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Les futurs défis du Centre Chorégraphique de Tours

Un nouveau CCNT doit voir le jour dans le quartier des casernes Beaumont-Chauveau et depuis lundi 3 juin on sait à quoi il va ressembler avec l’officialisation du choix de son architecte : Lina Ghotmeh. La suite ? Début des travaux : septembre 2020, inauguration envisagée fin 2021 ou début 2022. Ce projet à 11 millions d’euros en instance depuis 4 ans entre donc dans sa phase concrète, la promesse d’une montée en puissance de la danse en Indre-et-Loire.

« Dans le milieu on a coutume de parler du CCNT comme du Garage Chorégraphique de Tours » rappelle Thomas Lebrun, le directeur de la structure tourangelle dédiée à la danse. La marque a beau avoir 30 ans cette année, il est vrai qu’actuellement peu de monde se rend jusqu’aux locaux du quartier Tonnelé, et que ses spectacles phares doivent se délocaliser au Théâtre Olympia ou ailleurs (comme pour l’édition 2019 du Festival Tours d’Horizons).

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Ce constat suffit à comprendre la volonté de la mairie de reconstruire et déplacer cet équipement pour augmenter sa taille, ses capacités et sa notoriété. Ce sera donc la Rue du Plat d’Etain et le quartier des casernes avec un bâtiment de 3 800m² aux bardages en bois. A l’intérieur, une salle de 450 places et un studio ouvert sur l’accueil, un café, des logements, des bureaux ou une mezzanine de répétition au premier étage. « On a fait une longue recherche avant de dessiner ce bâtiment » explique l’architecte Lina Ghotmeh, en compétition avec un cabinet niçois pour le duel final (ils étaient à égalité après le vote du jury, et c’est le maire qui a eu le dernier mot). A la tête d’une agence de 25 personnes, elle a voulu un site « capable de rapprocher la danse de la ville » mais aussi inspiré de son histoire, et en particulier des constructions du Vieux-Tours. La future ligne B du tram devrait passer juste devant à l’horizon 2025.

Un projet lancé il y a 4 ans

Dans 3 ans, le CCNT sera la première construction à sortir de terre dans le nouveau quartier des casernes : « on se doit d’avoir une véritable ambition architecturale » plaide le maire de Tours Christophe Bouchet, qui voulait donc que ce lieu culturel donne le ton pour les autres chantiers à venir… L’idée : trancher avec les habitudes tout en restant fidèle au style tourangeau.

Au-delà de l’ambition urbanistique, la reconstruction et le déménagement du Centre Chorégraphique National répondent à un projet culturel présenté comme d’ampleur, voire même l’un des seuls en France en ce moment aux côtés d’un chantier lyonnais « mais qui se rapproche plus du studio » nous dit-on. Porté par l’élue en charge de la culture Christine Beuzelin, le dossier trouve ses origines en 2015… et il a pris du retard, car à une époque on annonçait son aboutissement à l’horizon 2020.

De nouveaux financements à trouver

Le voici donc à priori ficelé avec la promesse de voir plus fréquemment des spectacles dans la grande salle mais aussi des événements (répétions, fêtes…) grâce au studio ouvert sur l’accueil. « On va pouvoir continuer ce que l’on a commencé à mettre en place depuis 7 ans » espère Thomas Lebrun en discussion pour entamer un nouveau mandat de direction au sein de cet équipement. Ses idées et projets ne manquent pas : collaborations avec d’autres lieux de Tours et des alentours pour du co-accueil d’événements, rayonnement national voire international, accueil d’écoles en plus des visites de danseuses et danseurs dans les classes… L’idée est aussi de renforcer les résidences : « il y a de gros besoins pour la préparation technique ou lumineuse » explique le chorégraphe qui parie sur l’agrandissement des locaux disponibles pour maximiser les rencontres entre artistes, aujourd’hui impossibles : « quand il y a une résidence, nous sommes en répétition ailleurs ou en tournée. »

Le CCNT version 2.0 devrait aussi renforcer son ouverture vers la danse amateur, devenir un repère pour les compagnies régionales et s’ouvrir aux créations plus conséquentes (plus que 2 ou 3 artistes sur le plateau, le maximum envisageable aujourd’hui). Charge à lui de trouver progressivement un nouveau mode de fonctionnement, et donc aussi de diversifier ses financements. Car qui dit structure plus grande dit besoins accrus, dans un contexte ou les subventions pour les lieux culturels restent contraintes malgré les gros budgets apportés pour les travaux.

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