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Bataille de graffs en haut de la rue Nationale à Tours

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L’apparition de fresques de graffeurs recouvrant les messages politiques et militants qui avaient fleuri sur les palissades du chantier des hôtels Hilton en haut de la rue Nationale n’a pas laissé les milieux concernés indifférents. 

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Les faits :

Le 11 juin dernier, les membres du mouvement tourangeau décident de s’approprier les barrières blanches entourant le chantier du haut de la rue Nationale pour s’en servir de mur d’expression. Messages politiques, militants, contre la loi Travail, mais aussi plus généraux recouvrent quasi-intégralement les palissades. Logiquement pas au goût de la Municipalité celle-ci fait nettoyer les barrières quelques jours plus tard. En vain, celles-ci sont de nouveau recouvertes de nouveaux slogans le 18 juin.

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Des messages qui ont fait leur effet, il était même devenu amusant et intéressant de se poser à l’arrêt de tramway et regarder les réactions des passants, les discussions créés par la lecture de ces phrases militantes, les regards d’approbation ou de désapprobation, les avis divers et variés… oui cet espace d’expression libre avait finalement atteint son objectif.

Un mur d’expression illégal que la Mairie de Tours ne voyait logiquement pas forcément d’un bon oeil. C’est ainsi qu’en accord avec cette dernière, Bob Jeudy du M.U.R, déjà à l’origine de la fresque de Chanoir en janvier dernier, a fait appel à plusieurs graffeurs pour recouvrir les messages politiques. Une initiative qui entre sans aucun doute dans le partenariat passé entre le M.U.R et la mairie de Tours pour la création d’une dizaine de fresques éphémères appelées « murs ». Dans la nuit du vendredi 15 juillet au samedi 16 juillet une dizaine de graffeurs ont ainsi réalisés des fresques sur l’ensemble des palissades. Et si l’esthétique est certaine, en revanche cette initiative ne fait pas l’unanimité et suscite réactions et débats. Les opposants à la loi Travail ont eux réagi à leur tour, en recouvrant ces fresques de nouveaux slogans.

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Des graffs recouverts par des graffs, où est le problème ?

Pourquoi cette polémique, alors que le propre du “street-art”, graffiti, fresques, collages, tags… est que cet art est par essence éphémère et que le recouvrement fait clairement partie de cette culture ?

Les origines du graffiti, et son image de pratique subversive y fait ici pour beaucoup. Forme d’expression transgressive, l’essor du graffiti s’est fait de manière underground et illégale, en opposition aux pouvoirs publics. Une démocratisation s’est en revanche opérée au fil des années avec son corollaire : la reconnaissance progressive en tant qu’art, si bien qu’il n’est pas devenu rare que les collectivités publiques fassent appel ponctuellement à des graffeurs pour peindre des fresques dans des lieux ciblés. Une démocratisation qui continue néanmoins de faire débat entre les partisans de l’underground, d’une discipline sauvage et ceux qui souhaitent une reconnaissance officielle et qui en ont fait une activité professionnelle. Ces derniers n’hésitent pas d’ailleurs à jongler entre les deux facettes de leur art, alternant graffs libres et commandes publiques, légales. Citons en exemple M. Plume, à la fois mis en procès par la ville de Vendôme pour un graff représentant une voiture de police américaine brûlée et par ailleurs membre des graffeurs sélectionnés pour repeindre les palissades du haut de la rue Nationale. Cette ambivalence se retrouve de la même manière du côté des collectivités publiques, devenues adeptes d’un “street-art” conventionnel, mais à l’inverse peu enclines à laisser sur l’espace public et leur territoire des graffs moins politiquement corrects.

Dans l’exemple du haut de la rue Nationale, c’est ainsi le lien entre la Mairie et les graffeurs qui pose problème à certains. C’est le fait que ces fresques soient une sorte de “commande” pour recouvrir une forme d’expression politique qui est visé par les détracteurs. Pour autant, en analysant la situation avec du recul, il va de soi que la Mairie n’allait pas laisser ce mur d’expression libre, non autorisé, plus longtemps. Que la Mairie cherche à les effacer est quelque-chose de logique, car laisser ce genre de messages reviendrait à un certain laisser-faire qui pourrait créer un antécédent et des envies futures ailleurs. Que ces messages aient tenu un mois complet relève ainsi déjà de l’exploit.

Mais plus que la Mairie, ce sont les graffeurs qui se retrouvent au premier rang des accusés par ceux s’offusquant de ces fresques. On assiste ici en réalité à un débat récurrent, à savoir le rapport aux pouvoirs publics : L’art et la culture doivent-ils rester des formes d’expressions libres et indépendantes ou peuvent-ils servir les pouvoirs publics, dans des cas comme ici ? On touche ici à des questionnements de fond sur le street-art, en raison de ses origines underground plutôt récentes, mais aussi de façon plus générale sur le milieu culturel dans son ensemble. Dans un autre domaine, nous en avons eu un autre exemple il y a quelques semaines avec la participation de Franck Mouget comme coordinateur des spectacles des fêtes martiniennes. Une participation qui là aussi avait suscité le débat.

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  Crédits photos : Christelle Bernard pour 37°

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