) serait également une erreur mais en l’état actuel de nos informations elle n’est pas candidate à la candidature.

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