Législatives : A gauche, l’union comme espoir

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En Indre-et-Loire, les forces de gauche avancent main dans la main, en attendant néanmoins les dernières directives nationales de leurs partis, dans ces élections législatives. Pour elles, l’espoir est permis, si tout le monde part uni.

En actant dès lundi une union sous la bannière « Nouveau Front Populaire », les partis de gauche, du Parti Communiste Français (PCF) à Europe Ecologie Les Verts (EELV) en passant par les socialistes (PS) et la France Insoumise (LFI), entendent ainsi devenir la première force politique du pays.

Pour y arriver, ils convoquent l’ancrage mémoriel. Exit la Nupes, place au Front Populaire. Deux mots ressortis des livres d’Histoire, comme pour mieux ancrer le caractère singulier et exceptionnel qui se joue avec les élections Législatives anticipées décidées par le Président de la République, au soir des élections Européennes qui ont vu le Rassemblement National arriver largement en tête.

Les termes choisis sont symboliquement forts, le front populaire de 1936 répondait à une montée des périls de l’extrême-droite. Les forces de gauche de 2024 se placent sur cette même ligne, et tant pis si la comparaison historique n’est pas forcément raison, la société et le contexte n’étant pas les mêmes qu’il y a 88 ans.

Pourtant cette union générale n’est pas nouvelle, elle a déjà existé sous différentes formes dans un passé récent. 2022 avec la Nupes avait été ainsi un succès, mais derrière plusieurs tensions étaient apparues. 2024 et le Front Populaire se veut alors porteur d’un nouvel élan. Le simple appel au barrage à l’extrême-droite ne suffira pas cette fois, il faudra une réponse sur le fonds, en s’appuyant sur les expériences réalisées en local.

En partant de là, en Indre-et-Loire, l’union se fait assez naturellement, sur les fondements de ce qui a été construit dès 2020 à Tours puis en 2022 pour les Législatives précédentes. Les représentations seront peu ou prou les mêmes qu’en 2022 d’ailleurs : 2 candidatures LFI, 2 pour le PS et enfin le député sortant EELV Charles Fournier sur la 1ere circonscription.

Charles Fournier (EELV) défendra son mandat de député sortant

Ce dernier a d’ores et déjà lancé sa campagne, ce mercredi matin sur le marché des Halles, ses militants tractaient ainsi pour sa première réunion publique de campagne prévue ce jeudi soir à 20h salle du Champ-Girault à Tours et ce même si l’accord au niveau national sur les représentations dans les différentes circonscriptions n’était pas encore totalement validé.

« Le timing ne permettait pas de faire autre chose que de se lancer très vite. Mais ce que j’ai dit dès lundi c’est que si d’aventure l’accord n’était pas confirmé, j’aurai pris soin de me retirer pour ne pas jouer la carte de la division » nous explique Charles Fournier ce mercredi 12 juin avant que l’accord entre les partis de gauche ne soit officiellement acté.

Le député sortant repart donc sous une envie d’union uniquement qui s’écrit via l’étiquette d’union « Nouveau Front Populaire ». Une campagne qui ne ressemblera à aucune autre et qui s’annonce plus âpre que jamais : « Le Président de la République cherche ces conditions, il l’a encore montré dans son discours ce mercredi. En renvoyant comme radical tout ce qui n’est pas de sa sphère politique, il n’élève pas le débat et contribue à un contexte de tension. »

A Tours, si l’extrême-droite ne s’annonce pas aussi élevée qu’ailleurs, Charles Fournier se montre déterminé mais prudent néanmoins : « il faudra faire une campagne de terrain et répondre sur le fonds aux inquiétudes des Français. La gauche a une opportunité réelle de le faire, pour cela il ne faut pas une liste d’ingrédients mais un récit global pour aller vers du mieux. »

Fort de deux années de mandature de député où il s’est montré très actif, Charles Fournier entend s’appuyer sur son bilan personnel notamment pour convaincre les électeurs de le renvoyer au Palais Bourbon. Il compte aussi sur les soutiens des militants et sympathisants de l’ensemble de la gauche « L’énergie qu’il y a depuis lundi autour de ma candidature fait chaud au cœur, j’ai reçu le soutien de plusieurs organisations comme le PCF, C’est Au Tours du Peuple, Les Cogitations Citoyennes immédiatement. Sur le terrain, les militants sont aussi déjà en action. »

L’espérance de gagner plusieurs circonscriptions en Indre-et-Loire

Une candidature qu’il ancre dans cette union politique, mais aussi dans une dynamique territoriale au niveau du département. « Nous pouvons remporter plusieurs circonscriptions dans le département. Ce qui fera la différence c’est si le message et la dynamique du « Nouveau Front Populaire » prennent chez nos concitoyens, mais je crois que dimanche soir a été un électrochoc pour beaucoup. »  

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les candidatures ne sont pas encore officialisées sur les autres circonscriptions pour porter cette union justement. Ce qu’on peut dire c’est que Laurent Baumel (PS), candidat déjà en 2022 devrait repartir sur la 5e circonscription. Christelle Gobert, candidate sur la 2e circonscription en 2022 pourrait être également de nouveau candidate, tandis que Roxane Sirven, candidate sur la 3e circonscription et Françoise Langlade qui était sur la 5e ne le seraient pas cette fois.

Pour Bertrand Renaud, élu LFI de la ville de Tours qui compte principalement s’engager dans cette campagne sur la 5e circonscription (qui comprend une partie de Tours-Nord, où le RN a fait un score fleuve aux Européennes) : « la courte durée de la campagne oblige à avoir des candidats bien installés dans leur territoire ». En attendant le nom des candidates et candidats, il se dit confiant envers la dynamique d’union. « On voit qu’il y a un élan, si on rassemble les scores de la gauche dimanche dernier, nous sommes proches du Rassemblement National, nous avons la possibilité d’arriver en tête » croit-il.

« Sur le fond il faut répondre au Rassemblement National qui grimpe y compris en zone urbaine comme à Tours-Nord. Il faut que l’on s’appuie sur le travail qui est mené par nos élus » affirme encore le conseiller municipal insoumis justement installé sur Tours-Nord.

Les Insoumis qui devront également dépasser les attaques de leurs adversaires, eux qui sont la cible trouvée et privilégiée des détracteurs de l’union de la gauche. « On a l’habitude » poursuit encore Bertrand Renaud, « mais les électeurs de gauche savent que ce ne sont que des caricatures. Il ne faut pas tomber dans ce jeu, mais parler de choses concrètes, c’est ce qu’attendent les électeurs. »

Peu importe donc les critiques, l’idée est d’avancer, « nous avons vu que la politique d’Emmanuel Macron et de ses élus ne fonctionne pas depuis 2017. Nous sommes donc la seule force politique capable de construire une majorité crédible. »

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