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Hommages, inquiétudes, au-revoir : on débriefe le Congrès des Maires d’Indre-et-Loire

Il se déroule à peu près à la même période chaque année, quelques jours après le Congrès des Maires de France. Le Congrès des Maires d’Indre-et-Loire est un rendez-vous qui peut potentiellement rassembler plus de 4 000 élu.e.s venu.e.s des 272 communes du département. Tout ce monde se retrouve donc fin novembre au Vinci de Tours pour écouter des discours, prendre connaissance des dernières nouveautés en termes de mobilier urbain et boire quelques coupettes. L’édition 2019 avait lieu ce jeudi 28 novembre. Morceaux choisis.

Comité d’accueil

Double manifestation devant le Palais des Congrès de Tours avant le début des discours : d’un côté les pompiers qui réclament depuis plusieurs mois maintenant des effectifs et moyens supplémentaires pour réaliser leurs missions. De l’autre les victimes de la sécheresse qui demandent à l’Etat de prendre un arrêté de catastrophe naturelle pour les dizaines de communes où des maisons ont bougé à cause des conditions météo. Le président des maires d’Indre-et-Loire Cédric de Oliveira a marqué son soutien à ces deux groupes de manifestants, en interpellant l’Etat « pour qu’il prenne ses responsabilités. » Présente et invitée à s’exprimer à la mi-journée, la préfète d’Indre-et-Loire n’a fait aucune référence à ces deux sujets dans son discours.

Revendications

L’Etat en a pris pour son grade lors de cette journée, Cédric de Oliveira relayant le sentiment de plusieurs élus « déçus de la concertation » concernant la refonte de l’organisation des services fiscaux dans le département (avec des fermetures de trésoreries). « Nous avons le sentiment de décisions déjà prises en amont. Nous attendons une réelle concertation » souligne le maire de Fondettes. Corinne Orzechowski n’a pas répondu directement, préférant évoquer la labellisation de 6 maisons de services publics qui vont pouvoir afficher prochainement la marque France Services. 16 autres sont candidates.

Gens du voyage

On n’en a presque pas entendu parler, ou simplement par Cédric de Oliveira pour rappeler l’importance du dialogue sur le sujet pour apaiser les tensions. Les élus ont un guide à leur disposition pour savoir quoi faire.

Revendications, bis

« Les compétences des communes sont réduites à peau de chagrin. Il faut cesser ce mouvement et faire confiance à l’esprit d’initiative » a dénoncé Cédric de Oliveira en critiquant l’organisation du pouvoir en France. « Il y a un sentiment de dépossession des maires car ils sont contraints par de nouvelles normes imposées sans comprendre pourquoi. Il est indispensable de mettre fin à la technocratie et à la lourdeur administrative qui polluent les actions de terrain. Des contraintes qui pèsent aussi sur nos agents municipaux. » Cette fois, la préfète a répondu promettant de donner plus de dérogations aux communes : « Chaque jour ou presque, vous me soumettez des idées et des difficultés comme l’adaptation des règles des Plans de Prévention des Risques d’Inondations pour permettre notamment des aménagements sans enjeu sur les habitations comme l’aménagement de serres » a salué Corinne Orzechowski semblant inviter les élus à poursuivre dans cette voie.

Dans le même temps, le maire de Langeais et conseiller régional Pierre Alain-Roiron a réclamé « une nouvelle phase de décentralisation avec des recettes propres et des financements durables pour les communes. » Il faisait référence à la suppression de la taxe d’habitation d’ici 2022. La préfète a promis qu’elle serait compensée à hauteur de 92 millions d’€ avec une hausse des enveloppes de 0,9% en 2020 en rapport avec l’augmentation du coût de la vie.

Et justement le coût de la vie, le président des maires ruraux Guy de Brantes y a fait référence en demandant une revalorisation du point d’indice pour augmenter les salaires des secrétaires de mairies « à qui on demande de plus en plus de choses. Les premières maisons France Services ce sont elles ! »

Le mousquetaire

Traditionnellement, c’est au maire de Tours qu’il revient d’ouvrir la litanie de discours parce que la réunion a lieu dans sa commune. Christophe Bouchet en a profité pour marquer son « soutien » au monde agricole et défendre l’aéroport de Tours « parce qu’il profite à tous. Enfin, nous le croyons. » Une petite phrase pour conclure ? « Tours pour le territoire, une Touraine pour tous ! »

Hommage N°1

A Jean Savoie, 95 ans, doyen des maires d’Indre-et-Loire décédé cette année. Il dirigeait la commune de Pouzay depuis 1965 et dans sa carrière il a aussi eu des responsabilités dans le monde du BTP et au Tours Football Club.

Hommage N°2

A Jean-Mathieu Michel, maire de Signes dans le Var, mort percuté par un véhicule cet été en tentant d’empêcher un dépôt sauvage : « Un sort aussi injuste qu’inacceptable pour une sordide histoire. Il est indispensable que les élus soient protégés. Il faut une prise de conscience collective : l’impunité a trop duré. J’appelle à la création dans le code pénal d’un délit de trafic de déchets » a plaidé Cédric de Oliveira. Dans la foulée, le maire de Bridoré a révélé qu’il avait été agressé par un de ses administrés dont la femme était venue se plaindre du bruit auquel son foyer était exposé. Bilan : 8 jours d’incapacité temporaire de travail pour Christian Baritaud. Il a porté plainte mais s’est dit déçu de la réponse de la justice, pas assez sévère selon lui. Le procureur n’a pas pu y échapper : lui aussi il participait au congrès.

D’après la préfète, 11 faits d’agressions de maires ou d’adjoints ont été recensés cette année en Indre-et-Loire. Des insultes, outrages ou violences physiques.

Hommage N°3

Aux 13 militaires français morts dans un accident d’hélicoptères ce lundi soir au Mali. Avec une standing ovation.

Le message

« Merci messieurs d’avoir fait une petite place pour les dames » : Jocelyne Cochin, maire de La-Croix-en-Touraine qui a souligné le nombre croissant d’élues dans les conseils municipaux depuis le début de sa carrière politique. Celle qui est trésorière de la Maison des Maires d’Indre-et-Loire a par ailleurs indiqué qu’elle allait rejoindre l’association des anciens élus car elle ne souhaite pas rempiler pour un nouveau mandat en 2020. Elle n’est pas la seule.

Un geste

Cette année, la tombola du club des femmes élues d’Indre-et-Loire a permis de récolter des fonds pour France Victimes 37 afin de financer des programmes d’aide aux femmes victimes de violences.

Aurevoirs

De nombreux maires ne souhaitent pas poursuivre leur engagement politique à l’issue de ce mandat. « Je n’aime pas le terme renoncement, je préfère celui de passer le flambeau. Merci à ceux qui vont le reprendre » a déclaré Guy de Brantes, président des maires ruraux du département.

L’avenir

Fin 2020, le Congrès des Maires accueillera beaucoup de nouvelles têtes lancées pour une aventure de 6 ans dans leur commune. Pas simple pour les néophytes, alors un projet d’école unique en France va voir le jour pour les former. On vous en parle sur Info Tours.

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